Michel Remy


Professeur émérite à l’Université de Nice, Michel Remy est spécialiste d’art et littérature modernes et contemporains en Angleterre et l’auteur de nombreux ouvrages sur le surréalisme en Angleterre. Il a co-organisé plusieurs expositions surréalistes en France et en Angleterre. Il a publié plusieurs livres parmi lesquels David Gascoyne ou l’urgence de l’inexprimé (Nancy : Presses Universitaires de Nancy, 1984), The Surrealist World of Desmond Morris  (London : Jonathan Cape, 1991), Surrealism in Britain (London : Ashgate, 1999, puis Lund Humphries, 2001), première étude de l’écriture, de la peinture, de la sculpture et de l’activité politique du surréalisme en Angleterre et Au Treizième Coup de Minuit, Anthologie de la poésie surréaliste en Angleterre (Paris : Dilecta, 2007 – On the Thirteenth Stroke of Midnight, Manchester : Carcanet Press, 2013). Il est l’un des quatre éditeurs de l’Anthologie Bilingue de la poésie anglaise (Paris, Gallimard, Coll. La Pléiade, 2005).

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 25 n°1 - 2007

“He wasn’t carrion yet”, or the Drama of In-betweenness in The Power and the Glory

La structure de The Power and the Glory qui est à la fois celle d’un thriller, d’une parabole ou d’une allégorie, plonge ses personnages et son lecteur dans un entre-deux d’où aucun ne peut s’échapper, que ce soit du point de vue spatial, temporel ou théologique. Les lieux sont tous des lieux clos, symbolisés par la prison qui assemble le monde entier, lieux intermédiaires que personne ne parvient à quitter. La temporalité hésite entre Chronos et Aion, entre le temps historique de l’histoire et le hors-temps de l’idéal des personnages, entre le passé défini qui hante chacun d’eux et le futur indéfini porteur d’une délivrance espérée., entre finitude et infinitude, ce qui fait des personnages de véritables orphelins du temps. D’un point de vue théologique, les personnages sont les victimes d’une insoluble tension entre immanence et transcendance, abandon et salut, solitude et sentiment d’appartenance à la communauté des hommes, entre la mort comme fin et la mort comme recommencement. En ce sens, l’histoire que raconte la mère de Luis sert de remarquable contrepoint à l’histoire du prêtre, créant un entre-deux narratif dans lequel le lecteur ne peut que s’installer. La double nature de l’écriture, entre réalisme et symbolisme, métaphores et métonymies, accroît cette intermédiarité de l’écriture et de la lecture qui forclôt toute interprétation finale simple, ce que Greene tente de contrebalancer par un dernier paragraphe qui oblige à reconsidérer le rôle du prêtre et de son anonymat dans tout le roman.

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Cycnos | Volume 26 n°1

Peter Greenaway, the arch-defenestrator A preface

“The February 2009 symposium on Peter Greenaway’s films at the University of Nice and this publication – a volume of essays – could never have materialized, had it not been for Peter Greenaway’s great friendliness and generosity, among which his permission to print the four-hour talk which he gave to packed houses at the Cinémathèque in Nice on two successive evenings, with crowds of fans standing outside for want of available seating – a real performance it was, in all senses of the word.   All our warmest thanks are obviously due, at this stage, to Odile Chapel, Director of the Cinémat...”

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From the Secret of Bodies to the Secret Body: Peter Greenaway’s crypts. A reading of The Draughtsman’s Contract

Le désir conscient et délibéré de Neville de représenter, donc de circonscrire, la propriété de M.Herbert, en d’autres termes, sa tentative de s’approprier la propriété de l’autre – but, avouns-le, de toute représentation – s’avère être un piège mortel pour lui. Au centre de cette illusion purement masculine – ne pourrait-on parler d’une tromperie à son propre égard qu’il orchestre lui-même ? – se cachent les profondes exigences irrépressibles du Corps qui court-circuitent tout contrat rationnel et logique conclu entre individus. A l’aube de son immense production filmique, Greenaway crypte le corps qu’il jouera ensuite à exhumer sur différents modes film après film, dans une irréductible conjonction d’Eros et Thanatos. Neville’s own headstrong desire to represent, i.e. circumscribe, Mr. Herbert’s property, in other words his attempt at appropriating someone else’s property – the aim, one will admit of any representation – proves to be a lethal trap for him. At the centre of this masculine delusion – should one speak of unwitting self-deception? – there lie the deep, free-wheeling exigencies of the Body, which counterbalances, or rather short-circuits, any rational, logical contract between individuals. At the threshold of his vast filmic production, Greenaway encrypts the Body, in its irreducible conjunction of Eros and Thanatos, which he will then play at unearthing film after film.

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Cycnos | Volume 28 n° Spécial

Avant-propos : Nécessité et intempestivité du refus

“Ce volume ne représente qu’une partie des quelque cinquante communications qui ont constitué le colloque « Formes et Stratégies du Refus », organisé par Michel Remy et Christian Gutleben dans le cadre des activités du L.I.R.C.E.S. de l’Université de Nice-Sophia Antipolis à la Faculté des Lettres du 27 au 29 janvier 2011. Les autres communications, auxquelles nous ne saurions que trop recommander à nos lecteurs de se reporter, font l’objet d’un numéro spécial paru chez L’Harmattan sous le titre : Le Refus : esthétique, littérature, société, musique (Cycnos, Volume 28, N°1, 2012). Le refus, pourrait-on dire, est indispensable à la pensée libre, autant dire à la pensée ...”

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