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Cycnos | Volume 22 n°2

History and Allegory in Margaret Atwood’s Oryx and Crake

Comme beaucoup de romans dystopiques, Oryx and Crake, le tout dernier roman de Margaret Atwood, décrit les traces d’une race en voie de disparition et offre une lueur d’espoir au lecteur sous la forme d’une race nouvelle. Comme typiquement dans ce genre littéraire, les erreurs de l’ancienne race sont déjà présentes à l’état latent dans la nouvelle race et société qui est sensée remplacer l’ancienne société décadente par quelque chose de neuf et d’immaculé. L’avenir et le passé finissent nécessairement par se mélanger dans ce type de fiction et le critique, ainsi que le lecteur, ne peuvent qu’imaginer et espérer, en vain, que l’avenir ne répétera pas le passé. Le roman d’Atwood, bien qu’étant futuriste, nous fait grâce d’une fin où la société future imiterait celle de ses prédécesseurs. Mais le lecteur averti peut déjà très clairement déduire et discerner les nombreux défauts de cette utopie planifiée et se sentira poussé à établir des comparaisons entre cette société future, ainsi que son propre futur, et ce passé voué à l’échec qui est décrit dans le roman. Le roman de Margaret Atwood propose ainsi un nouveau mythe de la création, aux connotations religieuses, une Histoire réécrite qui fait écho au modèle allégorique dont le but est à la fois de « divertir » et d’« instruire » le lecteur.

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Cycnos | Volume 25 n°1 - 2007

“He wasn’t carrion yet”, or the Drama of In-betweenness in The Power and the Glory

La structure de The Power and the Glory qui est à la fois celle d’un thriller, d’une parabole ou d’une allégorie, plonge ses personnages et son lecteur dans un entre-deux d’où aucun ne peut s’échapper, que ce soit du point de vue spatial, temporel ou théologique. Les lieux sont tous des lieux clos, symbolisés par la prison qui assemble le monde entier, lieux intermédiaires que personne ne parvient à quitter. La temporalité hésite entre Chronos et Aion, entre le temps historique de l’histoire et le hors-temps de l’idéal des personnages, entre le passé défini qui hante chacun d’eux et le futur indéfini porteur d’une délivrance espérée., entre finitude et infinitude, ce qui fait des personnages de véritables orphelins du temps. D’un point de vue théologique, les personnages sont les victimes d’une insoluble tension entre immanence et transcendance, abandon et salut, solitude et sentiment d’appartenance à la communauté des hommes, entre la mort comme fin et la mort comme recommencement. En ce sens, l’histoire que raconte la mère de Luis sert de remarquable contrepoint à l’histoire du prêtre, créant un entre-deux narratif dans lequel le lecteur ne peut que s’installer. La double nature de l’écriture, entre réalisme et symbolisme, métaphores et métonymies, accroît cette intermédiarité de l’écriture et de la lecture qui forclôt toute interprétation finale simple, ce que Greene tente de contrebalancer par un dernier paragraphe qui oblige à reconsidérer le rôle du prêtre et de son anonymat dans tout le roman.

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