immanence dans Cycnos


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Cycnos | Volume 25 n°1 - 2007

Immanence and transcendence in The Power and The Glory. Graham Greene and Joseph Conrad

Les deux concepts opposés d’immanence et de transcendance créent une tension qui nourrit le débat religieux et le questionnement métaphysique dans The Power and the Glory et tisse des liens thématiques et intertextuels entre Greene et Conrad. Bien que les deux écrivains aient souhaité dépeindre la corruption et le mal inhérents à la nature humaine et aient mené leurs lecteurs au « cœur des Ténèbres », ils offrent deux réponses différentes à l’angoisse existentielle, néanmoins illustrée par des images cosmiques similaires. Greene résout le paradoxe entre immanence et transcendance par le concept de Felix Culpa tandis que la vision imaginaire d’un vide métaphysique chez Conrad ne laisse aucune place à la transcendance.

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“He wasn’t carrion yet”, or the Drama of In-betweenness in The Power and the Glory

La structure de The Power and the Glory qui est à la fois celle d’un thriller, d’une parabole ou d’une allégorie, plonge ses personnages et son lecteur dans un entre-deux d’où aucun ne peut s’échapper, que ce soit du point de vue spatial, temporel ou théologique. Les lieux sont tous des lieux clos, symbolisés par la prison qui assemble le monde entier, lieux intermédiaires que personne ne parvient à quitter. La temporalité hésite entre Chronos et Aion, entre le temps historique de l’histoire et le hors-temps de l’idéal des personnages, entre le passé défini qui hante chacun d’eux et le futur indéfini porteur d’une délivrance espérée., entre finitude et infinitude, ce qui fait des personnages de véritables orphelins du temps. D’un point de vue théologique, les personnages sont les victimes d’une insoluble tension entre immanence et transcendance, abandon et salut, solitude et sentiment d’appartenance à la communauté des hommes, entre la mort comme fin et la mort comme recommencement. En ce sens, l’histoire que raconte la mère de Luis sert de remarquable contrepoint à l’histoire du prêtre, créant un entre-deux narratif dans lequel le lecteur ne peut que s’installer. La double nature de l’écriture, entre réalisme et symbolisme, métaphores et métonymies, accroît cette intermédiarité de l’écriture et de la lecture qui forclôt toute interprétation finale simple, ce que Greene tente de contrebalancer par un dernier paragraphe qui oblige à reconsidérer le rôle du prêtre et de son anonymat dans tout le roman.

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