Christian Gutleben


Professeur à l’Université Nice Sophia Antipolis, il effectue sa recherche dans le domaine de la littérature contemporaine et victorienne et occupe actuellement la fonction de directeur de publication de la revue Cycnos. Il travaille en ce moment, en collaboration avec Marie-Luise Kohlke, sur une série de six volumes sur le phénomène de la culture néo-victorienne – qui inclut, bien entendu, le cinéma. Trois volumes sont déjà parus (Neo-Victorian Tropes of Trauma : The Politics of Bearing After-Witness to Nineteenth-Century Suffering, Rodopi, 2010 ; Neo-Victorian Families : Gender, Sexual and Cultural Politics, Rodopi, 2011 ; Neo-Victorian Gothic : Horror, Violence and Degeneration in the Re-Imangined Nineteenth-Century, Rodopi, 2012), le quatrième volume sur les métropoles néo-victoriennes doit paraître en 2014 et le cinquième volume portera sur les forms d’humour au sein de cette culture néo-victorienne.

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 25 Spécial - 2008

Les leurres de l’altérité : stratégie romanesque et projet idéologique dans Jane Eyre

A la fois par sa logique architextuelle et ses choix narratifs, Jane Eyre s’inscrit dans le cadre d’une autobiographie édifiante sur le plan moral et religieux. Pourtant à l’intérieur de ce cadre conformiste, le personnage éponyme détonne par sa singularité tant elle semble dépourvue des attributs d’une héroïne romanesque. Le lecteur est donc confronté à une opposition entre l’orthodoxie du cadre de la narration et l’hétérodoxie de l’objet de la narration, à un écartèlement entre sujet narrant et sujet narré. C’est cette tension interne que cet article se propose d’analyser pour éclairer les ambiguïtés axiologiques d’un roman qui réussit à condamner l’altérité tout en la valorisant.

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Cycnos | Volume 25 n°1 - 2007

The saint and the hero in The Power and the Glory

Dans The Power and the Glory, le protagoniste n’est pas présenté sous des traits héroïques mais il finit par devenir une figure de saint tandis que le deutéragoniste n’est jamais présenté comme une figure de saint bien qu’il soit doté de traits héroïques. Il n’y a donc pas coïncidence entre la figure du saint et celle du héros et, puisque cette coïncidence constitue l’une des caractéristiques de l’hagiographie, le récit du prêtre anonyme ne ressortit pas à l’hagiographie ; or, si The Power and the Glory n’est pas une hagiographie bien que décrivant l’itinéraire d’un saint, c’est bien que le roman de Greene entend se montrer séditieux envers les métarécits canoniques. De fait, l’hagiographie enchâssée fait l’objet d’une mise en texte caricaturale et de fait, le héros contrevient à toutes les typologies du héros classique tel qu’il est défini par Baudoin, Campbell ou Sellier. Si Greene s’efforce de mettre en cause les acceptions et les conceptions conventionnelles des concepts de saint et de héros, c’est pour signaler son hétérodoxie fondamentale tant sur le plan théologique que romanesque. Dans l’axiologie idiosyncrasique de Greene, le protagoniste tire sa sainteté de son avilissement et le héros romanesque est à la fois un anti-héros et un héros qui échappe aux classifications génériques. En redéfinissant et reconfigurant le saint et le héros par un processus d’hybridation, Greene souligne donc son horreur de l’orthodoxie que ce soit dans le domaine religieux ou dans le domaine littéraire.

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Cycnos | Volume 28.2 - 2012

Avant-propos

“ D’après la définition de Jean-François Lyotard pour qui la culture postmoderne se distingue par « la crise des récits » et « l’incrédulité à l’égard des métarécits » (Lyotard 1979 : 7), le cinéma américain contemporain devrait avoir à l’égard des mythes, parfaits exemples de métarécits, une attitude désacralisante, voire déconstructionniste. Or, comme en attestent l...”

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Cycnos | Volume 29.2 - 2013

Avant-propos : Autopsie du méchant

“La méchanceté est avant tout une volonté de destruction. Que l’acte soit spontané ou prémédité, il s’agit de porter atteinte à autrui (physiquement, moralement, psychologiquement, socialement...). Dans la vie quotidienne, la méchanceté fait partie des composantes de l’être humain mais elle ne peut en aucun cas le définir. Dans la fiction au contraire, le méchant est un archétype : sa méchanceté est une constante. Il est l’antagoniste, l’élément perturbateur et l'obstacle. Son rôle est fondamental puisqu’il définit le héros, structure le récit et contribue à la dynamique diégétique. Enfin, il facilite une certaine lisibilité du monde. Nombres de récits fondateurs se structurent sur cette adv...”

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