Christian Gutleben


Université Nice Sophia Antipolis (LIRCES)
Christian Gutleben est Professeur de littérature anglaise à l’Université de Nice-Sophia Antipolis et sa recherche porte sur les littératures victoriennes et contemporaines. On peut citer parmi ses publications, un ouvrage sur le roman universitaire anglais (Un tout petit monde : le roman universitaire anglais – 1954-1994, Presses Universitaires de Strasbourg, 1996), une étude sur les reprises de la littérature victorienne (Nostalgic Posmodernism : The Victorian Tradition and the Contemporary British Novel, Rodopi, 2001), un volume, en collaboration avec Susana Onega, sur le recyclage d’œuvres canoniques (Refracting the Canon in Contemporary British Literature and Film, Rodopi, 2004) et une monographie sur The Power and the Glory de Graham Greene (Graham Greene : The Power and the Glory, Atlande, 2007). Il travaille en ce moment, en collaboration avec Marie-Luise Kohlke, sur une série de six volumes sur le phénomène de la culture néo-victorienne. Deux volumes sont déjà parus (Neo-Victorian Tropes of Trauma : The Politics of Bearing After-Witness to Nineteenth-Century Suffering, Rodopi, 2010 ; Neo-Victorian Families : Gender, Sexual and Cultural Politics, Rodopi, 2011) et un troisième volume (sur le gothique) doit paraître à l’automne 2012.

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 25 Spécial - 2008

Les leurres de l’altérité : stratégie romanesque et projet idéologique dans Jane Eyre

A la fois par sa logique architextuelle et ses choix narratifs, Jane Eyre s’inscrit dans le cadre d’une autobiographie édifiante sur le plan moral et religieux. Pourtant à l’intérieur de ce cadre conformiste, le personnage éponyme détonne par sa singularité tant elle semble dépourvue des attributs d’une héroïne romanesque. Le lecteur est donc confronté à une opposition entre l’orthodoxie du cadre de la narration et l’hétérodoxie de l’objet de la narration, à un écartèlement entre sujet narrant et sujet narré. C’est cette tension interne que cet article se propose d’analyser pour éclairer les ambiguïtés axiologiques d’un roman qui réussit à condamner l’altérité tout en la valorisant.

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Cycnos | Volume 25 n°1 - 2007

The saint and the hero in The Power and the Glory

Dans The Power and the Glory, le protagoniste n’est pas présenté sous des traits héroïques mais il finit par devenir une figure de saint tandis que le deutéragoniste n’est jamais présenté comme une figure de saint bien qu’il soit doté de traits héroïques. Il n’y a donc pas coïncidence entre la figure du saint et celle du héros et, puisque cette coïncidence constitue l’une des caractéristiques de l’hagiographie, le récit du prêtre anonyme ne ressortit pas à l’hagiographie ; or, si The Power and the Glory n’est pas une hagiographie bien que décrivant l’itinéraire d’un saint, c’est bien que le roman de Greene entend se montrer séditieux envers les métarécits canoniques. De fait, l’hagiographie enchâssée fait l’objet d’une mise en texte caricaturale et de fait, le héros contrevient à toutes les typologies du héros classique tel qu’il est défini par Baudoin, Campbell ou Sellier. Si Greene s’efforce de mettre en cause les acceptions et les conceptions conventionnelles des concepts de saint et de héros, c’est pour signaler son hétérodoxie fondamentale tant sur le plan théologique que romanesque. Dans l’axiologie idiosyncrasique de Greene, le protagoniste tire sa sainteté de son avilissement et le héros romanesque est à la fois un anti-héros et un héros qui échappe aux classifications génériques. En redéfinissant et reconfigurant le saint et le héros par un processus d’hybridation, Greene souligne donc son horreur de l’orthodoxie que ce soit dans le domaine religieux ou dans le domaine littéraire.

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Cycnos | Volume 28.2 - 2012

Avant-propos

“ D’après la définition de Jean-François Lyotard pour qui la culture postmoderne se distingue par « la crise des récits » et « l’incrédulité à l’égard des métarécits » (Lyotard 1979 : 7), le cinéma américain contemporain devrait avoir à l’égard des mythes, parfaits exemples de métarécits, une attitude désacralisante, voire déconstructionniste. Or, comme en attestent l...”

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