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Cycnos | Volume 22 n°2

Le Motif du tableau onirique (1864-1914) dans les récits de Verne, Rosny aîné, Renard, Haraucourt

Les sciences naturelles ont mis à mal tout du long du dix-neuvième siècle plusieurs certitudes partagées de tous : le temps devient profond, la vie un heureux hasard, l’espèce humaine une anecdote, l’Homme un parent de la bête. Le monde d’après Lamarck et Darwin est inouï, inspirant au commun des sentiments confus : scepticisme, angoisse, émerveillement… Face à ces creux de l’imaginaire, la littérature française de science-fiction de la seconde moitié du dix-neuvième siècle a multiplié les expérimentations pour intégrer substantiellement au récit le temps infini, la violence primordiale, le primat du hasard, l’incertitude de l’origine. Le motif du tableau onirique, condensant une séquence de temps rêvé, en est une. Un personnage à demi conscient ou halluciné est transporté par la pensée dans une scène ou un tableau du passé reculé (équivalence du temps et de l’espace). Par touches successives, la représentation est peuplée de créatures puis animée pour au final reconstituer une certaine histoire de la Vie. Une telle fresque impressionniste parcourt des nouvelles, romans, essais romancés de Verne, Rosny aîné, Renard, Haraucourt sur un demi-siècle (1864-1914). Ce travail montre que ce motif du rêve puisant dans les concepts des sciences naturelles en train de se faire est à l’origine d’une langue particulière avec ses codes propres (procédant par collage, par combinaison, par condensation) permettant d’écrire une certaine histoire de la Vie.

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