Cycnos | Volume 16 n°2 Détermination nominale et individuation - 

Claude Charreyre  : 

Discontinuité et individuation : application au nom, au nombre et à la détermination

Plan

Texte intégral

1I.1. Les concepts de discontinuité/continuité et d’individuation ont une définition non technique mais peuvent aussi être interprétés en termes linguistiques. Pour le Petit Robert, la discontinuité correspond à “l’absence de continuité”, ce qui est continu étant présenté comme “ce qui est composé de parties non séparées ; perçu comme un tout” ou encore “ce qui est sans lacune, ne présente pas de parties séparées”. Ce qui frappe dans ces définitions, c’est, outre la fréquence des négations, l’insistance sur l’idée de “tout” pour le continu, comme si un objet qui y est associable avait une délimitation pré-constituée, et surtout, l’accent mis sur l’existence de parties constitutives, même si, pour le continu, elles ne peuvent être séparées. Faut-il comprendre qu’au niveau non technique, pour poser l’existence d’un objet soit en continu, soit en discontinu, il faut en percevoir la composition et que cette perception n’est possible qu’en liaison avec la présence d’un maillage en constituants? La non séparabilité des parties définissant le continu, faut-il en déduire que la séparabilité est l’apanage du discontinu?

2L’individuation, elle, prend le rapport sujet parlant-objet par l’autre bout : elle part de l’existence de constituants séparés, chacun correspondant à un objet-tout, réunis par leur appartenance à une même classe qualitative. Définie comme “ce qui différencie un individu d’un autre de la même espèce”, elle implique que ces éléments ont entre eux au moins une propriété différentielle, ce qui permet la comparaison, le calcul de proportion, voire la partition de classe si l’altérité qualitative est prise en considération.

3Même si, dans cette approche non technique, discontinuité/ continuité d’une part, et individuation de l’autre apparaissent comme des visions complémentaires, on est porté à croire que l’individuation va ici de pair avec le seul discontinu.

4I.2. Les représentations du Petit Robert - dans la mesure où elles font appel à la perception des objets qu’a un sujet collectif, dans une communauté linguistique donnée - favorisent la description du lexique renvoyant au seul “concret” et passe sous silence ce qui relève traditionnellement de l’“abstrait”. Pour critiquable qu’elle soit, cette approche a néanmoins trois avantages :

  • Elle permet de poser en termes simples le choix qu’ont les langues entre deux modes d’appréhension pour référer à la qualité d’un même objet. Ainsi, en français et en anglais, la catégorie grammaticale du Nombre permet de distinguer entre discontinu et continu comme définis ci-dessus : épinards et spinach, ordures et garbage. Pluriel et objet conçu comme de qualité “grumeleuse”/ hétérogène dont les constituants ne sont pas séparables ; singulier et renvoi à un objet conçu comme “lisse”/ qualitativement homogène, indécomposable donc ;

  • La première conséquence de ceci, puisque la référence à un et un seul objet (épinards/spinach) peut se faire soit avec un nom pluriel soit avec un nom singulier, c’est que le rapport entre le singulier et le pluriel doit être envisagé autrement que sous l’angle singulier=unique/ pluriel=multiple. Se trouvent alors favorisées une conception du Nombre sur le nom où domine un rapport d’ordre qualitatif entre les deux réalisations, au lieu du traditionnel rapport quantitatif, et une conception où le 1 n’est pas nécessairement suivi des autres chiffres cardinaux. Ceci permet de comprendre pourquoi, par exemple, have a think/a listen!, Just have another look! sont incompatibles avec la cardinalité ;

  • La seconde conséquence, c’est qu’il devient difficile de faire comme si les catégories grammaticales du Nombre et de la Détermination avaient le même rôle dans la construction de référence ; ou de faire comme si elles étaient toujours liées, comme si quantité et qualité s’appliquaient de la même manière aux deux catégories. La syntaxe du français pourrait laisser croire à la non dissociation puisque nom et déterminant s’accordent, notamment, en Nombre. En anglais, cette correspondance est loin d’être aussi systématique : the, Ø, all, any, no, voire some, sont indifférents au nombre ; les génitifs sont indépendants du nom quant au nombre ; si singulier et pluriel existent bien pour (a) little et much, ils ne peuvent s’appliquer au même type de nom. Seules la cardinalité et la deixis sont susceptibles d’une variation de nombre concomitante à celle s’appliquant au nom1.

5I.3. En dépit de ces avantages, l’approche du dictionnaire est insuffisante pour rendre compte des opérations linguistiques en jeu dans la construction de référence par un énonciateur spécifique. En effet, partir du perçu collectif ne permet pas de structurer le rapport entre continu et discontinu d’une part, entre ces deux concepts et l’individuation d’autre part. C’est précisément à la mise en œuvre d’une telle structuration que le linguiste énonciativiste s’emploie.

6On sait que sa construction part du continu comme d’un espace qualitatif “lisse”/notionnel, sans aucune délimitation quantitative, sur lequel aucune opération d’identification/différenciation ne peut intervenir. Pour “donner prise” à ces opérations, l’introduction d’une discontinuité est nécessaire, ce qui justifie le recours à la classe abstraite des occurrences qualitatives associable à la notion.

7Il n’est pas question, lorsque cet espace représentationnel est appliqué à l’objet lui-même (donc au nom) de considérer que la séparabilité des constituants est une donnée de fait. Ils peuvent devenir séparables - cas particulier du discontinu discret où la cardinalité s’applique, 1 compris, mais, à l’initiale de la construction de discontinuité2, ils ne le sont pas - cas des ensembles hétérogènes non individuables, non cardinalisables, associables au discontinu non discrétisable, formés sur des prédicats verbaux, et dépendant, pour leur délimitation quantitative3, du repérage par rapport à un point d’ancrage, déictique ou génitif - goods, surroundings, remains ; plus généralement, cas du Ø N Pl - women, books - avec le fonctionnement lexical discontinu discret.

8I.4. Si le linguiste postule un ordre de passage du continu vers le discontinu, comment situe-t-il l’individuation par rapport à ces deux concepts? Ici encore, sa définition emprunte à celle du dictionnaire (“ce qui différencie un individu d’un autre de la même espèce”) mais elle s’en distingue aussi. Liée, dans la définition, à la séparabilité axiomatique des constituants d’une classe d’objets qualitativement apparentés, l’individuation apparaît comme dépendante des objets eux-mêmes. C’est cette représentation qui se manifeste dans l’approche ensembliste quand elle figure une “patate” contenant des petites croix qu’un jeu de flèches manipule pour en isoler une ou tout un ensemble.

9Dans l’acception linguistique, ceci ne représente qu’un cas particulier. En effet, comme l’appareil énonciatif déplace toute la représentation vers le sujet énonciateur, celui-ci peut opérer sur un objet à l’intérieur d’une classe d’objets de même type, pour en dire qu’il est différent des autres, mais il peut aussi prendre le problème par l’autre bout et dire que le reste de la classe, point par point, est semblable à l’objet type pris comme repère.

10Les enchaînements de déterminants de (1) illustrent cette deuxième démarche qui, partant des propriétés de l’occurrence spécifique, aboutit à une caractérisation en propriété : de this à every, on travaille sur la seule classe des occurrences associée à la notion age  :

(1) [Yesterday’s taboo becomes tomorrow’s must-have. Colin McDowell explains why designers are always pushing back the boundaries of taste]
Sex is the obsession of the age. This age. Any age. Every age. But it is often given a close run by humanity’s other great obsession : money.(The Sunday Times, 1 March 1998)

11Mais le cas le plus général de l’individuation concerne le rapport entre objets appartenant à la même situation. C’est alors la localisation qui fournit leur propriété commune, non une quelconque classe de constituants similaires. L’individuation repose alors sur une construction explicite d’altérité où l’accent est mis sur ce qui différencie qualitativement un constituant d’un autre et l’isole, pour en prédiquer l’existence, par un marqueur de délimitation. C’est, semble-t-il, le rôle dévolu à all en (2) :

(2) The earth from the moon. The ultimate photo. All of it, the whole of it, everything. Hanging in the black velvet of space. I wish I could have taken that photo. Stopped here. (Graham Swift, Out of this World-Harry, p. 14)

12Deux constituants dans la situation, la terre et le reste de l’espace. La délimitation de la terre est construite par élimination de l’altérité qualitative entre composants. All marque cette séparation de deux espaces dont un seul est conservé4. L’intérieur du nouvel objet, reste à explorer. Son exploration passe par une assertion de sa continuité notionnelle (whole) avant que puisse se re-construire la classe d’objets qui lui est associée. Every+thing en est le marqueur : thing renvoie à la valeur notionnelle des objets et every, à sa gauche, marque la classe d’occurrences associée.5

13Individuer pour le linguiste, ce n’est donc pas seulement différencier un composant d’un autre dans un objet donné tout constitué. Individuer, c’est construire une altérité de telle sorte que l’objet retenu soit isolable, délimité, et puisse servir à l’énonciateur d’étalon quantitatif et qualitatif dans la situation représentée dans l’énoncé, quel que soit son repérage et quel que soit le fonctionnement lexical du nom sur lequel se fait le travail énonciatif. C’est cette construction du 1 distinct d’un autre 1 qui permet les opérations d’identification et de différenciation puisqu’elle autorise la comparaison. Cette comparaison peut prendre deux voies : soit l’énonciateur retient ce que les occurrences abstraites ont en commun sur le plan qualitatif et il peut construire l’équivalence des occurrences, point à point ; soit il met en avant ce qui distingue une occurrence d’une autre, qualitativement ou quantitativement. A ces deux modes de représentation du 1 correspondent des marqueurs de délimitation différents6.

14Une telle définition permet de comprendre pourquoi la construction du 1 n’a pas à être restreinte aux noms donnés dans la langue comme ayant un fonctionnement lexical discontinu discret. Elle s’applique aussi à tous ces noms donnés comme ayant un fonctionnement continu. Partant de cette représentation collective des objets dans une langue donnée, il faut pouvoir rendre compte des syntaxes rencontrées dans les textes en d’autres termes que ceux de “re-catégorisation” et de “stylistique”. C’est par l’intermédiaire du repérage des énonçables par rapport aux coordonnées de la situation d’énonciation (classe des instants et relation intersujets) que l’on passe du collectif à la prise en charge énonciative par un sujet spécifique. L’énonciateur fait coïncider la syntaxe de l’énoncé avec ses intentions de signifier, les marqueurs qu’il utilise permettant au co-énonciateur de reconstruire ces intentions. C’est à ce jeu réglé sur les formats que va maintenant s’attacher cet article.

15II.1. L’énonciateur ne peut faire abstraction des données collectives mais il peut les plier à sa propre représentation : au lieu d’adopter un format défini par rapport aux objets eux-mêmes, il peut être amené à délimiter un format ou à supprimer toute référence à un format en fonction du type de perception mis en jeu dans la situation dont il rend compte dans son énoncé. Dans les exemples suivants, la délimitation quantitative, (3-3’), ou la valeur aspectuelle de la qualité, (4), portent la trace de cette adaptation énonciative :

(3) I suddenly felt more wretched than I had ever in my life. I gazed at the window. All I could see was Ø sky. (David Ambrose, The man who  turned into himself, p.35)
(3’) All I could see was the sky. (manipulation)

(4) The sky was a uniform grey. Not Ø clouds but Ø cloud itself. (Barbara Vine, No Night is too Long, p. 138)

16Seule la détermination différencie (3) et (3’) : (3’) renvoie au fonctionnement lexical reçu où l’objet sky est conçu comme isolable d’autres constituants envisageables dans la situation : the rend compte de l’existence de cette altérité. (3), lui, avec le Ø d’absence de toute délimitation quantitative de ce même objet, déconstruit l’altérité reçue au profit d’une représentation purement notionnelle du perçu, tel que repéré par rapport au seul énonciateur. En (4), le jeu de déconstruction de la discontinuité est lié au rapport anaphorique entre les deux relations constituant l’énoncé : uniform impose le continu pour la représentation de la composition du ciel (Ø cloud Sg) là où le lexique fournit le discontinu (Ø cloud Pl), dans les deux cas, sans délimitation quantitative puisque l’anaphore impose un traitement en qualité seulement.

17(5) et (5’) sont eux aussi liés à une représentation d’objets susceptibles d’être vus. Ils illustrent cette même différence entre maintien du formatage fourni par la langue et introduction d’un formatage lié au seul sujet énonciateur :

(5) Bingham’s office was spacious with a large desk set back under high windows covered with Ø ancient venetian blinds; At the opposite end of the room was a library table with a teaching microscope. A glass-fronted bookcase lined the far wall. (Robin Cook, Contagion, p.81)
(5’) All I could see was a bit of the table which stood near the window and a distant piece of Ø Florentine mirror. I shifted sideways a little and looked again. A sliver of Ø bookcase and a chair leg. Another shift. More bookcase, and a quick impression of Vic moving. (Dick Francis, Knock Down, p. 172)

18Tous les objets gardent leur format reçu en (5), ce qui réduit l’activité énonciative à une simple désignation d’objet fournis tout construits par la langue. (5’) relève d’un travail énonciatif où tous les objets sont qualitativement reconnus (N Sg puisque tous les objets sont qualitativement homogènes7) mais la délimitation quantitative est liée au cadrage imposé au percept du sujet. Le all de All I could see  joue le même rôle d’introducteur d’altérité qu’en (2) et entraîne l’apparition de dénombreurs fournissant le format des objets dans le cadrage du perçu, a bit, a distant piece, a sliver ; un quantifieur “subjectif”, more ; seul chair leg est perçu avec sa délimitation quantitative reçue, a. L’altérité entre la qualité de cet objet et le reste de la situation perçue est maintenue, ce qui permet l’individuation.

19Ce qui est perçu des objets reformatés est toute la quantité perceptible dans la situation. Il ne s’agit pas d’un quelconque découpage repéré par rapport aux objets eux-mêmes, comme ce serait le cas si on parlait de three slices of a cake ou two scoops of the icecream. A l’instant correspondant à la situation, l’énonciateur fournit la seule délimitation envisageable : il ajoute de la quantité non formatée, more, au déjà perçu dans une première situation. Mais, s’il veut indiquer qu’en ce nouvel instant, il perçoit à nouveau le même objet par l’intermédiaire du même format, il ne peut qu’itérer sa première délimitation, a sliver. Another sliver of bookcase aurait marqué la deuxième occurrence identique en quantité et qualité.

20II.2. Si la représentation se construit à partir de la perception olfactive que le sujet a des objets - smells, traces - le reformatage énonciatif s’impose puisque les objets ne sont plus représentés dans l’occurrence particulière que par l’une de leurs propriétés, leur composition :

(6) Hazel, the chief rabbit, stopped and then sat up, the better to scent the air. Powerful smells of Ø straw and cow-dung mingled… Fainter traces came to his nose… Ø Tobacco ; naturally ; a good deal of Ø cat and rather less dog, and then, suddenly and beyond doubt, Ø rabbit. He looked at Pipkin and saw that he too had caught it. (Richard Adams, Watership Down, p. 205)

21Comme en (5’), les quantifieurs utilisés sont strictement liés à la perception qu’a le sujet dans la situation représentée mais, alors que la perception visuelle permet la délimitation par application d’un cadre, la perception olfactive ne donne lieu qu’à des appréciations dont on peut se demander si elles sont des classificateurs : smells et traces. Il semble que, plus l’énonciateur entre dans une représentation des objets détachée du rapport à la perception, plus la délimitation tend vers la proportionnalité plutôt que vers une mesure répétable à l’identique. On pourrait imaginer, comme en (5’), l’apparition d’un classificateur comme a whiff mais cet emploi mettrait le perçu sous le contrôle d’éléments extérieurs à la source de la perception alors que la proportionnalité le met sous le contrôle de l’énonciateur percevant.

22II.3. Le même raisonnement s’applique pour justifier la délimitation par quantifieur qui intervient lorsque la représentation donnée renvoie non à l’occurrence particulière prise en charge par le sujet mais aux propriétés qu’il attribue à l’objet lui-même :

(7) Alex Hamilton continues his tour of the five tiny autonomous states of Europe with a visit to the Pyrenean land which is a shopper’s paradise but, surprisingly, is no place for mountaineers. There’s very little valley in Andorra. When you’re not up a hill, you’re up a mountain. (The Sunday Times Travel section (référence égarée))

23Il ne s’agit pas de décrire le paysage andorran mais de qualifier la localisation en propriété : ce n’est pas la présence de montagnes, en tant qu’objets indépendants, qui est en cause (syntaxe alors : very few valleys) mais la composition topographique du lieu (région montagneuse). Le discontinu pluriel, fonctionnement lexical, fait place au continu, fonctionnement associé8, la qualité homogène se substitue à la qualité “hétérogène” puisque le repérage ne se fait plus par rapport à un instant sur la classe des instants mais par rapport aux propriétés de la situation - opération de rupture, .

24Suivant la façon dont se fait le repérage par rapport aux coordonnées énonciatives, l’individuation, elle aussi, va mettre en avant soit la stabilité qualitative des occurrences, soit leur différence. Les marqueurs de délimitation qu’il est possible d’envisager dans la première perspective concernent d’une part l’itération ou récurrence où each supplante every, d’autre part les classificateurs avec lesquels la capitalisation cardinale n’est guère envisageable en raison des repérages. La deuxième perspective est liée à la construction d’un gradient pour jouer sur l’intensité d’une propriété, cas où the est le marqueur de délimitation.

25Each et every et la classe des instants

26III.1. (8) et (8’) apparaissent au début de deux lettres dans une nouvelle épistolaire de Ballard :

(8) 10 JULY Hotel Imperial
An unbelievable week! I’ve never crammed so much excitement into a few days - tennis, scuba-diving, water-skiing, rounds of cocktail parties. Every evening a group of us heads for the boîtes and cabarets along the beach, ending up at one or more of the five nightclubs in the hotel.

(8’) 25 JULY Hotel Imperial
Still here. The sky’s full of aircraft flying in from Gatwick and Heathrow, but none of them, apparently, is ours. Each morning we’ve waited in the lobby with our suitcases packed, but the airport bus never arrives. (J.G.Ballard, Having a wonderful time)

27Grâce à la première relation de chaque extrait, la différence de repérage apparaît : (8) opère sur une unité temporelle dont tout sujet parlant peut reconstruire qu’il est associable à une classe d’instants (days—> evenings), l’ensemble étant repéré par rapport à la situation. (8’) par contre commence par une relation prédicative où c’est la situation du sujet de l’énoncé qui est qualifiée en propriété : quel que soit l’instant, la localisation de l’énonciateur reste inchangée (still).

(9) ‘I gave up once, but my wife said I became an irritable pig and rushed out to buy me some more,’ says the Soho reprobate, who smokes 50 untipped cigarettes a day. ‘It appals me that each day at 5 a.m. I smoke my first cigarette in bed. It’s a disgusting habit.’ (The Daily Telegraph, Kindred Spirits : Still Smoking by Jeffrey Bernard)

(10) Every day she saw Ian, and each time they met, she meant to tell him. She intended to confess everything and throw herself on his mercy. (Ruth Rendell, The Tree of Hands, p.251 (début de chapitre))

28(9) et (10) semblent bien confirmer l’analyse : quand le repérage se fait par rapport aux caractéristiques de la classe des instants, c’est every qui est préféré : (10) every day she saw Ian. Lorsque le temps est extérieur au sujet, les instants construisent un espace discontinu où il y a nécessairement variation qualitative due à la localisation. Mais quand c’est le sujet (de l’énoncé ici) qui est qualifié en propriété, il n’y a plus aucune raison de prendre en considération la variation qualitative d’un instant par rapport à un autre, et c’est each qui prévaut9. On peut se demander si la différence entre les deux traitements du parcours ne repose pas sur une approche différente de l’altérité : avec le centrage sur la qualification en propriété du sujet, voire de la situation, il ne reste plus qu’un chemin, d’où cet effet de simili-continuité alors que c’est pourtant un marqueur d’individuation qui apparaît (each) ; avec every , même si la délimitation se fait par rapport à un intérieur, rien ne dit que l’extérieur est éliminé10.

29III.2. Cette bascule d’une individuation avec variation qualitative à une individuation uniformisante se retrouve dans les énoncés où le format d’occurrence peut être répété mais difficilement capitalisé. Par exemple, I went swimming today- ou I had a swim today, sont tous deux possibles, même si non équivalents, alors que *I had two swims today  n’est pas recevable là où I went swimming twice today l’est. L’activité du sujet exprimée à l’aide d’un prédicat imperfectif (ou atélique11) empêche la quantification cardinale du prédicat nominalisé - cp. I had two drinks this evening - cf. Charreyre-1980.

30III.3. Jusqu’ici, le recours à une délimitation extérieure à l’objet représenté n’a été envisagé que par rapport à l’organisation de la perception dans une occurrence située. Il semble nécessaire de compléter ce qui a été dit à propos de (5’) où, en parallèle avec a distant piece of Florentine mirror, on a a sliver of bookcase. Pourquoi piece pour l’un, sliver pour l’autre? Peut-on inverser les deux délimitations? Il paraît difficile, à cause de la qualification, distant, de remplacer piece par sliver. La référence à la localisation spatiale du miroir fait que cet objet est interprété comme ayant une existence indépendante de l’origine de la perception. Dire a distant sliver donnerait le sentiment d’un miroir brisé dont il ne reste qu’un bout, là où la même délimitation appliquée à la bibliothèque la repère comme le cadre de la vision entravée de l’énonciateur.

31L’idée déjà exprimée à propos de each et every se retrouve ici : ce jeu de bascule entre un repérage par rapport à un objet tout constitué ou par rapport à la construction qu’en fait le sujet dans l’occurrence représentée. C’est parce que ce jeu semble bien exister que deux termes sont ici employés : dénombreur quand la délimitation s’applique à un objet déjà constitué, classificateur quand la délimitation est sous la dépendance du sujet énonciateur. On remarquera que le même nom, sliver, peut s’appliquer aux deux repérages : le distinguo ne sépare pas deux catégories de lexèmes mais deux fonctionnements associés d’un même lexème. Cette dualité possible des repérages peut aller jusqu’à faire hésiter sur la nature de la relation entre deux G.N. réunis par of (cf. A.Gauthier - 1995)

32III.4. Cette différence semble pouvoir être généralisée à des considérations aspectuelles rattachables au domaine de l’anaphore. Tout comme dans le cas des procès téliques ou atéliques quand il s’agit du formatage cardinalisable ou non (cf. 2 drinks v *2 swims), l’aspect semble intervenir sur le choix d’un “dénombreur” ou d’un “classificateur”. Il s’agit là d’une hypothèse qui reste à approfondir mais qui semble bien permettre d’expliquer pourquoi piece apparaît sur des prédicats nominalisés où il n’est pas question de “découpage” d’un objet préexistant extérieur au sujet. Ainsi, calumny est défini dans le Longman Dictionary of the English Language comme (the act of uttering a false charge…) c’est-à-dire comme d’abord relié au dire d’un sujet plutôt qu’au dit lui-même. Ce passage de l’activité du sujet à une qualification du point d’application conçu comme stabilisé semble bien être à l’œuvre en (12). En effet, le dire est détaché de son énonciateur d’origine, the man) pour être qualifié de juicy par le nouvel énonciateur (Mr Costello) :

(12) Miss Aldridge was opening Mr.Costello’s door…I could hear him speaking very loudly…He said : ‘It isn’t true. None of it’s true. The man’s a liar trying to impress you with a juicy piece of calumny. He’ll never prove it.’ (P.D.James, A Certain Justice, p. 193)

33On retrouve ce système de relais énonciatif en (13) - he told me - et bien qu’il n’y ait pas de qualification, la nature de l’information transmise (they’ve discovered fungus) en fait une nouvelle qualitativement hors norme :

(13) ‘…I was just talking to the M.C. here.’
‘ I suppose you were able to compare notes.’
‘Yes, and he told me a piece of news.’
A piece of news?’
‘Apparently they’ve discovered fungus on the wall in the choir vestry,’ Mr Coleman’s blue eyes gleamed. (Barbara Pym, A Glass of Blessings, p. 250)

34On est donc loin ici du simple “dénombreur” qui apparaît de ce fait comme un cas particulier où le lexique qui en justifie l’emploi renvoie à des objets tout construits extérieurs à l’acte d’énonciation. Il n’est pas indifférent que ce soit piece qui joue le rôle de “classificateur”, car ce lexème est aussi peu spécifique que possible quant au paramètre quantité/qualité. Ce n’est pas le cas dans les exemples de III.5. qui posent aussi le rapport des délimitateurs à la cardinalité.

35III.5. (14) et un exemple construit à partir d’une illustration sur l’éclipse du 11/08/1999 parue dans le Sunday Times (Travel Section- 4 July 1999) incluent snip comme support de délimitation externe :

(14) One summer evening he [Umberto] and half a dozen of his closest friends had set out on an expedition The gang had entered the Colosseo… The arena was dim inside ; just a snip of moon overhead, plus the perpetual urban glimmer…  (Jonathan Treitel, Graffiti)

36En une occurrence donnée située à un instant donné en (14), la lune est réduite à un croissant : au niveau du perçu, il n’y a pas de reste12. La situation est proche de celle analysée en (5’) à propos de sliver.

37L’article sur l’éclipse intitulé A two-minute wonder, propose une photo-montage à cinq éléments : quatre “croissants” de soleil et, au centre, un soleil “éclipsé”. Légende : A time-elapsed exposure of a total eclipse. La photo-montage comporte bien 4 snips of sun. Ce qui est possible ici ne le serait pas en (14), sauf si l’énonciateur “voyait double”. La légende montre bien que l’image résulte d’un travail sur la classe des instants : time-elapsed. Le “co-énonciateur-spectateur” est face à une occurrence d’image mais l’“énonciateur-concepteur” a réuni quatre occurrences, situées en quatre instants différents, sur la même image. Au niveau de la référence, sun est unique en un instant donné. La cardinalisation de snip impose un jeu sur la référence. Ainsi, un tissu constellé de croissants de lune pourrait être décrit en un instant donné comme with thousands of snips of moon printed on it en fonction du perçu dans une même occurrence. Toute cardinalisation semble donc imposer un travail soit sur la classe des instants pour justifier la quantification soit un travail sur la diversité qualitative et l’individuation des composantes de la situation en un instant donné.

38III.6. En III.A, l’individuation porte sur la qualité représentée par le nom singulier lui-même (cf. each/every day, a snip of moon). La syntaxe en (the+Adjectif) est celle des adjectifs dits substantivés dont une seule catégorie est envisagée ici : celle où l’adjectif est indifférent à la catégorie du nombre même si le groupe nominal (the+Adjectif) peut accepter un accord soit singulier comme en (15), soit pluriel comme en (16)13 :

(15) These journals constitute a laid-back stream-of-consciousness in sandals, with Ginsberg on the hippy trail in India in the early 1960s. The inconsequential, the squalid and the awesome are all mixed together in vivid thumbnail sketches. (Compte-rendu critique de Indian Journals dans The Sunday Times - Books section - 5/07/1992)

(16) Here the sand is yielding and coarse-grained, and along the sarcely changing margin of the lukewarm sea plods an endless procession of humanity, in bikinis, trunks, Bermuda shorts and tank tops, the young and beautiful, the old and unlovely, the slim and the thin and the obese, the tanned and the freckled and the burned. Most of these people carry some form of food or drink… (David Lodge, Small World, pp.283-284)

39Il semble bien que, pour qu’un adjectif substantivé de ce type puisse apparaître dans un texte, il faut qu’il soit précédé d’une mention de l’objet qui sert de support à l’explicitation des propriétés. En (15), these journals, pris en bloc, et en (16), humanity, référant à la classe des animés humains, servent d’objets repères. A propos du journal de Ginsberg, puisqu’il s’agit d’un écrit, c’est sur les caractéristiques fondatrices de tout texte (style et contenu) qu’une appréciation est portée ; dans le cas des vacanciers sur une plage, l’énonciateur parle de ce qu’il perçoit des corps - âge, peau, poids. Si l’énonciateur évoque ces caractéristiques, c’est pour les apprécier en fonction de l’idée qu’il se fait de leur valeur normale/ moyenne. Cette valeur moyenne ne donne pas lieu à verbalisation sous cette forme : n’est mentionnable que ce qui se distingue, ce qui, quantitativement, diffère en plus ou en moins de la “norme” de la propriété. La valeur mentionnée dans l’énoncé constitue un point considéré comme extrême sur ce gradient quantitatif qui permet de marquer l’intensité de la propriété. Le lexème lui-même est déjà porteur de l’idée d’écart par l’intermédiaire de divers procédés (inconsequential, unlovely ; squalid, burned…). Quant à the, c’est lui qui construit l’individuation puisqu’il délimite une valeur de la propriété sur le gradient qui lui est associé. A la différence de ce qui se passe pour le parcours avec each/every, dans le cas de l’individuation marquée par the, l’altérité est maintenue : une valeur est sélectionnée sans que les autres soient négligées ou exclues.

40III.7. Le gradient construit pour ce type de propriété renvoyant à des caractéristiques de l’objet lui-même donne une syntaxe où l’adjectif garde ses caractéristiques de qualité homogène et le groupe nominal qu’il forme avec son marqueur de délimitation est inaccessible à l’individuation. On peut se demander pourquoi, lorsqu’il s’agit d’une appréciation (modale) portée par l’énonciateur sur l’objet - valuation -, le gradient peut permettre la construction d’une discontinuité - nombre pluriel -, voire même d’une individuation - a :

(17) contrary to the Hollywood image of men as innocent incompetents, dealing with nappies, bottles and crying babies is really no big deal. (How I lost a wife and gained a loving son in The Sunday Times, 4/07/1999)

41auquel on peut ajouter un exemple du Longman Dictionary of Contemporary English : a hopeless incompetent. Pour finir sur une question, pourquoi incompetent permet-il ce que lovely ne permet pas?14

42Deux réflexions s’imposent au terme de cette présentation. La première est d’ordre didactique : il apparaît d’évidence qu’entre les données de la langue, telles que portées par les dictionnaires, et la construction de référence par un énonciateur, il ne peut pas exister de passage direct. C’était ce que disait François Bresson lorsqu’il parlait du procédural et du discursif. L’apprentissage d’un système ne se confond pas avec la familiarisation à la pratique d’une activité. On peut en tirer les conséquences que l’on veut quant aux objectifs de l’apprentissage des langues en milieu scolaire et ceux du travail sur la langue maternelle.

43La seconde réflexion porte sur l’apparente dispersion des points d’application étudiés dans ces pages. A partir du moment où il ne s’agit pas de travailler sur des marqueurs mais sur les fondements d’ordre cognitif des opérations sur lesquelles ils reposent, on ne retrouve pas les regroupements habituels. Le questionnement en est modifié. De nouveaux rapprochements se font - rapport parcours-fléchage quant au traitement du domaine notionnel ? Le traitement de l’altérité est-il le même suivant qu’on envisage le repère à partir de l’intérieur du domaine ou à partir de la situation en tant que domaine notionnel ? Des mises en cause apparaissent - nombre sur le nom et déterminant doivent-ils être traités ensemble ? Les deux catégories grammaticales fonctionnent-elles au même niveau de représentation ? Est-il légitime de considérer que certains problèmes de détermination nominale sont à traiter en termes de relation prédicative et de valeurs aspectuelles ? Que la construction d’un gradient pour travailler sur l’intensité d’une propriété peut avoir des résultats différents sur la morphosyntaxe des adjectifs substantivés suivant le type de propriétés auquel il s’applique (caractéristiques attribuées à l’objet ou jugement sur l’objet lui-même ?). Bref, il s’agit là d’hypothèses mais certaines paraissent prometteuses.

Notes de bas de page numériques

1 Les conséquences de ceci seront développées en cours d’article.
2 Cf. Charreyre-1997 sur Every.
3 Par définition, le terme de délimitation ne s’applique qu’à la quantité ici. Le qualificatif quantitative ne lui sera donc plus associé.
4 La démarche adoptée ici se distingue de l’interprétation habituelle de all totalisateur. Pour totaliser, il faut avoir d’abord exploré l’intérieur de l’objet, en avoir déjà conçu l’existence isolée. Quand il est comme ici construit par élimination d’altérité à partir de l’extérieur, il n’a pas encore d’existence indépendante. Pour rendre compte de toutes les apparitions de all en texte, définition de l’objet par l’extérieur et définition par l’intérieur sont nécessaires.
5 En (1), la classe d’occurrences est construite sur le même objet que celui représenté dans la situation ; en (2), elle est construite sur les composantes de l’objet retenu dans la situation. Dans les deux approches, le même marqueur de parcours, every, car c’est la dernière délimitation envisageable quand on travaille sur le seul intérieur du domaine notionnel.
6 Travailler sur la comparaison point à point n’est guère compatible avec la capitalisation des occurrences qui aboutit au dénombrement et à la totalisation. Compter et totaliser peuvent s’exprimer par le langage mais ne relèvent pas d’opérations linguistiques.
7 Si au lieu de bookcase c’étaient des livres qui avaient été perçus, il est probable que la diversité qualitative aurait été maintenue, more books.
8 Cette terminologie renvoie, pour le fonctionnement lexical, aux données de la première acception d’un nom dans les dictionnaires grammaticaux ; le fonctionnement associé réfère à la syntaxe d’un GN dans un texte, c’est-à-dire lorsque le travail énonciatif est à l’œuvre. A l’origine, cette terminologie a été mise au point par A.Gauthier et moi-même.
9 Il est évident que si le rapport anaphorique entre she saw Ian et they met favorise l’ordre every, each,  tous les every ne sont pas nécessairement suivis de each. Si le fumeur de (9) décrivait sa vie de tous les jours, on aurait plutôt every : Every day I wake up at 5 and every day I then smoke my first cigarette in bed.
10 Le traitement de l’altérité pour every et each diffère de ce qui se passe pour all lorsqu’il construit la délimitation d’un objet amené à l’existence de l’extérieur, par différenciation à partir du reste de la situation. Dans les deux premiers cas, l’objet est déjà constitué, on peut donc l’explorer de l’intérieur ; avec all, cette étape n’est pas encore franchie.
11 Les terminologies perfectif/imperfectif et télique/atélique ne sont pas de même niveau de description. Chronologiquement la première était plus fréquemment utilisée en 1980.
12 Le même raisonnement vaut pour shreds où le pluriel renvoie à l’hétérogénéité qualitative et serait non cardinalisable : But there were two things she hadn’t told them. At the end she had said, trying not to cry, trying to retain some shreds of dignity : “I hated her for not helping Kenny…” (P.D.James, A Certain Justice, p.193)
13 Rien dans la syntaxe de ces deux exemples ne le démontre. Il faudrait manipuler pour le prouver. Par ailleurs, these journals, pluriel, réfère à un objet composite et un seul là où humanity, singulier notionnel, réfère à la classe des animés humains. Ce choix apparemment paradoxal est délibéré.
14 Une maîtrise est en préparation pour qu’un corpus puisse fournir des informations.

Bibliographie

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GUENTCHÉVA, Z., L’énonciation médiatisée et les mécanismes perceptifs, pp.301-315, in Langues et Langage - mélanges offerts à Antoine Culioli (J.Bouscaren, J-J.Franckel, S.Robert) (Paris : P.U.F.-1995)

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Pour citer cet article

Claude Charreyre, « Discontinuité et individuation : application au nom, au nombre et à la détermination », paru dans Cycnos, Volume 16 n°2, mis en ligne le 15 janvier 2004, URL : http://revel.unice.fr/cycnos/index.html?id=50.


Auteurs

Claude Charreyre

Claude Charreyre est professeur (linguistique, anglais) à l'UFR d'études anglophones de l'Université Paris 7-Denis Diderot. Elle a créé un groupe de recherche abordant la syntaxe de l'énoncé et l'analyse discursive à l'aide de la Théorie des Opérations Enonciatives (SEAD), groupe qui s'applique à poser les bases d'un champ de recherche sur l'anaphore. Université Paris 7-Denis Diderot, équipe LILA-SEAD, charreyrec@paris7.jussieu.fr