dystopie dans Cycnos


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Cycnos | Volume 22 n°1

Utopies et barbaries, d'hier à demain

Les utopies ont d'abord fait rêver. Puis, les dystopies ont pris leur place dans le champ littéraire. Où l'utopie présentait des hommes heureux, vivant dans le respect des règles à buts égalitaires, la dystopie est venue s’appuyer sur les « vices privés » dont sont réputées découler les « vertus publiques », au nom du libéralisme. La science-fiction permet une approche plus ouverte que cette opposition manichéenne entre les modèles des sociétés représentées. Certains textes de SF comme ceux de Ursula Le Guin, de Serge Lehman revisitent les utopies et dystopies dans une visée nouvelle et font ressortir une opposition différente : celle qui oppose le « centre » prétendument civilisé à la périphérie présentée comme sauvage. Mais qui, dans ces textes qui parlent des villes et sociétés actuelles, peut se permettre de taxer l'autre de barbare ?

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L’Anticipation dystopique et le désenchantement moderne

Cet article se concentre sur l’étude de deux anticipations dystopiques et aux rapports qu'elles entretiennent avec le contexte historique de leur production. Deux romans, parus en 2004, l'un écrit en arabe et l'autre en français : Miroirs des Heures Mortes de M.Kilani et Globalia de J-C. Ruffin, permettent d’affirmer que le rapport entre la fiction et la réalité revêt une dimension dialectique. Le pessimisme qui marque ces romans est le catalyseur d'un désenchantement moderne. L’œuvre de l’auteur arabe, notamment, s'alimente à un contexte de crise politique et écologique.

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Cycnos | Volume 22 n°2

History and Allegory in Margaret Atwood’s Oryx and Crake

Comme beaucoup de romans dystopiques, Oryx and Crake, le tout dernier roman de Margaret Atwood, décrit les traces d’une race en voie de disparition et offre une lueur d’espoir au lecteur sous la forme d’une race nouvelle. Comme typiquement dans ce genre littéraire, les erreurs de l’ancienne race sont déjà présentes à l’état latent dans la nouvelle race et société qui est sensée remplacer l’ancienne société décadente par quelque chose de neuf et d’immaculé. L’avenir et le passé finissent nécessairement par se mélanger dans ce type de fiction et le critique, ainsi que le lecteur, ne peuvent qu’imaginer et espérer, en vain, que l’avenir ne répétera pas le passé. Le roman d’Atwood, bien qu’étant futuriste, nous fait grâce d’une fin où la société future imiterait celle de ses prédécesseurs. Mais le lecteur averti peut déjà très clairement déduire et discerner les nombreux défauts de cette utopie planifiée et se sentira poussé à établir des comparaisons entre cette société future, ainsi que son propre futur, et ce passé voué à l’échec qui est décrit dans le roman. Le roman de Margaret Atwood propose ainsi un nouveau mythe de la création, aux connotations religieuses, une Histoire réécrite qui fait écho au modèle allégorique dont le but est à la fois de « divertir » et d’« instruire » le lecteur.

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