Cycnos | Volume 16 n°2 Détermination nominale et individuation - 

Geneviève Girard  : 

La détermination nominale dans les groupes prépositionnels

Plan

Texte intégral

1Nous nous intéresserons ici à la détermination nominale dans les compléments dits de manière ou d’attitude, tels qu’on les trouve dans les énoncés suivants :

He rushed out of the room in alarm
In her alarm she didn’t see the car and crossed the street
To his surprise, Mary left the room.

2Nous avons déjà abordé cette question, au colloque sur la Notion qui s’est tenu à Charles V en 1996. Nous voudrions reprendre le problème, afin de réfléchir un peu plus aux questions que pose ce type de complément, en ce qui concerne la détermination nominale.

3Deux questions se posent au moins : la question des contraintes sur les déterminations, et la question du sens même des énoncés.

4 La détermination nominale permet l’interprétation référentielle du Nom, le nom ne renvoyant qu’à une notion, un concept abstrait ou concret. Comment se fait la détermination nominale dans les cas qui nous concernent ici ?

5Nous verrons que les possibilités sont limitées au point qu’il n’y a, en fait, qu’un seul type de détermination possible par cas de figure (1).

6Trois cas de figure se présentent :

7Considérons les énoncés suivants, parmi lesquels certains sont grammaticaux et d’autres agrammaticaux :

1) * In Johni’s alarm hei/j broke the glass.

8L’interprétation co-référencielle entre John et he est impossible. L’interprétation non co-référencielle est impossible également.

9L’énoncé est agrammatical, malgré le fait que l’on puisse, cognitivement parlant, imaginer le sens suivant : Because John was alarmed, Peter lost his self-control and broke the glass he was washing.

10L’agrammaticalité de cet énoncé n’est donc pas un problème de non-pertinence de cette structuration, du fait d’une non-pertinence concernant une représentation de l’extralinguistique. Il s’agit donc d’une impossibilité linguistique liée aux contraintes même de structuration de l’énoncé anglais, qu’il convient alors d’élucider.

2) * Hei/j broke the glass in Johni’s alarm.

11L’interprétation co-référencielle est impossible. L’interprétation non co-référencielle est impossible également. Nous avons pris cet exemple pour mettre en évidence le fait que, quel que soit l’ordre linéaire, que le pronom soit après ou avant son antécédent, la phrase est agrammaticale si la détermination de alarm se fait par le génitif John’s.

12Ce qu’il est important de noter, de plus, ici, c’est que le fait d’avoir eu auparavant dans le discours John was alarmed n’autorise pas la construction John’s alarm.

13Il faut donc se demander d’où vient la différence de comportement, dans la mesure où ce comportement est différent du schéma auquel on est communément habitué.

14Comparons à 1) avec 3) et 4) :

3) In hisi alarm hei broke the glass.

15Il y a co-référence, et la phrase est grammaticale.

4) In hisi alarm Johni broke the glass.

16Il y a co-référence également, et la phrase est grammaticale.

17Lorsque la détermination nominale se fait par le possessif pronominal, et non par un Syntagme Nominal au génitif, la phrase est correcte.

18On a bien, ici, une contrainte sur le type de détermination possible. Cette contrainte semble être due à la structuration hiérarchique de la phrase2. Nous y reviendrons dans notre troisième partie. On a, en effet, les possibilités et les impossibilités suivantes :

5) *hei thinks that Johni is intelligent. (co-référence impossible)
6) Johni thinks that hei/j is intelligent. (co-référence possible)
7) Everybody that knows himi thinks that Johni is intelligent. (co-référence possible, et presque nécessaire)
8) John couldn’t explain his alarm. (co-référence et non-coréférence possible)
9) *hisi alarm surprised Johni
10) *hisi alarm surprised Johnj

19Ce que nous retenons jusqu’ici, c’est qu’il y a à la fois :

  • une contrainte sur la co-référentialité : celui qui ressent la panique est obligatoirement le sujet de l’énoncé,

  • une contrainte sur le marquage de la détermination nominale : seul le possessif pronominal est autorisé.

20L’énonciateur n’a donc pas de choix quant aux marqueurs de détermination.

21La détermination nominale semble se décider au niveau même de l’énoncé, sans tenir compte des énoncés antérieurs. Il faut donc analyser l’organisation globale de l’énoncé, et non uniquement la détermination nominale.

11) * He rushed out of the room in John’s alarm.

22Cet énoncé est agrammatical : la détermination par le génitif est impossible. La seule détermination possible est la détermination par Ø :

12) He rushed out of the room in Ø alarm.

23Regardons le dernier cas de figure.

13) She left the room, to John’s surprise.

24L’énoncé est grammatical.

14) She left the room, to his surprise.

25L’énoncé est grammatical également. Ici il n’y a pas de contrainte sur la marque de détermination : on peut avoir le génitif ou le possessif pronominal. On se retrouve dans un cas de figure classique : le choix est un choix énonciatif (3).

26La seule contrainte est d’ordre logico-cognitif : il n’y a pas de co-référence entre celui qui a telle ou telle activité et celui qui est surpris de cette activité, sauf dans des cas tels que :

15) Shei found the solution, to heri/j surprise.

27On voit ici que la possibilité de la co-référence est due au fait que le référent du sujet de find n’est pas agentif. Si quelqu’un trouve une solution, cela veut dire que la solution prend forme dans son esprit. On aura la même possibilité de co-référence avec tout verbe à sujet non-agentif :

16) She understood the problem, to her astonishment.
17) He liked the play, to his surprise.

28Ici le référent du sujet est un lieu psychologique. On peut dire également qu’il a un rôle d’expérient (4).

29Ces énoncés nous invitent à faire une distinction entre :

  • la fonction syntaxique “sujet”, et

  • le rôle sémantique du référent du sujet.

30Cette importance qu’il faut attribuer au rôle sémantique (5) du référent du sujet va nous permettre d’avancer dans notre compréhension de la détermination nominale.

31Récapitulatif de nos observations dans cette première partie :

32Les seuls “déterminants” possibles sont :

  • Ø ou le possessif pronominal dans la construction in + N : in Ø alarm / in his alarm (6).

  • le possessif pronominal ou le génitif dans la construction to + N : to his surprise/ to Peter’s surprise.

33Le problème qui se pose est maintenant le suivant :

34Pourquoi la co-référentialité est-elle marquée de deux manières différentes ?

35Il est utile de réfléchir maintenant sur les énoncés authentiques suivants :

18) ‘We ate in the canteen,’ said Wilcox coldly. Everthrope fell back a pace, in exaggerated astonishment. (D. Lodge, Nice Work)
19) She took a couple more, and put them on the bench also. Then she turned in confusion to her work. (D.H. Lawrence, Sons and Lovers)
20) He felt a hand on his shoulder and leapt to his feet in alarm. It was Loomis Gage. (W. Boyd, Stars and Bars )
21) Do you remember my suggesting to you earlier on -the night you walked out on me in fury - that we ask him in and talk to him? (Ian McEwan, Enduring Love , p 217)
22) ‘You look as if you lost weight during your leave.’
   Glad to hear it. ‘I borrowed a bike, and cycled a lot.’
   She pursed her lips in disapproval. (A. Sillitoe, The Open Door , p 271)
23) You only knew for a certainty what people thought when they spoke, and unless they were in anguish you could not know what they felt. Even in anguish you must not speak.  (A. Sillitoe, The Open Door , p 282)

36Dans chaque cas de figure, le sentiment exprimé par le GN du Groupe Prépositionnel est le sentiment que ressent le sujet.

37L’énonciateur dit, à la fois, que le personnage en 20), par exemple, s’est levé d’un bond, et qu’il a eu peur. Il y a antériorité de la peur par rapport à l’acte de bondir. L’absence d’un quelconque déterminant ne nuit pas à la compréhension de l’énoncé, car la peur est repérée comme présente chez le référent du sujet. On a un fonctionnement économique de la langue : elle ne précise pas ce qu’il n’est pas nécessaire de préciser. On ne peut pas dire ici que Ø alarm traduit la notion abstraite de “peur”. Il est clair que Ø alarm traduit que la peur est localisée chez le sujet. C’est une peur bien spécifique. On peut comparer ce procédé, toutes choses étant égales, à ce que l’on a en français dans : “il s’est cassé la jambe”, où “la jambe” est interprété, de manière non ambiguë comme la jambe du référent du sujet.

38IL FAUT DONNER UNE TRADUCTION

39Le français ne fait pas la distinction systématique que fait l’anglais.

40Comment alors expliquer que l’on puisse avoir aussi la détermination par le possessif, quand le sentiment exprimé est également le sentiment du sujet ?

41Regardons les exemples suivants :

24) In her surprise she had cut her finger on one of the pieces of glass and it bled unheeded. (R. Rendell, Simisola )
25) ‘I meant no offence’, I said, and added stupidly, ‘Better men than you have found it expedient to run, at times.’ He colored all over, while in my confusion I half-choked myself with my tongue. (D.H. Lawrence, Sons and Lovers )
26) Valentin behind his tree was tearing his finger-nails with silent fury. He seemed almost to hear the sniggers of the English detectives whom he had brought so far on a fantastic guess only to listen to the metaphysical gossip of two mild old parsons. In his impatience he lost the equally elaborate answer to the tall cleric. (G.K. Chesterton, Father Brown, Selected Stories, p 21)
27) Now there was added the faint smell of brandy, for in her agitation she had spilt some on her jersey. (M. Spark, A Far Cry from Kensington) 7

42Dans tous ces énoncés, la présence du possessif est obligatoire. Il n’y a pas la possibilité d’opérer un choix entre Ø surprise et her surprise, en 24), par exemple. Il s’agit pourtant, comme dans les exemples vus plus haut, du sentiment de surprise que ressent le référent du sujet.

43La différence provient de la différence de sens. Quelle interprétation donne-t-on à ces énoncés ?

44La différence de sens concerne le type de relation que le référent du sujet entretient avec l’activité décrite.

45Dans l’exemple 24) la jeune fille ne fait pas exprès de se couper le doigt. Elle n’a pas de rôle agentif intentionnel. L’action qui s’instancie est totalement contingente, en ce sens qu’elle ne va dépendre que des données de la situation au sens large dans laquelle se trouve le référent du sujet. C’est le fait que la jeune fille manipulait du verre qui conduit à la blessure. Si elle avait été en train de laver un verre, elle l’aurait peut-être fait tomber ; si elle avait été en train d’écrire, elle aurait lâché son stylo, etc. Il n’y a pas volonté de faire telle et telle action. C’est plutôt la perte de concentration de l’individu qui fait que tel ou tel événement se produit. En d’autres termes, le référent du Sujet n’est pas agentif, bien qu’il “fasse” quelque chose.

46Ce qui nous paraît important ici, c’est que ce n’est pas parce qu’il y a un repérage antérieur du sentiment que le possessif apparaît. L’exemple suivant permet de bien comprendre ce point :

28) The minister flushed with confusion, and sat down again. ‘Monsieur,’ he began, then he looked in great confusion at Mr Jordan. ‘It’s the -it’s the ...’. He wanted to say handwriting, but his wits would no longer work sufficiently to supply him with the word. (D.H. Lawrence, Sons and Lovers) 8

47Ici, la confusion a été repérée chez le personnage : he flushed with confusion. Or, nous avons in great confusion ensuite, malgré le with confusion antérieur. Le personnage regarde intentionnellement M. Jordan. Si le narrateur avait voulu dire que sa confusion l’empêchait d’agir comme il le souhaitait, on aurait eu : In his confusion, he looked at Mr Jordan intead of Mr Smith, par exemple. Dans ce cas, le référent de “he” n’est plus un agentif intentionnel. La présence du possessif construit donc un sens différent.

48La différence nous semble claire avec les exemples vus plus haut. En 20) repris ici :

29) He leapt to his feet in alarm,

49le bond que fait le référent du sujet correspond à son désir d’échapper à la main qu’il a senti sur son épaule. Il est, dans ce cas Agent volontaire, intentionnel de son action, même s’il s’agit ici d’une sorte de réflexe. Ce que dit l’énoncé, c’est que l’action correspond dans la situation à ce qu’il convenait de faire.

50Nous venons de constater certains faits et de proposer des paraphrases des sens. Mais ceci ne constitue pas une explication des déterminations. Pourquoi Ø alarm contribue t-il au sens d’intentionnalité du référent du sujet ?

51Pourquoi in poss- alarm contribue t-il au sens de non-intentionnalité du sujet ?

52Récapitulatif de cette partie :

53La détermination nominale tient compte du sémantisme du verbe, et plus particulièrement du rôle que joue le référent du sujet dans l’activité décrite.

54Nous allons aller plus loin maintenant, et dire que c’est elle qui fait affleurer, pour un verbe polysémique, le sémantisme à l’œuvre dans l’énoncé : elle désambiguïse.

55Comparons les exemples :

30a) She cut her finger in alarm
30b) She cut her finger in her alarm.

56En 30a) le contexte peut être que la personne s’est fait piquer par une abeille, et elle se fait une incision au doigt pour retirer le dard. C’est donc intentionnellement qu’elle opte pour l’activité particulière cut her finger.

57En 30b) le contexte est le contexte que nous avons vu plus haut, à savoir, elle manipulait du verre, et elle s’est involontairement coupée.

58Dans les deux cas il y a existence du sentiment de panique chez le référent du sujet. Mais en 30a) le sujet est agentif, alors qu’en 30b) il est non-agentif.

59Essayons de récapituler ce que nous avons vu pour proposer un principe explicatif.

60On a trois cas de figure :

a) To hisi surprise, Johni/j found the solution
b) Johni cut his finger in Øi alarm  / Maryi tore up the letter in Øi despair.
c) Johni cut his finger in hisi alarm  / Maryi tore up the letter in heri despair.

61Dans le premier cas, le possessif est nécessaire pour désigner qui est surpris. Avec un référent non-agentif, la personne surprise peut tout aussi bien être le référent du sujet que quelqu’un d’autre. Le possessif permet la distinction.

62Mais dans le deuxième et le troisième cas, les deux constructions renvoient au sujet John, ou Mary. Elles n’ont donc pas à jouer un rôle de référentiation, au sens strict. Quel rôle jouent-elles ?

63Avec in Øi despair, l’énonciateur dit que Mary a déchiré la lettre volontairement, comme pour effacer, par exemple, la mauvaise nouvelle qu’elle a reçue.

64Avec in heri despair, l’énonciateur dit que Mary était désespérée au point de ne plus savoir ce qu’elle faisait, et c’est dans ces conditions qu’elle a déchiré la lettre.

65Nous faisons alors l’hypothèse que la détermination en Ø ou en poss- est là pour désambiguïser le sens du verbe. Le verbe cut, ou le verbe tear up traduit un processus qui peut être volontaire ou involontaire. Comment savoir si, dans l’énoncé où il apparaît, il faut lui donner le sens “processus volontaire” ou le sens “processus involontaire”? On pourrait imaginer que le verbe puisse prendre un affixe ou un suffixe qui le désambiguïse. Ce n’est pas ce qui se passe en anglais. En fait la désambiguïsation se fait en un autre lieu de la chaîne, et en l’occurrence, ici, grâce à la détermination nominale.

66Autrement dit, il y aurait décalage entre le lieu où un marqueur est présent, et le lieu sur lequel il agit. Nous avons un marqueur de détermination nominale, mais ce marqueur détermine le sémantisme du verbe.

67Cette hypothèse pose un problème plus général, que nous ne pouvons pas creuser ici, mais elle semble recevable, en l’état des choses, dans la mesure où en français on trouve un phénomène similaire.

68On oppose, en effet :

69a) il a des chances de travailler l’année prochaine à l’étranger, et :
b) il a de la chance de travailler l’année prochaine à l’étranger.

70En a), nous avons une détermination de “chance” au pluriel “les”, et c’est elle qui permet de construire le sens épistémique.

71En b), nous avons une détermination de “chance” au singulier “la”, et c’est elle qui permet de construire le sens appréciatif.

72Nous ne creuserons pas davantage ce problème ici.

73Il faut maintenant se demander pourquoi c’est Ø qui marque l’intentionnalité, et “poss-” qui marque la non-intentionnalité.

74Il est important d’ajouter ici un paramètre dont nous n’avons rien dit jusqu’à maintenant : le paramètre du regroupement syntagmatique. Il semble que in Ø N apparaisse après le syntagme verbal : he rushed out of the room in alarm, alors que in poss- alarm apparaisse en tête de phrase : in her alarm she didn't see the car and crossed the street (9).

75On peut faire les manipulations suivantes :

a) What he did was rush out of the room in alarm.
b) ?? What he did in alarm was rush out of the room.
c) What she did in her alarm was cross the street.
d) ?? What she did was cross the street in her alarm.

76Autrement dit, in Ø alarm complète sémantiquement le syntagme verbal. Il agit à la manière d’un adverbe dont la portée est le verbe. De ce fait, le sentiment ne peut être que celui du référent du Sujet, et non d’un autre individu, ce qui explique l’agrammaticalité de 1), repris ici :

29) * In Johni’s alarm hei/j broke the glass.

77Le verbe dénotant prototypiquement une activité, l’énoncé signifie que le référent agit comme il a l’intention d’agir.

78En revanche, in poss- alarm complète sémantiquement l’énoncé, c’est-à-dire explicite à quel type d’événement on a affaire. On a une dissociation dans l’énoncé entre le temps et le contenu propositionnel. Une paraphrase peut être : what happened was that she didn't see the car in her alarm.

79Le référent du Sujet subit les événements ; il a perdu de son autonomie décisionnelle. Il y a, alors, une sorte de dissociation entre l’être qui ressent tel sentiment, et l’être qui agit sous la pression de ce sentiment qu’il ne domine pas. On aurait alors la nécessité de noter par le possessif que l’individu qui a ressenti le sentiment en question est bien le même que celui qui se trouve impliqué dans le processus que décrit l’énoncé.

80Le phénomène de détermination nominale dans les cas que nous venons d’étudier ne semble pas être, en fait, un phénomène de détermination nominale au sens strict, dans la mesure où il n’y a pas plus de détermination dans un cas que dans l’autre.

81Ce phénomène pose un problème plus vaste : est-ce qu’un marqueur opère là où il se trouve, ou opère t-il sur un autre lieu de l’énoncé ? Y aurait-il ce que nous appelons, pour l’instant, un décalage sémantique, à savoir une mise en place indirecte du sens ?

Notes de bas de page numériques

1 Il y a deux cas de figure avec “to” : to his surprise, to John’s surprise, mais la problématique est autre. Nous n’aurons pas le temps de l’analyser en détail ici.
2 Si l’on raisonne uniquement en termes de linéarité, les impossibilités ne sont pas explicables, semble-t-il. Le sujet est, en fait, mis en relation avec tout le prédicat, et il domine donc le complément d’objet direct, ou indirect, voire l’adjoint de manière, comme ici. Pour ces problèmes de hiérarchisation, il est intéressant de voir les propositions de la théorie du Gouvernement et du Liage.
3 Il faut rendre compte néanmoins de : *to Johni’s surprise, hei solved the problem / to hisi surprise, Johni solved the problem / to Johni’s surprise, hej found the answer. (non-co-référence) /. to hisi surprise, Johni/j found the answer. (il y a co-référence ou non). Nous laissons ce point de côté pour l’instant.
4 Le terme “expérient” est la traduction, peu heureuse, de l’anglais “experiencer”.
5 On trouve le terme de “rôle thématique”, en théorie du liage.
6 Nous ne parlons ici que de “in” que nous prenons pour la préposition prototypique d’un fonctionnement. Mais toutes les prépositions fonctionnent de la même manière, sauf “to”.
7 Je dois les exemples 21) et 27) à N.Malan,que je remercie.
8 Je dois les exemples 19), 25) et 28) à Y.Birks, que je remercie.
9 Nous ne disons rien ici sur le phénomène de la négation. Nous en avons un peu parlé dans Girard 96, mais le problème mérite plus ample réflexion.

Bibliographie

Anscombre, J,C., 1991, “L’article zéro sous préposition”, in Langue français, p 14-39.

Belletti, A. & Rizzi, L., 1988, “Psych-Verbs and Theta-Theory”, in Natural Language and Linguistic Theory, 6, p 291-352.

Culioli, A., 1990, Pour une linguistique de l'Enonciation, Opérations et Représentations, tome &, Paris, Ophrys.

Danon-Boileau, L., 1993, “Réflexion sur les verbes d’action”, in Cahiers de recherche, T6, Ophrys, p 193-199.

Delmas, C. et al., 1993, Faits de langue en anglais , Paris, Dunod.

Girard, G., 1996, “Notion et construction de la référence dans les compléments de manière”, in La Notion, HDL, Ophrys, p 129-136.

Leeman, D., 1998, Les circonstants en question , Editions Kimé.

Pour citer cet article

Geneviève Girard, « La détermination nominale dans les groupes prépositionnels », paru dans Cycnos, Volume 16 n°2, mis en ligne le 15 janvier 2004, URL : http://revel.unice.fr/cycnos/index.html?id=49.


Auteurs

Geneviève Girard

Université de Paris III