Cycnos | Volume 22 n°1 La science-fiction dans l'histoire, l'histoire dans la science-fiction - 

Avant-propos

Texte intégral

1Je pourrais prendre une fois de plus la défense de l’imaginaire de science-fiction, mais j’ai la faiblesse de croire qu’aujourd’hui on lui accorde beaucoup plus d’importance qu’à l’époque où l’on raillait les robots et les petits hommes verts, vignettes récurrentes d’une littérature destinée aux adolescents ou aux attardés. Il faut dire que la vague américaine des années 30 et 40 a fortement contribué à la diffusion de cette image. On a ainsi oublié que la SF, ou plutôt ce qu’on commençait à appeler « anticipation », est née au XIXème siècle à quelques années près en même temps que la conception de l’histoire vue dans son évolution. En 1859, un « savant fou » du nom de Darwin profanait les tabous religieux en affirmant que l’homme descendait du singe. On sait le bonheur de la découverte qui triomphe avec le 2001 de Stanley Kubrick et d’Arthur C. Clarke.

2Le temps est le paramètre incontournable de la SF qui raconte des histoires d’Histoire, la nôtre : celle qui est déjà écrite ? Ou celle que nous pouvons réécrire après avoir bravé les interdits en volant le feu aux dieux et cueilli le fruit de la connaissance ? Le fameux dilemme d’homo sapiens !

3Après deux siècles de révolutions en tous genres et d’inquiétudes sur notre destin, nous sommes parvenus à un temps où cette SF qui nous parlait de machines, d’exploration spatiale, de manipulations génétiques, de lendemains sombres et de fins du monde écologiques est de moins en moins ridicule. Riche en univers parallèles qui racontent une histoire qui aurait pu, qui pourrait être la nôtre, la SF dans sa totalité est un paradigme uchronique où se nouent, et ne se dénouent pas toujours, les probabilités de notre avenir.

4Tous ceux qui ont participé à ce Colloque se sont penchés sur ce double rôle de la SF : faire l’histoire ou voir l’histoire. Ils sont chercheurs ou écrivains eux-mêmes, et non des moindres : Serge Lehman, Xavier Mauméjean et Michel Pagel, que nous remercions d’être venus apporter leur réflexion. Comment ne pas également remercier Valerio Evangelisti que les Français apprécient tant. Comment ne pas nous enorgueillir d’avoir accueilli la grande romancière canadienne Margaret Atwood qui a glorifié de son immense talent la dystopie d’anticipation avec la Servante Ecarlate et récemment Le Dernier homme.

5Nos remerciements vont également à Jacques Goimard, figure bien connue de l’édition française qui a tant fait pour la SF, toujours fidèle à nos rendez-vous, toujours infatigable, toujours productif, qui a honoré de sa présence toute notre manifestation.

6Les amoureux de la SF, chercheurs ou aficionados, remercient  chaleureusement le CRELA et son directeur André Viola qui ont accepté d’organiser ce Colloque, pleinement réussi. J’en suis personnellement très fière : dans le passé j’ai organisé quatre colloques internationaux sur la SF et certains s’en souviennent. Ce furent des aventures exaltantes et gratifiantes, mais depuis le temps j’avais refusé de me remettre en chantier. Il a fallu que quatre passionnés de la SF me tirent par la manche pendant près de deux ans pour que je me laisse séduire. Je dois dire que leur enthousiasme et leur énergie ont fini par me toucher. Aujourd’hui je les remercie de leur insistance et de m’avoir donné l’occasion de revivre avec eux de grands moments d’intensité. Je tiens donc à présenter mes coéquipiers :

  • Ugo Bellagamba, collègue de la Faculté de Droit, mais surtout jeune écrivain de SF plein de talent qui accumule les prix littéraires.

  • Jean-Luc Gautero, mon collègue du Département de Philosophie, éternel fidèle de nos Colloques.

  • Eric Picholle, physicien, chercheur au CNRS, fan de SF malgré ou grâce à ses recherches pointues.

  • Aurélie Villers, qui est sur le point de soutenir une thèse brillante sur la planète Mars et qui, malgré son éloignement, a participé activement à l’élaboration de ce projet.

7Nous avons été formidablement aidés :

8L’université de Nice-Sophia Antipolis a comme d’habitude soutenu cette entreprise et tout particulièrement la Faculté de Lettres, Arts et Sciences Humaines en la personne de son Doyen, Annie Arnaud, qui a tenu à accueillir les participants dans les meilleures conditions Nous remercions également la Ville de Nice qui a mis à notre disposition le prestigieux auditorium du MAMAC, grâce à l’intervention de l’Académie Européenne Interdisciplinaire des Sciences. Merci pour le soutien financier du Conseil Général et de l’Ambassade du Canada.

9Ce colloque universitaire a trouvé une dimension élargie grâce à la Collaboration de la Cinémathèque de Nice et à sa directrice, Odile Chapel, qui a chaleureusement mis la SF à l’honneur pendant tout le mois de mars.

10Toute notre reconnaissance va également à ceux qui ont donné de leur personne pour assurer la réussite de notre manifestation :

11Antoine Debeauvais, un jeune artiste, qui a créé pour nous bénévolement l’étonnante affiche que vous pouvez revoir au début du présent volume.

12Sylvain Renault, jeune informaticien, qui a élaboré le site du Colloque sur Internet. (http://www.unice.fr/SF)

13Grand merci à mon collègue et ami George Morgan qui s’est bénévolement livré à l’exercice exténuant de la traduction simultanée.

14Merci à mes collègues du CRELA et du Département d’Anglais qui ont mis la main à la pâte avec amitié.

15Remercions particulièrement Pierrette Sebban, notre secrétaire au CRELA, qui a donné beaucoup de sang, de sueur et de larmes pour que ce colloque soit une réussite et qui a pris en charge la mise en forme et la publication du présent ouvrage.

16Les lecteurs trouveront dans ces Actes tous les textes des communications ; ceux de Margaret Atwood et de Patrick Parrinder également dans leur version française. Merci à Geneviève Chevallier, Graham Dallas et Catherine Giuglio-Schnoor, de l’Université de Nice, d’avoir bien voulu les traduire. La communication d’Olivier Paquet, qui n’a malheureusement pas pu être des nôtres pendant ces journées, figure également dans ces Actes.

17Nous espérons que nos lecteurs y prendront plaisir et trouveront de quoi satisfaire leur insatiable curiosité.

Pour citer cet article

« Avant-propos », paru dans Cycnos, Volume 22 n°1, mis en ligne le 15 novembre 2006, URL : http://revel.unice.fr/cycnos/index.html?id=450.


Directeurs de la publication

Denise Terrel

Université de Nice