Cycnos | Volume 18 n°2 Anaphores nominale et verbale - 

Graham Ranger  : 

DO : trois fonctions, un schéma

Résumé

Le présent article traite des différents emplois de DO en anglais, verbe lexical, proforme et auxiliaire, et s'interroge sur la possibilité de trouver une valeur fédératrice à ces trois acceptions. On considère que DO peut être représenté comme l'image abstraite de la prédication, les acceptions auxiliaire et proforme étant, respectivement, des exploitations quantitative et qualitative de ce schéma.

Abstract

Given this sort of corpus, one can easily distinguish three functions for DO: auxiliary (1), proform (2) and lexical verb (3). Two syntactic arguments may be used to distinguish these three different functions. Firstly, DO in (2) may be replaced by the verb to which it anaphorically refers, whereas in (1) this replacement is impossible. Secondly, and concomitantly, one can add the base form of the verb, albeit somewhat superfluously, after DO in (1), whereas in (2) the same manipulation is quite impossible£. It is interesting to look at why the last utterance mentioned should be unacceptable. In the light of the theory of enunciative operations, we suggest that it is because the predicative relation forms a locator, enabling us to situate a certain degree of /loudness/. Now a locator is axiomatically beyond all possible debate i.e. enunciatively stable. If we admit that auxiliary DO is used when the validation of the predicate cannot be taken for granted, then it is easy to understand why *Can you talk as loudly as he does talk? is impossible. This begs the question of how DO does in fact function in such utterances. We suggest that auxiliary DO functions quantitatively, insofar as it is the trace of an operation bearing on the existence of the predicative relation, but that proform DO functions qualitatively, referring back to the notional content of some contextually present predicate. This also explains why auxiliairy DO allows ellipsis of the base form of the verb, since a debate bearing on the validation of a predicate necessarily presupposes a predicative relation. One can go on to describe lexical DO as a marker which combines both quantitative and qualitative aspects of the auxiliary and proform. Thus, lexical DO signals the spatio-temporal inscription (the quantitative aspect) of some notion functioning as a verbal process (qualitative aspect), enabling the speaker to transform, so to speak, other types of notion so that they function as processes. Thus one might compare the minimal pair: They made a cake and They did a cake, where, in the second example, did a cake (which is quite acceptable) enables us to associate to the notion /cake/ a certain series of necessary gestures etc. and, by the same token, confers to the notion a spatio-temporal localisation, like a verb. One last remark concerns the existence of complex proforms such as DO IT, DO SO etc. which can be shown to be occurrences of lexical DO, such as we have characterised it, and some anaphorical element (IT, SO etc.) to which DO allows us to attribute quasi-verbal properties.

Plan

Texte intégral

1Dans cet article1, nous défendrons deux thèses. Tout d'abord, celle selon laquelle on peut différencier, et ceci de façon relativement claire, trois emplois, ou fonctions, de DO, ceux d'auxiliaire, de proforme, et de verbe lexical, illustrés par les énoncés ci-dessous :

(1) "He doesn't live in Birmingham." "Oh yes he does."
(2) Can you talk as loudly as he does?
(3) They dutifully did the washing-up.

2Ensuite nous tâcherons de montrer que ces trois fonctions peuvent être vues comme trois modes d'exploitation d'un schéma unique, en nous intéressant particulièrement au problème de l'anaphorisation dans les cas de DO lexical et de DO proforme.

3La démarche adoptée sera heuristique. Dans un premier temps, nous mettrons en évidence l'existence d'un DO proforme, et décrirons les contextes typiques où on peut s'attendre à trouver ce marqueur. Avant d'expliquer pourquoi DO proforme se trouve seulement dans certains contextes, et de mieux décrire les propriétés de ce marqueur, il nous faudra présenter quelques hypothèses quant au fonctionnement de DO auxiliaire. Nous proposerons ensuite une caractérisation de DO lexical qui soit compatible avec celles données pour DO proforme et auxiliaire, et suggérerons que l'émergence, à la fin de la période moyen-anglaise, d'un DO outil grammatical peut être expliquée par l'instauration d'une différence d'ordre énonciatif entre formes concurrentes.

4Tout d'abord, nous allons nous interroger sur l'existence d'un DO proforme. Une telle interrogation peut paraître oisive, mais la classification des différents types de DO n'est pas une affaire simple. Si la plupart des linguistes aujourd'hui s'accordent pour reconnaître un DO dit "lexical" et un DO auxiliaire, l'identification d'un DO proforme se révèle moins aisée. Yaguello (1991), par exemple, voit dans ce que beaucoup de linguistes appelleraient le DO proforme, deux entités distinctes, un DO "PRO-verbe", associé à it, this, that ou so et un DO "substitut du verbe principal avec ou sans ses compléments" (1991 : 105). Adamczewski déclare, quant à lui, dans le chapitre de sa Grammaire linguistique de l'anglais consacré à DO : "[Le] premier objet [de cette section] est de démontrer que la thèse selon laquelle do remplacerait le verbe ou le groupe verbal de l'énoncé qui précède ne tient pas" (1982 : 84). Examinons à présent les arguments évoqués par ce linguiste dans la défense de cette thèse.

5L'argument principal d'Adamczewski (1982) contre l'emploi substitutif de DO consiste à démontrer que, à certains énoncés où il semble qu'on ait affaire à un DO de reprise, on pourra ajouter la base verbale appropriée, tout en maintenant le DO. Ainsi, à partir de l'exemple suivant :

(4) The girl sat silent. Rowe said: "Your sister doesn't agree." "Oh", the young man said, "she'll come round. She always does in the end."2

6Adamczewski soutient qu'"[o]n aurait pu parfaitement avoir : She always does come round in the end" (1982 : 86)3. Ainsi, dans l'énoncé (4) le DO en question serait un DO auxiliaire, ou opérateur, qui permettrait la "troncation" du groupe verbal, autrement dit l'ellipse du prédicat en question, mais qui ne le remplacerait pas.

7Plus loin, le même auteur poursuit :

8"[n]otons que les énoncés simplement repris ou itérés tels que les énoncés tronqués que nous rappellerons ici :

(5) How was it that, knowing women as he does, he did not foresee that you would have kept that letter?

(6) Rowe thought, as he often did, that you couldn't take such an odd world seriously.

9ne posent aucun problème dans notre approche puisque seule l'opération de saturation s'impose ici. La saturation est ici un préalable à l'opération de troncation qui va effectivement permettre de faire l'économie du prédicat. L'ellipse du prédicat débouche sur ces échanges en code si caractéristiques de l'anglais […]" (1982 : 93).

10Il est clair, à partir de ce passage, que l'auteur considère les cas (5) et (6) comme des cas de troncation, ou d'ellipse. Le problème est que le rajout du prédicat dans les énoncés cités débouche sur des énoncés modifiés, d'acceptabilité très douteuse :

(5a) * How was it that, knowing women as he does know women […]

(6a) * Rowe thought, as he often did think […]

11D'autres cas cités par l'auteur comme des exemples de reprise avec troncation n'admettent pas, eux non plus, le rajout du prédicat :

(7) she speaks faster than I do (1982 : 102)

(7a) * she speaks faster than I do speak

12En effet, dans des cas comme le (7), il nous semble beaucoup plus opportun de parler de remplacement ou de substitution de prédicat, plutôt que de la troncation d'un prédicat dont le rajout se révèle, nous espérons l'avoir démontré, plus que problématique4. En effet, les énoncés (5)-(7) peuvent, dans cette optique, recevoir les paraphrases suivantes:

(5b) How was it that, knowing women as he knows them […]

(6b) Rowe thought, as he often thought […]

(7b) she speaks faster than I speak

13Lapaire et Rotgé (1993) nuancent la position défendue par Adamczewski, en considérant que DO proforme existe bel et bien mais que certains énoncés, souvent décrits comme des cas de substitution, peuvent être mieux décrits comme des occurrences de DO auxiliaire. Il s'agit, notamment, des réponses brèves (Yes I do, No I don't etc.) et des "question tags". Ainsi, pour ces linguistes, DO proforme n'est peut-être pas aussi présent dans les énoncés de l'anglais qu'on aurait pu le penser, mais resterait tout de même une réalité incontournable de la grammaire de cette langue5.

14On peut donc considérer, en résumé, que l'existence d'un DO proforme ne fait pas de doute. Pour l'identifier, le linguiste dispose d'une manipulation qui consiste à rajouter à sa droite le prédicat auquel il est censé renvoyer. Si la manipulation aboutit sur un énoncé acceptable, alors on dira que DO est auxiliaire, et qu'il ne remplace pas le prédicat, mais en autorise l'ellipse. Si la manipulation produit un énoncé inacceptable, alors DO est proforme, et remplace le prédicat mentionné auparavant6.

15Etant admise la réalité linguistique de DO proforme, il nous semble intéressant d'essayer de déterminer quels sont les contextes typiques dans lesquels on peut s'attendre à trouver ce marqueur. A la suite d'une recherche dans les manuels et sur corpus, il s'avère qu'il y a deux contextes de choix où DO proforme apparaît : il s'agit des comparatifs d'égalité et de supériorité (8-11 et 12-15) et des compléments de manière en as (16-19)7. Voici, à titre d'exemple, quelques énoncés qui illustrent le phénomène :

(8) "You know as well as I do Rose didn't kill herself. Why did you go to Dr. Summersby's office and ask him about those pain-killers of Hilary's if you didn't suspect something?" (Lob)

(9) "Just where we are," he went on, "the coast is so formed that the water can't ebb as far as it does from the opposite side of the bay." (Lob)

(10) The Earl's Court Road looked as uninviting as it has always done and as it presumably always will. (cité par Adamczewski 1982)

(11) But these ameliorative measures cannot disguise the central fact that, in secondary as in further education, there is a "high-road" and a "back-door"; and the standards which apply or the resources which are set aside differ, depending upon which stream you are in, as sharply as they do in, say, our provision in old age. (Lob)

(12) — I do my best, the messenger said in a sulky tone, I'm sure Nobody walks much faster than I do ! (cité par Yaguello 1991)

(13) As I shall suggest in a later chapter there are some situations which occur less frequently than they did once, or at least do not now arise until a later period of life, but this is no reason for leaving a child in complete ignorance to the extent of even lying to it when it asks questions. (Lob)

(14) […] I found myself spiritually closer to her than I did to many a scholar. (Lob)

(15) It is well known that [dog] breeds of this type often pay better at regional open and limited shows than they do at national events […] (Lob)

(16) And Mr. Coward is still obsessed by the immensely important fact that other people do not dress exactly as he does. (Lob)

(17) These were ornamented all over with diamonds, and walked two and two, as the soldiers did. (cité par Yaguello 1991)

(18) [Toulouse-Lautrec] doesn't […] use [whores and dancers and singers and acrobats] as symbols, pegs for a moral or aesthetic attitude, as the young Picasso does […]. (Lob)

(19) her mother was constantly imploring her not to allow herself to decay, as she had done. (cité par Adamczewski 1982)

16Nous avons cité un nombre signifiant d'exemples afin que le lecteur puisse apprécier le caractère typique des contextes en jeu. On constate que le rajout après DO du prédicat remplacé est impossible dans tous les cas. Ainsi, en ce qui concerne les énoncés (8), (12) et (16), pour exemple :

(8a) * "You know as well as I do know Rose didn't kill herself. […]

(12a) * […] I'm sure Nobody walks much faster than I do walk!

(16a) * […] other people do not dress exactly as he does dress.

17De même, on pourra remplacer DO proforme par le verbe remplacé :

(8b) "You know as well as I know Rose didn't kill herself. […]

(12b) […] I'm sure Nobody walks much faster than I walk!

(16b) […] other people do not dress exactly as he dresses.

18La démonstration serait fastidieuse, mais le lecteur pourra facilement vérifier que les mêmes manipulations peuvent s'appliquer aux autres cas cités.

19Les cas cités ci-dessus sont les plus typiques, mais on trouve d'autres exemples. L'essentiel ici est que, dans les contextes pré-cités, l'identification de DO proforme ne fait pas de doute, car le rajout du prédicat est toujours impossible8, et qu'on peut, par ailleurs, remplacer DO par le prédicat qui le précède9

20Or, il semble clair que le lien entre certains types de contextes, et la présence de DO proforme n'est pas fortuit, mais motivé. Autrement dit, nous postulons que les contextes donnés par les énoncés (8)-(19) possèdent certaines propriétés qui interdisent d'interpréter les occurrences de DO qui s'y trouvent comme des DO auxiliaires. Pour décrire les propriétés de DO proforme, nous devrons expliquer cette contrainte sur l'interprétation, et, pour expliquer celle-ci, il nous faudra d'abord nous intéresser de plus près aux propriétés de DO auxiliaire.

21Les trois emplois centraux de DO auxiliaire peuvent être illustrés par les énoncés suivants :

(20) "Do you wish me to leave you, or will you let me stay a little?" (Henry James, The Portrait of a Lady)

(21) She took it all humanely. "I don't wish you to leave me, Lord Warburton; I'm very glad to see you." (Henry James, The Portrait of a Lady)

(22) Mrs. Campbell-Taylor replied that while having no preference for the age of her subject, she did find painting children particularly interesting and often a challenge. (Lob)

22Ainsi on trouve un emploi interrogatif (20), négatif (21) et "emphatique"10 (22). Le problème, bien connu en linguistique anglaise, est celui de la difficile conciliation de trois emplois a priori très différents et une valeur axiomatiquement commune du marqueur en cause. La solution retenue par de très nombreux linguistes, sous des formulations plus ou moins similaires, à la suite de Lavédrine (1978)11 ou d'Adamczewski et Delmas (1982)12, consiste à considérer que DO est "l'indice d'une mise en cause de la validation de la relation prédicative"13.

23La position que nous défendrons est légèrement différente de celle-ci, mais se rapproche d'une idée avancée par Gauthier (1976)14 selon laquelle DO est l'image du domaine de validation d'une relation prédicative15, la "mise en cause" étant indépendante de DO.

24Une telle affirmation doit évidemment être accompagnée de remarques explicatives. Tout d'abord, il nous semble acquis que la validation d'une relation prédicative peut être décrite comme une opération selon laquelle une lexis (une notion complexe, ou contenu propositionnel, en termes plus traditionnels) est repérée par rapport à une situation, cet état de choses étant ensuite pris en charge par un locuteur. La "validation" souvent évoquée apparaît donc comme une opération complexe impliquant un locuteur qui choisit entre "p est le cas" (que nous appellerons p, par commodité) et "p n'est pas le cas" (non p). Ceci nous donne le domaine de validation p>16. Le choix entre l'intérieur du domaine, p, et l'extérieur, non p, s'effectue à partir d'une position décrochée, hors p, non p, à partir de laquelle p et non p sont accessibles17. Schématiquement, on peut représenter le domaine de la façon suivante :

fig1Ranger

25Lorsqu'un locuteur valide une relation prédicative, il peut, bien sûr, la valider sans plus, c'est-à-dire sans que soit posée la question de l'opposition entre p et d'autres possibles. C'est ce que nous avons dans le cas d'une assertion simple, sans do. En revanche, DO apparaît dès que l'énonciateur a besoin de se représenter le jeu entre p, son complémentaitre non p, et la position décrochée hors p, non p18.

26Si on applique ce modèle à nos exemples (20)-(22), dans le (22) :

(20) "Do you wish me to leave you, or will you let me stay a little?" (Henry James, The Portrait of a Lady)

27DO auxiliaire permet une représentation du domaine p, non p>, tandis que l'inversion entre cet opérateur et le sujet nous renvoie à une position d'où p et non p sont tous les deux accessibles. On obtient ainsi une position décrochée avec un choix binaire entre p et non p, tel qu'on le retrouve dans la représentation des verbes modaux19, avec le choix définitif entre p et non p renvoyé au coénonciateur.

28Dans le (21) :

(21) She took it all humanely. "I don't wish you to leave me, Lord Warburton; I'm very glad to see you." (Henry James, The Portrait of a Lady)

29DO auxiliaire permet à nouveau une représentation du domaine p, non p>, soit I wish you to leave me opposé à I not wish you to leave me, alors que not signale qu'il n'y a aucune occurrence de p qui puisse être prise en charge par S1, de sorte qu'on passe de l'intérieur p à l'extérieur non p.

30Finalement, prenons le (22) :

(22) Mrs. Campbell-Taylor replied that while having no preference for the age of her subject, she did find painting children particularly interesting and often a challenge. (Lob)

31Ici DO auxiliaire nous renvoie encore à une représentation du domaine de validation, mais nous fait passer, contrairement au cas précédent, de non p à p. Il est facile, dans le cas cité, de reconstruire non p à partir de [she had] no preference for the age of her subject. En effet, une telle affirmation pourrait laisser croire que she did not find painting children particularly interesting […], soit non p.

32Dans les trois cas cités, donc, nous avons affaire à une opération sur le domaine de la validation d'une relation prédicative, ce qui nous oblige à faire appel au représentant du domaine, DO. Dans l'interrogation, par le biais de la position décrochée, on renvoie simultanément à p et à non p, dans la négation, on a un passage de frontière, de p en non p, et, dans le cas de l'énoncé dit emphatique, on a un passage de frontière de non p en p20. Il est important de remarquer qu'en aucun cas ces opérations de "mise en cause" ne sont effectuées par DO : ce marqueur, en tant qu'image du domaine de validation, ne fait que nous fournir la trame sur laquelle l'opération va porter. Quant à l'opération elle-même, elle est effectuée, pour l'interrogation, par le biais de l'inversion (et de l'intonation, le cas échéant), pour la négation, par la marque not, et, pour ce qui est de l’énoncé dit emphatique, par l'accent contrastif porté par DO21. On peut représenter cette situation sur le schéma déjà donné de la manière suivante :

fig2Ranger

33Une remarque s'impose à cette étape dans notre démonstration : si, comme nous l'avons dit, DO fournit une représentation de tout un domaine, on ne voit pas, a priori, pourquoi ce marqueur serait, dans les énoncés emphatiques, le marqueur privilégié de p. La réponse est donnée, à divers endroits, par Culioli, qui montre que l'on représente souvent un domaine notionnel p, non p> par le terme "positif" de l'opposition. Ainsi, le terme man renvoie-t-il en même temps à man, par opposition à woman, mais aussi à man par opposition à not human et, dans ce cas-ci, man comprend woman aussi. Ou encore old, dans How old are you? ne représente ni l'octogénaire, ni le nouveau né, mais nous fournit une représentation de tout un domaine, old et not old compris. Au niveau des lexis, ou des notions complexes, pour citer Culioli, "[d]ans "est-ce qu'il est venu ?", "qu'il est venu" n'est ni positif ni négatif en soi, il a une forme positive […]" (1985 : 77)22. Que DO puisse nous permettre de construire une représentation de p, non p>, mais aussi de p n'est donc pas aussi surprenant que cela pourrait le paraître.

34Un avantage de ce type de caractérisation de DO auxiliaire, nous semble-t-il, est qu'elle permet de rendre compte de certains emplois qui se laissent mal classer en interrogatif, négatif ou "emphatique". Il en est ainsi des cas comme (23)-(25) :

(23) It would seem, therefore, that Chamberlain did not trust Hitler; if he did he would have been most unlikely to request the establishment of those stations. (Lob)

(24) Whether Debagate does become a serious political issue for Reagan depends largely on facts yet to emerge. (Time) (cité par Souesme 1992 : 24)

(25) “He tried to kill me tonight. Did you know that? And earlier he tried to scare me into dropping the case. Was that because he had begun to suspect the truth?” § “If he did try to kill you, he exceeded his instructions. I merely asked him to keep an eye on you.” (P.D. James) (cité par Delmas et al 1992 : 103)

35Ici, il serait, bien entendu, gênant de parler d'emploi emphatique, dans la mesure où des marqueurs de mise à distance de l'assertion (if, whether) nous interdisent de voir dans ces exemples le type de ré-affirmation polémique qu'on qualifie habituellement d'"emphase". Et cependant, il semble toujours y être clairement question de l'opposition p, non p>. Ainsi, dans le (25), par exemple, l'hypothèse construite à l'aide de if porte sur p, he try to kill you, opposé à non p, he not try to kill you. Si l'on avait eu if he tried to kill you, on pourrait dire que l'hypothèse porterait davantage sur he try to kill you par opposition à he try to poison you, warn you, frighten you etc.23

36D'autres énoncés encore peuvent acquérir une valeur quasi-exclamative, sans pour autant qu'on puisse vraiment les qualifier d'"emphatiques". Il s'agit de cas comme :

(26) "My word, Laura; you do look stunning." said Laurie. "What an absolutely topping hat!" (K. Mansfield, The Garden Party)

(27) I do hope you're feeling better.

37De tels énoncés peuvent être proférés sans qu'il y soit question de nier un non p caché dans le contexte. Mais c'est justement cette absence de frayage textuel qui permet, nous semble-t-il, de dégager une valeur emphatique selon un schéma circulaire de repérage décrit dans Culioli (1999 : 114 sq). En effet, on est en présence de ce que nous savons être une première occurrence de p mais qui est marquée intonativement comme une deuxième occurrence, qui porterait sur un domaine construit par ailleurs. A défaut d'une première occurrence en amont, on génère une schéma d'identification circulaire qui n'est pas sans rappeler le français bien, où l'on pourra trouver, par exemple, il est bien venu, au sens de mais si, il est [bel et] bien venu (p s'oppose à non p) mais aussi il est bien bête ! (où p est auto-repéré, avec un renvoi au haut degré) selon le cas24.

38Nous espérons avoir montré, ne serait-ce que sommairement, que l'on peut décrire DO auxiliaire, dans les trois emplois que nous avons considérés, comme l'image du domaine de validation d'une relation prédicative. Nous serons amené à étudier d'autres cas de figure dans notre section 2.3. Une dernière remarque concerne la nature de l'opération de validation qui est, on le comprendra facilement, une opération qui porte sur du quantitatif, en ce qu'elle implique qu'un énonciateur pose l'existence (linguistique) d'une relation prédicative. Autrement dit, par la validation d'une relation prédicative, on passe de rien à quelque chose, et, en cela, le domaine de validation auquel renvoie notre DO auxiliaire est un domaine quantitatif.

39Si la validation d'une relation prédicative entraîne un choix binaire d'ordre quantitatif entre p et non p, ce n'est pas la seule opération impliquée. L'énonciateur qui affirme quelque chose doit choisir entre l'existence et la non existence d'un état de choses, mais, avant de faire cela, il doit avoir sélectionné le prédicat en question. Pour fixer les idées, lorsque je prononce l'énoncé At that moment, a dog barked, je pose l'existence de la relation prédicative p, a dog bark, pour une situation repère donnée, et, ce faisant, j'écarte non p, a dog not bark, pour cette même situation. Mais en même temps, en disant a dog barked je choisis /bark/ par opposition à /whine/, /yelp/, /cry/, /howl/, /yap/ etc. Ceci est une opération d'ordre qualitatif, logiquement antérieure à l'opération quantitative qui consiste à construire l'existence d'une occurrence, de la même façon que l'absence d'article devant le nom représente un degré moindre de détermination que l'article indéfini. Nous allons suggérer, dans les lignes qui suivent, que DO proforme permet de reprendre une notion de prédicat déjà énoncée ; on pourra le caractériser comme l'image du domaine notionnel du prédicat, ce domaine étant compris comme le domaine où p s'oppose, qualitativement, à autre-que-p25.

40Revenons maintenant aux énoncés présentés ci-dessus où nous avons identifié une occurrence de DO proforme par l'impossibilité d'ajouter un prédicat à la suite de DO.

(8) "You know as well as I do Rose didn't kill herself.

(12) — I do my best, the messenger said in a sulky tone, I'm sure Nobody walks much faster than I do ! (cité par Yaguello 1991)

(16) And Mr. Coward is still obsessed by the immensely important fact that other people do not dress exactly as he does. (Lob)

(8a) * "You know as well as I do know Rose didn't kill herself. […]

(12a) * […] I'm sure Nobody walks much faster than I do walk!

(16a) * […] other people do not dress exactly as he does dress.

41Le problème qui se pose au linguiste qui souhaite décrire avec précision DO proforme est celui de savoir pourquoi les énoncés (8a), (12a) et (16a) sont inacceptables, et, corollairement, quelles sont les conditions présentes dans les énoncés (8), (12) et (16) qui engendrent cette impossibilité. Dans les énoncés (8), (12) et (16), la relation prédicative qui comporte DO proforme joue un rôle particulier : elle recèle un élément repère, par rapport auquel on situe, respectivement, un certain degré de connaissance, une certaine vitesse de marche, et une certaine façon de se vêtir. On pourrait représenter les rapports de repérage dans (8), (12) et (16) de la façon suivante :

Principale

Repéré / Repère

Subordonnée1

You know…

degré de /know/

I do

Nobody walks…

degré de /fast/

I do

Other people do not dress…

manière de /dress/

Mr Coward does

42L'impossibilité des énoncés (8a), (12a) et (16a) s'explique facilement : l'ajout du prédicat après DO implique, sur un plan syntaxique, qu'on interprète DO comme un auxiliaire et donc qu'on considère qu'on a affaire au DO accentué qu'on trouve dans les réaffirmations de type polémique. Le rôle de la subordonnée dans les énoncés en question, cependant, est de fournir un repère de degré ou de manière pour mieux déterminer la relation prédicative de la principale. Or, pour qu'un élément puisse fonctionner comme un repère, il doit, axiomatiquement, posséder une certaine stabilité. On comprend donc l'impossibilité de débattre de la validation de p dans la subordonnée (renvoi au domaine de validation p, non p> au moyen de DO auxiliaire), tout en utilisant p pour fournir un repère pour la principale26.

43Les occurrences de DO dans les énoncés repères ne renvoient en aucun cas au domaine de validation de la relation prédicative, puisque l'existence des notions en jeu est déjà acquise. DO proforme renvoie au domaine du prédicat, c'est-à-dire, à know, walk et dress, respectivement. Il effectue une reprise d'ordre uniquement qualitatif. En d'autres termes, il renvoie au prédicat qui précède par opposition à d'autres prédicats qu'on aurait pu trouver à la place. On comparera à cet égard : You don't type as fast as he does (does reprend type, p, par opposition à autre-que-p) et You don't type as fast as he talks (talks doit être mentionné explicitement, puisqu'il y a changement de prédicat : on est passé de p à autre-que-p).

44D'autres arguments militent pour le rôle de reprise qualitative que nous attribuons à DO proforme. Il serait étonnant, par exemple, de trouver un énoncé avec DO proforme plus négation27 :

(9a) * […] the coast is so formed that the water can't ebb as far as it does not from the opposite side of the bay. (Lob)

45Contrairement à DO auxiliaire, DO proforme possède une morphologie verbale complète et, en particulier, existe à la base verbale, forme par essence qualitative :

(9b) […] the coast is so formed that the water can't ebb as far as it can do from the opposite side of the bay.

46DO proforme n'est pas exclusivement limité aux emplois comparatifs ou compléments de manière. Le cas ci-dessous présente un DO proforme qui, bien que n'étant pas dans l'un des contextes pré-cités, met bien en évidence le rôle qualitatif dont nous avons fait état. En effet, c'est au modal MAY de déterminer quantitativement la relation prédicative, alors que DO renvoie, qualitativement, au prédicat p, attend the meeting.

(28) A : Will you be attending the meeting this evening ?
B : I may do. (cité par Quirk et Greenbaum 1973)28

47Dans l'énoncé suivant, déjà cité, on notera le caractère préacquis du repère causal because Madame Merle did, clairement établi dans l'avant-contexte, qui nous incite à interpréter DO comme une proforme.

(29) Madame Merle waited for Osmond to release their young friend from her tete-a-tete, and the Countess waited because Madame Merle did. (Henry James, The Portrait of a Lady)

48Passons maintenant à la question de l'anaphorisation opérée par DO proforme et par DO auxiliaire.

49Dans le cas de DO proforme, nous espérons avoir démontré que ce marqueur nous renvoie au domaine notionnel d'un prédicat déjà mentionné, domaine notionnel où ce qu'on pourrait appeler le choix lexical, p, s'oppose à autre-que-p. Il s'agit, nous l'avons vu, d'une reprise qualitative, car DO reprend la notion prédicative, sans s'occuper de sa détermination.

50Pour l'instant, nous nous sommes limité à considérer les cas où DO auxiliaire était associé à un prédicat, mais DO auxiliaire peut aussi se trouver seul, et opérer ainsi une sorte d'anaphorisation. Ainsi, si l'on prend l'énoncé suivant :

(30) A : Do you like baked beans ?
B : Yes I do. / No I don't.

51DO auxiliaire, dans la mesure où il renvoie au domaine de validation qui oppose you like baked beans à you not like baked beans, implique que l'on sache de quel prédicat on parle, et semble donc y renvoyer. En effet, discuter de l'existence d'une relation prédicative (p opposé à non p) implique qu'on ait déjà sélectionné le prédicat en cause (p opposé à autre-que-p) et peut rendre par là même sa mention inutile.

52On peut cependant se demander si DO auxiliaire opère une reprise, ou si on a au contraire affaire à ce qu'Adamczewski appelle une "troncation". On se souviendra de l'argument avancé par Adamczewski pour critiquer l'idée répandue selon laquelle DO effectuerait une reprise dans certains types d'énoncé. Ainsi, pour rappel, ce linguiste soutient qu'au lieu de

(4) […] she'll come round. She always does in the end

53on aurait aussi bien pu trouver :

(4a) […] she'll come round. She always does come round in the end

54Se pose, cependant, la question de savoir dans quelle mesure les énoncés (4) et (4a) peuvent effectivement être considérés comme équivalents. Rivara, dans une critique de l'analyse d'Adamczewski29, remarque, à propos de l'énoncé John didn't ring up, but Peter did, que "[c]e do n'est naturellement pas emphatique, de sorte que, dans l'exemple ci-dessus, "Peter did" n'est nullement l'équivalent de "Peter did ring up" qui, lui, ne peut être qu'emphatique, did portant un accent emphatique, c'est-à-dire une "grande chute" (high fall)" (Rivara 1976 : 43).

55Il semble en effet que Peter did n'est pas l'équivalent de Peter did ring up, dans l'exemple cité par Rivara, et, partant, que (4a) She always does come round in the end ne peut être considéré comme le strict équivalent de (4) She always does in the end. Comment expliquer ceci ? Si on admet qu'il existe une différence entre l'énoncé en DO seul et l'énoncé en DO plus le prédicat élidé, comment doit-on décrire cette différence ? Reprenons notre exemple construit :

(30) A : Do you like baked beans ?
B : Yes I do. / No I don't.

56La réponse Yes I do valide la relation prédicative  I like baked beans, sans plus. Si on oppose à cette réponse Yes I 'do like baked beans, avec, obligatoirement, un accent fort sur DO, on semble avoir une réponse qui valide la relation prédicative I like baked beans, en excluant vigoureusement la possibilité du contraire. Quant à la réponse No I don't, à nouveau, on pourrait dire que l'énonciateur refuse de reconnaître l'existence d'une occurrence de I like baked beans, sans plus, alors que la réponse No I 'don't like baked beans (encore avec un accent fort sur l'auxiliaire) semble être une dénégation virulente face à un coénonciateur qui soutiendrait le contraire.

57Dans notre étude de DO auxiliaire, nous avons dit que DO accompagné de la négation renvoyait au passage de p à non p, alors que DO seul renvoyait au passage de non p à p. Nous allons maintenant nuancer quelque peu cette position à la lumière des remarques ci-dessus. En effet, il nous semble que dans le cas des réponses brèves, nous avons, très souvent, un DO auxiliaire qui permet de nous situer en p ou en non p, sans qu'il y ait forcément d'opposition polémique. Or, ce type d'opération peut se représenter, nous semble-t-il, comme le passage d'une position décrochée, hors p, non p, vers l'intérieur p ou l'extérieur non p du domaine en question. On obtient, pour l'ensemble des emplois de DO auxiliaire, une situation qu'on pourrait représenter par le schéma ci-dessous :

fig3Ranger

58Sur ce schéma, "do 1" et "do nég 1" représentent les emplois "polémiques" de DO auxiliaire, "do 2" et "do nég 2", représentent les emplois "sans plus" de DO auxiliaire, alors que "do int" nous renvoie à une position décrochée d'où sont accessibles l'intérieur et l'extérieur du domaine, position qu'on trouve dans le cas de l'interrogation30.

59Parmi les autres exemples de DO auxiliaire qui ne permettent pas nécessairement le rajout du prédicat, on mentionnera certains emplois de so en tête de proposition, avec ou sans inversion (31), ou certaines coordinations en and then, avec changement du sujet  (32), l'emploi de DO dans certaines complétives régies par un verbe de discours (33), ou encore les question-tags (34).

(31) Lewis punched Alice on the nose and so did Alex. (adapté de Yaguello 1991)31

(32) Lewis punched Alice on the nose and then Alex did. (cité par Yaguello 1991)

(33) I wish I had our Dinah here, I know I do. (cité par Yaguello 1991)

(34) You like spinach, don't you?

60Dans tous ces énoncés, le rajout du prédicat est impossible, ou très étrange :

(31a) *Lewis punched Alice on the nose and so did Alex punch Alice on the nose.

(32a) *Lewis punched Alice on the nose and then Alex did punch Alice on the nose.32

(33a) *I wish I had our Dinah here, I know I do wish I had our Dinah here.

(34a) *You like spinach, don't you like spinach?

61Les énoncés (31)-(33), s'il ne sont pas polémiques, comportent des occurrences de DO auxiliaire qui nous renvoient tout de même au domaine de validation de la relation prédicative en cause, et peuvent, nous semble-t-il, être décrites comme des occurrences marquant le passage de hors p, non p vers p.

62Quant au question-tag de (34), nous pensons qu'on pourra représenter cette catégorie particulière d'énoncé comme un passage de p ou non p vers une position décrochée hors p, non p. Ainsi, dans le (34), on énonce, dans un premier temps, p, pour ensuite remettre en cause la valeur complémentaire, non p (non p hors p, non p), ce qui contribue à orienter le co-énonciateur vers la valeur p donnée au départ33.

63Voici un dernier exemple, remarquable, qui semble s'inscrire en faux contre certains arguments que nous avons avancés jusqu'ici :

(35) Though I can only do so as a layman, it is going to be necessary to look at some of the scientific findings. But we can easily be dazzled by science into imagining that we know more about our bodies than we do know in direct experience. (Lob)

64Ici, en effet, malgré le contexte typique requis pour une occurrence de DO proforme, nous avons un DO qui, syntaxiquement, s'identifie comme un auxiliaire grâce au prédicat qui le suit. L'énoncé représente un écart par rapport à la norme, à notre avis, mais l'emploi de DO auxiliaire peut toutefois se justifier ici par l'opposition faite entre imagine we know et know in direct experience. En effet, d’une part, l’énonciateur se sert du repère (what) we know in direct experience afin de situer un certain degré de connaissance (what) we imagine we know, mais, d’autre part, il souhaite opposer la connaissance "imaginée" et la connaissance empirique, soit non p et p, respectivement, et se sert de DO auxiliaire pour marquer explicitement ce passage. De cette façon, assez curieuse, nous l'admettons volontiers, l'énonciateur situe un degré de connaissance en non p par rapport à un degré de connaissance en p !

65Récapitulons brièvement le raisonnement que nous avons suivi dans cette section.

66Tout d'abord, nous avons proposé de considérer DO auxiliaire comme l'image du domaine notionnel de la validation ("p est le cas" opposé à "p n'est pas le cas"). Nous nous sommes penché, dans un premier temps, sur les énoncés interrogatifs, négatifs et emphatiques avec DO auxiliaire sans effacement de prédicat, et avons appliqué notre modèle à ces trois cas de figure. Cette caractérisation nous a aidé à comprendre l'impossibilité du rajout du prédicat dans les cas figurant un DO proforme. En effet, le DO proforme effectue une reprise de type qualitatif, renvoyant au domaine notionnel du prédicat, soit au choix d'un prédicat plutôt qu'un autre. D'autres cas nous ont enfin permis d'affiner notre modèle, et de considérer certains emplois de DO auxiliaire qui, tout en n'admettant pas facilement le rajout du prédicat, ne pouvaient pas être décrits comme des occurrences de DO proforme.

67L'étude de l'emploi du DO dit lexical est fort complexe, et nous n'avons pas ici l'intention d'approfondir beaucoup la question. Notre intention dans cette section est simplement de montrer la parenté, sinon le lien opérationnel très étroit, entre les deux emplois de DO déjà commentés, et celui de DO lexical. En effet, si on considère que DO auxiliaire nous renvoie à l'aspect quantitatif de la prédication (l'existence, ou le repérage par rapport à une situation), et que DO proforme nous renvoie à l'aspect qualitatif de la prédication (le choix lexical d'un prédicat par opposition à d'autres), on peut aussi considérer que DO lexical nous renvoie simultanément aux deux aspects.

68Prenons un énoncé construit pour illustrer l'emploi dit lexical de DO, et pour fixer les idées :

(36) I've done a cake.

69Dans le (36), DO va permettre d'exploiter, dans la notion /cake/, un certain potentiel de renvoi à un mode opératoire, à une activité etc., et, corollairement, DO va permettre à ce potentiel de pouvoir se situer par rapport à une situation repère. En d'autres termes, l'emploi de DO devant a cake va, d'une part, nous obliger à construire pour /cake/ des propriétés qualitatives associées aux procès (en gros, la notion de mise en œuvre, d'activité, ou plus généralement d'effection), et, d'autre part, nous permettre d'attribuer à cette nouvelle entité linguistique une inscription spatio-temporelle (autrement dit, de la quantifier, de valider son existence pour une situation donnée)34. Se trouvent ainsi, dans la description de DO lexical que nous proposons, les éléments que nous avons déjà rencontrés dans notre étude de DO proforme et de DO auxiliaire.

70Il est clair que le sens à attribuer à DO dans un contexte donné dépendra du complément C1, mais aussi du sujet C0 et de la situation d'énonciation, de sorte que do a house peut renvoyer au ménage, à la construction, au cambriolage etc. d'une maison35. On pourra appliquer le même genre d'analyse aux énoncés (37)-(39) :

(37) He did the Louvre. (Girard 1992)

(38) Can you do the fire ? (Girard 1992)

(39) He […] did a table and stools called Mickey Mouse and designed a disco outside Beirut (cité dans Souesme 1989)

71L'avantage de cette représentation, est, bien sûr, qu'elle permet de retrouver une certaine unité à travers les trois emplois de DO. En effet, on peut considérer que DO lexical nous renvoie aux aspects qualitatifs et quantitatifs de la prédication, alors que DO proforme nous renvoie au qualitatif (le choix du prédicat), et DO auxiliaire au quantitatif (la validation). Les emplois "grammaticalisés" de DO peuvent être considérés, de la sorte, comme autant de modes d'exploitation d'un schéma au départ unique.

72On peut esquisser un argument diachronique qui va dans le même sens que notre analyse. En effet, on peut considérer le développement du DO auxiliaire comme une conséquence de l'utilisation du DO lexical dans des conditions de diglossie. La période moyen-anglaise est, on le sait, la période qui a vu l'essor des auxiliaires de l'anglais. Cet essor peut éventuellement s'expliquer par la situation de diglossie que connaissait le pays. En effet, si on s'en tient au seul DO périphrastique, employé historiquement dans les énoncés affirmatifs, il est aisé de voir que son emploi simplifie considérablement le problème des conjugaisons verbales, puisque, pour produire un énoncé affirmatif, il suffit de connaître la conjugaison de DO, et la base verbale du procès concerné. Il est possible de considérer que l'anglais soit passé d'une première situation : , à une deuxième situation : . On se trouve, à l'époque élisabéthaine, avec deux formes concurrentielles : l'affirmation simple, et l'affirmation avec le DO dit "périphrastique". S'instaure ensuite, selon un processus bien connu36, une différenciation d'ordre énonciatif, selon laquelle l'affirmation avec DO nous renvoie spécifiquement aux problèmes de validation.

73Après cette caractérisation des DO auxiliaire, proforme et lexical, le lecteur pourrait nous reprocher notre apparent oubli d'un cas de figure particulièrement rebelle au classement, les "proformes complexes" DO IT, DO THIS, DO THAT, DO SO. Faute de place, nous n'approfondirons pas ici cette question, mais nous considérons que les "proformes complexes" en question peuvent être analysées tout aussi bien comme des occurrences de DO lexical suivi d'un marqueur anaphorique. Lapaire et Rotgé (1993 : 144) fournissent les exemples suivants, avec commentaires :

(40) He says he is going to show her your letters. Do you think him capable of doing this? (= showing her your letters)

(41) "Perhaps we'd better cancel that dinner."
"No don't do that." (= cancel that dinner)

(42) He had urged Henry to talk to a psychotherapist in town. And for an hour each Saturday morning, he had done it. (= gone into town and talked to a psychotherapist)

(43) I shall make my will when I'm ready to do so. (= make my will)

74Il est certain que, si on souhaite remplacer ces formes par un antécédent, on doit remplacer l'ensemble DO + anaphore, et pas seulement l'anaphore this, that, it ou so. Ainsi, on ne saurait dire, *Do you think him capable of doing showing her your letters, bien entendu. Il existe, cependant, une autre façon de considérer ces énoncés. On peut estimer qu'il s'agit d'occurrences de DO lexical, suivies de marqueurs qui renvoient à une notion déterminée ailleurs que dans l'énoncé présent, et qui servent à situer celle-ci par rapport à la situation d'énonciation. Le fait qu'on ne puisse pas remplacer les anaphores par leurs antécédents n'est pas gênant. Il est de très nombreux cas où la référence de l'anaphore ne pose aucun problème pratique pour la compréhension, mais où sa récupération textuelle est impossible, à commencer par it's raining, that's disgusting (face à un geste) etc. Si on admet cette analyse, alors les marqueurs this, that, it et so fonctionnent comme ils le font dans d'autres contextes et on n'est pas obligé d'en faire un cas à part37.

75Dans l'intitulé de ce travail il est fait référence à "un schéma" et "trois fonctions" pour DO. En effet, il nous semble qu'à travers les divers emplois de ce marqueur, il existe une parenté opérationnelle qu'on ne peut ignorer. Cette parenté nous semble toujours sensible, quels qu'aient été les changements survenus dans la langue anglaise depuis l'époque où a commencé la "grammaticalisation" de DO.

76Un DO lexical nous présente ce que nous avons appelé l'image quantitative et qualitative de la prédication. En d'autres mots, il nous permet de représenter une sorte de minimum prédicationnel, ce que la sémantique générative aurait sans doute appelé verbiness, et ainsi de construire une représentation prédicationnelle pour des items lexicaux qui n'avaient pas nécessairement cette vocation. Il semble préférable de parler ici d'"image" plutôt que d'"anaphore", dans la mesure où DO renvoie à une représentation métalinguistique, et non pas à un terme ou référent localisables dans l'avant-contexte.

77Par notre métaphore de "minimum prédicationnel", nous voulons nous référer à deux aspects essentiels de l'opération de prédication : le choix d'un prédicat (ce qui implique une notion dotée de certaines propriétés spécifiques), et la possibilité d'une inscription spatio-temporelle. Ces deux aspects se retrouvent dans les emplois proforme et auxiliaire de DO. En effet, nous espérons avoir montré que là où DO proforme renvoie aux aspects qualitatifs d'un prédicat déjà mentionné, DO auxiliaire renvoie aux aspects quantitatifs, c’est-à-dire, à la validation. A nouveau, il semble plus juste de parler d'"image", puisque ces deux manifestations de DO nous renvoient d'abord à une représentation métalinguistique.

78DO proforme est aussi anaphorique en ce qu'il faut, pour récupérer le prédicat auquel ce marqueur renvoie, remonter à une mention précédente. DO auxiliaire peut être anaphorique dans la mesure où il est parfois possible de ne pas nommer un prédicat sous-entendu. Cette possibilité ne concerne pas tous les contexes où DO auxiliaire est employé,, mais essentiellement les reprises courtes et les question-tags.

79Le but de ce travail était ambitieux, et, faute de place, nous n'avons pas pu approfondir suffisamment certains concepts, certaines affirmations, sur lesquels nous aimerions revenir ultérieurement. Toujours est-il qu'un système de représentation métalinguistique tel que celui que nous avons proposé nous paraît être, à l'heure actuelle, le moyen le plus adéquat pour rendre compte d'un marqueur comme DO. Sinon, comment espérer reconstruire, au-delà de la diversité des réalisations, notre intuition première d'un schéma de fonctionnement commun ?

Notes de bas de page numériques

1 Je remercie mon épouse, Isabelle Kaderzabeck Ranger, mon collègue et ami, Renaud Méry, de l’Université de Provence, et Bénédicte Guillaume, de l’Université de Toulon, pour leurs précieuses relectures, remarques et suggestions. Je remercie également les participants au colloque sur l'anaphore, en particulier Claude Delmas, André Gauthier et Ronald Flintham, pour leurs remarques et commentaires lors de la présentation de cette étude.
2 La numérotation des exemples, ici et ailleurs, est la nôtre.
3 Nous ne discuterons pas, à cette étape dans l'article, de la question de savoir dans quelle mesure les énoncés (celui d'origine, et l'énoncé modifié) peuvent être considérés comme effectivement équivalents.
4 Curieusement, à la fin du chapitre consacré à DO, Adamczewski parle d'une "pro-forme do", qui "ne reprend que le prédicat" (1982 : 105), mentionnant en exemple The old women gossiped as they had always done. On remarquera la parenté syntaxique frappante entre cet énoncé (avec un DO appelé "pro-forme") et les énoncés (5) et (6), décrits auparavant comme des cas de troncation après auxiliaire.
5 Notons que la position de Lapaire et Rotgé (1993) est sensiblement différente de celle de Lapaire et Rotgé (1991), qui reste beaucoup plus proche des thèses exprimées dans Adamczewski (1982).
6 Nous laissons volontairement de côté le problème de savoir ce que reprend, exactement, DO proforme. On sait qu'il peut reprendre le prédicat, ou seulement une partie du prédicat, selon les cas.
7 On peut, éventuellement, décider de ramener ces cas à des occurrences de DO lexical, déterminé par un complément de quantification / qualification, comparable à l'emploi qu'on trouve dans DO SO, mais nous ne souhaitons pas explorer cette possibilité d'analyse, qui est d'une certaine complexité, ici.
8 Nous verrons plus loin qu'il existe d'autres énoncés, et notamment des cas de DO auxiliaire, où le rajout du prédicat est également très problématique, mais pas pour les mêmes raisons qu'ici.
9 Le (18) pose problème, à cause de la longueur du prédicat repris, mais on peut proposer le remplacement que voici, avec l'ajout du marqueur anaphorique approprié : […] as the young Picasso uses them.
10 Les guillemets nous rappellent que l'emphase est un phénomène intonatif.
11 "Médiateur de prédication et par cela même focalisateur, opérateur de validité et indice du débat de validité de la prédication, tels sont donc à notre avis les fonctions de DO, ou les fonctions auxquelles DO participe." (Lavédrine 1978 : 124).
12 "[…] do est l'indice de surface d'opérations qui portent sur la prédication, plus exactement sur le lien prédicationnel. Que les opérations d'emphase, d'interrogation et de négation concernent au premier chef le lien prédicationnel (“ la soudure ”) entre sujet et prédicat devrait être accepté sans difficulté à ce stade, puisque l'emphase porte forcément sur la réalité du lien, que l'interrogation le met en question et que la négation le nie." (1982 : 84).
13 C'est ainsi que Miller (2000) formule la caractérisation de DO communément retenue.
14 Ce linguiste commente l'exemple suivant : "'If Ford doesn't mess up, which he can do, he should get the thing,' conceded one pro-Reagan Republican" (Newsweek, June 7, 1976, page 34) avec […] l'opérateur [DO], c'est-à-dire l'image de la prédication Ford * MESS UP / NOT MESS UP." (1976 : 390). Notons que l'emploi que Gauthier fait du terme "prédication" ici correspond à notre "validation".
15 Cf. par exemple, Culioli (1985, 1991 : 91-126, 1999 : 83-93), ou Deschamps (1999), pour ce type de représentation.
16 L'opération de validation pourrait, nous semble-t-il, être représentée : << Sit2> S1>. Soit : une lexis est, ou n'est pas repérée  par rapport à une situation repère Sit2 pour un locuteur S1.
17 Dans le cadre de cette étude, nous traiterons le domaine de validation comme un domaine grossier, c'est-à-dire sans frontière. Nous espérons revenir dans un prochain travail sur l'éventuel rôle de la frontière dans la validation.
18 Nous devons préciser que DO n'est pas le seul auxiliaire qui permet de représenter le domaine de la validation : c'est le cas pour BE, HAVE et pour les auxiliaires modaux aussi, qui construisent une représentation de <p, non p> avec une opération supplémentaire portant sur ce domaine. Notons par ailleurs que cette caractérisation de DO trouve un écho chez Joly et O'Kelly, pour qui DO auxiliaire est "opérateur de virtualisation" (1990 : 247).
19 Cf. Deschamps op. cit. sur les modaux anglais.
20 Nous serons amené, dans notre partie 2.3, à complexifier ces trois cas de figure.
21 On peut considérer que l'intonation joue ici un rôle d'identification entre une première et une deuxième occurrence de p, écartant, de la sorte, toute possibilité de non p.
22 Cf. aussi Culioli (1985 : 51, 1999 : 29). Le problème est, dans un autre cadre théorique, celui de la marque (markedness), bien entendu.
23 Voir les commentaires de Girard à propos de cet énoncé (Delmas et al 1992 : 103-105).
24 Cf. Culioli (1991 : 157-168) "Autres commentaires sur bien".
25 A nouveau, des idées tout à fait similaires ont été avancées par Gauthier (1976) : "Tout verbe […] a un double statut : à la fois opérateur de mise en relation et porteur de référence. C'est dans cette problématique qu'on peut s'interroger sur la valeur de DO en anglais. […]" Pour cet auteur DO auxiliaire est "l'image de la prédication" et DO proforme "l'image du prédicat". "DO […] représente le lieu des repérages successifs qui ont rendu possible la mise en relation d'un Sujet avec un Prédicat" (390). A l'exception près de l'emploi fait du terme "référence" nous adhérons pleinement à cette analyse.
26 Mutatis mutandis, une contrainte similaire pèse sur l'emploi de WILL dans les circonstancielles de temps en anglais. En effet, * I will phone him when I will get back est impossible tout simplement parce que I will get back ne possède pas la stabilité requise pour qu'il puisse servir de repère temporel à I will phone him.
27 Le cas n'est pas complètement exclu, mais se démarque comme une sorte d'écart à la norme. Voici un cas, comportant CAN au lieu de DO, soumis aux candidats pour le CAPES il y a quelques années : Mexico is still not a very centralized state, and it is possible to get round governors as you can’t get round cabinet ministers or judges. ("Across the Bridge", Graham Greene.)
28 Je remercie Renaud Méry, qui a attiré mon attention sur les exemples de ce type, et leur rapport avec le modèle proposé.
29 En fait, les critiques de Rivara ne portent pas sur Adamczewski (1982), mais un travail antérieur où étaient exposées des analyses tout à fait similaires.
30 Nous ne nous occuperons pas de la question de la construction de l'interrogation, qui peut se faire de but en blanc, ou, encore, être représentée comme le passage de p ou de non p vers hors p, non p (le cas des tags, par exemple). Notons par ailleurs que ce schéma peut être mis en rapport, partiellement, avec la description que donne Souesme (1992) de DO auxiliaire.
31 Cf. Méry (1998) pour l'inversion sujet / marque du temps avec SO.
32 Inacceptable sauf dans le cas où, après de longues hésitations, l'exemple (!) de Lewis pousse Alex à l'action, et là, nous serions clairement dans le cas d'un passage de non p en p.
33 Ce type de représentation, à laquelle nous espérons revenir dans un travail ultérieur, peut également expliquer les valeurs d'étonnement, d'ironie etc. dans les question-tags sans changement de polarité.
34 Ces idées sont très proches de celles exprimées dans Souesme (1989). Pour citer cet auteur : "do introduit la référence à toute la classe des procès nécessaires à la réalisation d'un objectif […] ce sera l'élément suivant do qui servira de repère et délimitera la classe des procès envisagés" (1989 : 102-103). On notera que l'opération en question ne valide pas nécessairement p, mais construit une possibilité de validation. On pourrait, à la suite de Culioli (1990 : 181-182), parler de quantifiabilisation ici, nous semble-t-il.
35 Cf. Souesme (1989 : 105) "la classe de procès se trouve définie en premier lieu par rapport au C1 de do, puis une seconde délimitation de la classe à lieu lors de la mise en relation avec un C0. On voit par conséquent l'intérêt de ne pas introduire de spécification à do."
36 On citera les exemples de l'opposition entre le génitif 's, et la complémentation en of, ou encore entre les pronoms relatifs that et which. Il s'agit, dans les deux cas, de formes qui résultent d'interférences dues à une situation de diglossie, mais qui se différencient progressivement sur un plan énonciatif.
37 A ce sujet, il nous semble que le tableau élaboré par Souesme (1989 : 127) dans sa présentation des différents cas des "proformes complexes" en DO n'est pas essentiellement très différent, en ce qui concerne do this, do that et do it, de la représentation schématique des repérages pour this, that et it sans DO. Cf. par exemple Danon-Boileau (1983) sur this et that.

Bibliographie

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Pour citer cet article

Graham Ranger, « DO : trois fonctions, un schéma », paru dans Cycnos, Volume 18 n°2, mis en ligne le 15 juillet 2004, URL : http://revel.unice.fr/cycnos/index.html?id=40.


Auteurs

Graham Ranger

Graham Ranger est maître de conférences à l’Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse où il enseigne la linguistique anglaise et la traduction. Sa thèse, sur les constructions concessives en anglais, a été publiée, dans une version abrégée, chez Ophrys. Il est depuis 1998 membre du jury du concours de CAPES externe d'anglais. Université d'Avignon, graham.ranger@univ-avignon.fr