Delphine Letort


Université du Maine
Delphine Letort est maître de conférences en anglais à l’université du Maine (Le Mans), où elle enseigne la civilisation américaine et les études filmiques. Elle est l’auteur d’un ouvrage intitulé Du film noir au néo-noir : mythes et stéréotypes de l’Amérique (1941-2008), Paris, L’Harmattan, 2010. Ses recherches portent principalement sur le cinéma américain dont elle explore les politiques de représentation.

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 21 n°2

Le Film noir : de la guerre à la crise

“Le film noir apparaît dès les années trente dans le paysage cinématographique américain, mais il se vulgarise pendant la Seconde Guerre mondiale et la production ne cesse de s’accentuer après la victoire des Alliés consacrée en 19451. La liste des titres qui s’inscrivent dans la série noire s’allonge à l’issue des hostilités, cependant que l’émergence d’une nouvelle configuration géopolitique du monde fait naître de vigoureux conflits internes qui divisent déjà la nation2. Les Etats-Unis ont renforcé leur hégémonie politique et socioculturelle en participant...”

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Cycnos | Volume 23 n°2 | CIN.

Femme fatale / femme assassine dans le film noir : dévier le stéréotype

Les criminelles sont des personnages marginaux dans le film noir qui préfère mettre en scène le pouvoir de manipulation de la femme fatale, pouvoir lié au thème érotique abondamment exploité par le thriller. Le film noir nous emmène au-delà du mythe et de l’archétype lorsqu’il met en scène des assassines. The Postman Always Rings Twice (Tay Garnett, 1945) et Leave Her to Heaven (John M. Stahl, 1945) dressent des portraits de femmes dont les actes criminels trahissent les contradictions internes, la déchirure entre idéal de soi et vie quotidienne décevante, humiliante. Women killers are minor characters in films noirs which more often than not relate the stories of femmes fatales who use their sex-appeal to manipulate men in thrillers. Film noir takes us beyond the archetypal and mythical woman while staging women killers. The Postman Always Rings Twice (Tay Garnett, 1945) and Leave Her to Heaven (John M. Stahl, 1945) depict two women whose criminal activities betray the internal dilemmas of the female subject torn between an ideal self and a disappointing, humiliating daily life.

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Cycnos | Volume 29.2 - 2013 | II Esthétique et idéologie du mal contemporain

Les « méchants » du ghetto : les dealers de Clockers (Spike Lee, 1995)

Adapted from a novel by Richard Price, Clockers belongs to the cycle of hood films which emerged in the 1990s. Spike Lee challenges the conventions of the genre in order to produce another image of the ghetto : he character of the dealer does not fit the stereotype of the « bad guy » which the genre and the media promote. Torn between his conscience as a dutiful son and his commitments as a dealer, Strike does not embody that urban violence which rappers sing about. The director leaves his auteurist signature on the film through a musical score that unfolds a metatextual counterpoint to the film diegesis. The singularity of his vision seeps in the interstices between the sound and the image tracks.

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