Cycnos | Volume 17 n° Spécial Journées Charles V sur les propositions relatives et l'aspect "be+ing" - 

René Arnaud  : 

A propos du schéma ETRE+PARTICIPE PRESENT dans quelques versions du Nouveau Testament Modèles anciens et traductions diverses

Plan

Texte intégral

1Le survol qui suit, appuyé sur la Version Autorisée de 1611, et inévitablement lacunaire, aidera peut-être à éclairer trois grands problèmes débordant même le sujet-titre : existence d’un archétype, grammaticalisation et rôle de la traduction et des contacts de langues dans l’évolution.

2On sait que le schéma désigné sommairement ci-dessus comme être + participe présent est représenté dans beaucoup de langues : Heine 1994 donne des références. Quatre langues, en plus de l’anglais et des langues classiques, ont été choisies pour l’illustrer : espagnol, turc, irlandais et basque. Or, la Bible est sans doute le livre le plus universellement traduit. On peut aussi, comme Mossé 1938, 272, mesurer grossièrement dans les versions anglaises successives la progression quantitative de be + ing : dans le NT et les Actes des Apôtres, on passe, selon lui, de 21 occurrences chez Wycliff à 702 dans le Twentieth Century N.T. de 1902.

31. Le recours à des traductions comporte évidemment des risques : elles peuvent charrier des interférences (calques grammaticaux, gloses) ; on ne connaît bien ni les traducteurs, (leur origine, leur compétence : on ne sera pas surpris que les traducteurs en turc soient partis du texte en grec, langue que les auteurs anglais médiévaux ne pratiquaient guère), ni les conditions de leur travail (les sources, ici très diverses, sont elles-mêmes des copies ou des traductions). Une longue enquête serait nécessaire. Mais nos informateurs habituels sont-ils plus fiables ?

4Quant à la textualité et à l’exégèse des Ecritures, elle ne nous concerne qu’assez peu : en tout cas, sur ce point particulier, on ne note pas de variantes dans les sources anciennes.

5Le discours est généralement narratif, ce qui veut dire que le passé domine. La langue est habituellement simple, et on peut penser que les formes verbales utilisées par les traducteurs le sont en général de manière spontanée. Les textes ne sont donc pas trop suspects, y compris dans les versions les plus récentes.

62. Le choix des neuf versions est assez arbitraire : il pourrait être étendu, bien sûr, y compris pour les versions anglaises ; on remarquera que deux des langues considérées ne sont pas indo-européennes : le turc et le basque.

73. 32 emplois de type be + ing ont été dénombrés dans la Version Autorisée : les références sont données ci-dessous. Les versets présentés ne donnent qu’un échantillon des cas où on trouve un maximum de représentants du schéma dans les diverses versions. Sur les 32 occurrences, certaines sont sans doute à mettre à part : LUKE 4,40 : the sun was setting (formule figée dans bien des langues) ; MAT 26,46: impératif, rise, let us be going, et même JOHN 5,25, 28 : the hour is coming (présent "d’imminence" qu’on ne trouve guère encore au début du 19e s). Mais de toute manière, les convergences sont très nombreuses, de l’ordre de 50 à 55 pour cent de la totalité des occurrences dans les différentes versions : 133 sur 261 si on retient l’ensemble, 123 sur 221 si on élimine les cas douteux évoqués ci-dessus (pour des raisons pratiques, la totalité des formes basques n’a pas pu être inventoriée). Tout ceci seulement pour orienter la réflexion en confirmant l’analogie.

84. Très souvent, on a affaire à des signifiants discontinus : insertions entre be et -ing, où l’on peut voir un indice de faible grammaticalisation. On notera aussi des formules qu’on peut rapprocher de la phrase "nominale" (Cf. Benveniste) où être n’est pas présent explicitement : ici par exemple en irlandais : MARK 9,4; LUKE 11,1.

9Il est clair que l’étiquette be+ing, ou forme progressive, s’applique de manière très peu rigoureuse : le concept est mal défini, insuffisamment opératoire. Mais nous avons appris que l’analogie, bien qu’elle manque de rigueur, peut-être très féconde.

10La première question, la plus difficile, est celle de l’existence d’un archétype, peut-être universel, de la formule que nous étudions ; le terme d’archétype pouvant être pris dans un sens platonicien, darwinien ou peut-être jungien (l’inconscient collectif) : objectif ultime de la recherche et de la réflexion linguistique. On peut aussi parler seulement de dénominateur commun, et on effectue, comme toujours, un va-et-vient entre les valeurs sémantiques et les formes qui sont censées les représenter, pas nécessairement de manière directe. On retrouve dans les grammaires courantes des étiquettes familières : "progressif", "aspect progressif", actualisation, situationnalisation, souvent en opposition avec une valeur de type aoristique. Mais les grammairiens s’interrogent aussi sur certaines contradictions : ainsi, en Yoruba (Nigéria), une forme verbale à préfixe n- peut être soit actualisante, soit aoristique, ce qui entraîne des erreurs dans l’utilisation de l’anglais par les Yorubas ; dans certains pays d’Amérique latine, on peut poser la question como es? au sens, habituel en castillan, de como esta? ; et en anglais parlé en Inde : are you smoking? peut référer à l’habitude. Il existe bien sûr des moyens de réduire l’ambiguïté. Dans sa très intéressante étude, Heine 1994, donne une amorce de bilan, dont il essaie de tirer des observations générales.

11En grec, en latin et en espagnol, on trouve être accompagné de ce qu’on appelle habituellement participe présent : grec ontas; latin -ens ; esp. -endo, -ando. On sait toutefois que estar, qui est utilisé en espagnol dans ce cas, provient, comme son analogue italien, de stare, à valeur localisatrice (station).

12En turc, la conjugaison dispose d’un suffixe de classe " progressif" -iyor, issu de l’ancienne forme de yori : marcher (aujourd’hui : yürümek) ; "assez voisin de la forme progressive anglaise, il exprime l’action dans son développement concret, avec une nuance d’actualisation descriptive" (Bazin, 1987, 76). On a donc quelque chose comme notre aller...ant : Ils allaient fiers, joyeux et soufflant dans des cuivres (Hugo). Dans cette langue agglutinante, vient s’ajouter, dans nos exemples, un autre morphème -du ou -di (en raison de l’harmonie vocalique), marqueur du "parfait de constatation" (de témoignage). On trouve aussi, dans MAT 24,38, une forme de gérondif en -ip, qui joue un rôle de coordination des verbes à sujet identique, ici : yemek, manger, evlenmek : se marier, épouser ; evlendirmek : marier, donner en mariage. Quant aux équivalents de être en turc, l’exposé en serait trop long et complexe. Disons seulement :

131. que la phrase sans copule y est très fréquente, avec seulement une pause virtuelle, notée ici par une virgule. On la trouve dans un contexte général : güzel, at : "il est beau le cheval" (cheval : at), à côté de guzel at : "le beau cheval" ; mais on la rencontre aussi dans un contexte actualisé, et même avec le locatif : kitap, masada : livre / table / sur : "le livre (est) sur la table" ;

142. qu’on peut considérer comme analogue, parce que sans copule, la construction avec le suffixe nominal prédicatif : Türk-sün : "tu es Turc" ;

153. Mais l’assertion d’existence peut être ailleurs figurée par : var : il y a. Ex.: orada, bir ev var: "là-bas, il y a une maison", opposé à orada, ev yok, négatif (Bazin 1987, 61).

164. On voit que la fonction de copule n’est pas nettement séparée de l’assertion d’existence.

17En irlandais, les deux sont distinctes, et l’équivalent de être que nous trouvons dans les exemples cités est , qui devient bhi au passé : tà Seàn ar scoil,"Jean est à l’école". Avec la préposition ag suivie d’ un nom verbal, on obtient une phrase comme la suivante: Tà si ag crù na mbô, "est elle à traire la vache", she is milking the cow. Le nom verbal est souvent au génitif (dont les formes sont assez diverses), par ex. dans MAT 24,38 : ith-e, posa-d, tabhair-t. De sorte qu’on peut alors gloser : "ils étaient dans leur "bouffe" "(cet argot courant montre mieux la valeur d’action que "repas"ou "mangeaille").

18En basque, l’équivalent de être est izan : 3e pers. présent da, passé zen, plur. ziren, utilisé aussi pour l’assertion d’existence ou de localisation : Panxika etxe-a-n da, "Françoise est à la maison" : -a- défini, -n inessif. Elle est souvent renforcée par la particule affirmative ba- (cf. bai: oui). Associé à un "inessif indéfini de forme archaïque" en -n, da forme des "présents, imparfaits et éventuels irréels périphrastiques" (Lafitte, 1962, 215) : ibiltzen da/zen : il marche / marchait. Dans la langue courante d’aujourd’hui, da est en général précédé de ari, qu’on associe en général à l’idée d’occupation, activité : jaten ari da : "il est en train de manger", uria ari da: "il pleut". A noter que la forme définie du nominatif, en -a, permet de différencier les dispositions habituelles des états momentanés : aria da : "il est actif, travailleur" ; ari da: "il est au travail" (en ce moment).

19Résumons-nous, en rappelant que ne sont présentés ici que des échantillons limités, et que de nombreux autres existent dans des langues très différentes (Heine 1994). Les constituants de l’archétype seraient les suivants :

201. "être", au sens d’exister (Cf. je pense donc je suis). Estar en espagnol, et en irlandais se différencient de la copule à valeur "essentielle" (Esp. ser, Irl. is), mais il faut signaler toutefois que les choses sont pas toujours aussi simples qu’il paraît, en particulier si l’on tient compte des dialectes. On ne devrait pas non plus oublier de rapprocher de ce localisateur existentiel des verbes de position (y compris vivre cf. (Esp. dans MAT 24,38) ou de déplacement : she sat listening, they came shouting, je me vas désaltérant. Faut-il assimiler à cette assertion d’existence-localisation les constructions (ressemblant aux phrases dites "nominales") d’où le verbe d’existence est absent, comme on en trouve ici en irlandais (MAT 24,38 ), et en turc, par exemple, mais aussi en grec (cf. MARK 11,27) et en latin ? L’extension ne semble pas illégitime, compte tenu également des phénomènes intonatifs ou accentuels ou des pauses virtuelles que l’écrit ne note pas.

212. Un élément lexical renvoyant à une notion, avec une forme verbo-nominale-adjectivale, qu’on a appelée ici, pour simplifier, participe présent, mais qui, on le sait, reçoit des dénominations diverses et discutées : gérondif, nom verbal, participe présent, adjectif verbal. Je serais tenté d’y voir une sorte de repérage de la notion par rapport à elle-même, en situation, un auto-repérage : la nasale présente dans les langues indo-européennes et aussi en basque en serait-elle une marque ancienne, un étymon ?

223. Des marques diverses qu’on peut essayer de rassembler sous deux étiquettes : - locatifs : inessif (basque), génitif (irlandais), accompagnatif (ag en irlandais). Cf. aussi français : "être au travail" ou d’ailleurs aussi "en grève", ou "à la pêche", etc.

23- occupation, activité : basque -ari, turc -iyor.

24Tels seraient les éléments d’un archétype dont nous observons les avatars, peut-être dans certains cas les descendants, à distinguer de ceux qui seraient seulement des sosies. Indéniablement, on n’établira cette discrimination qu’après une étude approfondie de tout le fonctionnement dans les langues mises en parallèle. On ne peut donc ici formuler que des hypothèses. Etant donné l’universalité ou en tout cas la grande extension du schéma dans de nombreuses langues de tous types, l’hypothèse d’un archétype ne semble pas injustifiée. Aristote, qui raisonnait dans l’abstrait, bien qu’il ne pût éviter de s’appuyer sur sa propre langue, l’avait sans doute senti quand il étudiait des formules comme : "je suis allant, je suis guérissant". On ne peut pas dire en même temps : "je vais" et "je suis allé", "je guéris" et "je suis guéri", disait-il, en pensant sans doute à la fameuse figuration du déplacement et du mouvement chez Parménide ou Zénon (Cobb, 1973).

25Quant à la construction de cet archétype, elle suppose évidemment une axiomatique. Des trois données primitives concevables : espace, temps, mouvement, laquelle a priorité ?

26Les données formelles semblent bien plaider en faveur d’une priorité de l’espace, à savoir d’un ancrage spatial sur lequel s’appuie, métaphoriquement, la construction du temps comme successivité ("le nombre du mouvement selon l’avant et l’après" selon Aristote), puis durée. Quant à l’idée d’activité, à définir d’ailleurs (fleurir, briller, geler, attendre : activités ?), elle ne paraît avoir été introduite que plus tardivement : ari en basque fait penser à "être en train de", qui s’applique mal à bien des verbes ("être en train d’attendre" ? "de geler" ? On privilégie les sujets animés et même humains, on oublie par exemple les verbes météorologiques ou descriptifs comme glow, flourish, starve, etc.).

27Sur cet archétype se construisent évidemment de nombreuses valeurs, et, lorsqu’on étudie l’histoire de la forme be+ing, on sait bien que c’est à la fois "la même chose" et "pas la même chose" que l’on rencontre. La recherche linguistique, en synchronie et en diachronie, a précisément pour objet de préciser les facteurs, internes et externes, de cette évolution, constantes et variations étant inéluctablement liées.

28Le phénomène typique qui assure à une entité syntaxico-sémantique une identité reconnue est ce qu’on appelle grammaticalisation, terme qu’il n’est pas question de définir ici. Si les grammaires courantes des langues qui comportent le schéma se réfèrent si souvent à l’anglais, c’est sans doute en raison de sa prépondérance mondiale, mais c’est aussi parce que l’archétype y est bien grammaticalisé. On sait maintenant que c’est au cours du 18e siècle que cette grammaticalisation s’est produite, sans doute plus ou moins tôt selon les dialectes : les études sur ce processus, qui se multiplient, pourraient servir de modèles pour les autres langues. Au sujet de celles retenues ici, on peut penser, sous réserve d’inventaire, que la grammaticalisation est bien avancée en ce qui concerne l’espagnol et le turc, mais qu’elle est restée incertaine en basque, et faible en latin.

29Le cas du grec est particulièrement intéressant. N’oublions pas qu’il s’agit d’une langue très ancienne avec un corpus considérablement étendu, et qui continue de vivre, alors que le latin, par exemple, s’est fondu dans les langues romanes. Or il semble bien que la forme eimi + -ontas, qui est fréquente dans le Nouveau Testament et les Actes des Apôtres (dont les premières versions connues sont du 3e siècle) alors qu’elle était très peu représentée en grec ancien (Jordanidou 1985, et ses références), a disparu ensuite (sauf quelques traces en tsakonien, dialecte du N.-E. du Péloponnèse, Seiler 1951, 111) avec la formation de la koiné, disons à partir du 4e siècle, au plus tôt. Malgré le manque de témoignages sur la langue effectivement parlée, on dispose de données et d’études assez nombreuses sur l’évolution des emplois du participe présent, dont la thèse d’Anna Jordanidou a donné un inventaire critique (cf. entre autres, Browning 1969).

30L’intérêt de cette observation est de poser la question de la dégrammaticalisation qui, en l’occurrence, aurait suivi une grammaticalisation antérieure, plus ou moins achevée. On a soutenu (Cobb 1973), qu’Aristote avait en quelque sorte "inventé" une "forme progressive" pour illustrer sa théorie du temps (voir plus haut). C’est seulement dans la mesure où l’on estime que cette forme était presque absente en son temps : en est-on sûr ? Ne faut-il pas tenir compte :

311. de la diversité des dialectes sur l’espace grec, ce dont les hellénistes sont conscients plus que beaucoup d’autres et des interférences avec les autres langues qui y étaient parlées ? On sait en particulier que l’araméen, très utilisé en Palestine, disposait, comme l’hébreu, d’une forme analogue.

322. de l’existence déjà d’une certaine diglossie, dont seulement des traces seraient présentes chez les auteurs classiques, Aristophane par exemple ? Il existe encore de nombreux corpora mal étudiés papyrus d’époque ptolémaïque ou romaine, et on peut donc suggérer des recherches sur les processus de grammaticalisation-dégrammaticalisation, en tenant compte des facteurs externes de nature socio-historique, surtout en ce qui concerne l’actuation et la diffusion.

33La dernière des questions évoquée par les rapprochements effectués ici porte sur le rôle de la traduction et des traducteurs, et, plus largement, des contacts de langues, dans l’évolution.

34Sur 32 occurrences dans la Version Autorisée du Nouveau Testament, 13 sont des cas où le modèle est absent des originaux grecs et latins (quels qu’ils aient été, puisque les éditions Nestle répertorient les variantes) : c’est, à défaut d’une preuve, tout au moins un indice que la forme be+ing existait indépendamment : on la rencontre en effet dans de nombreux textes. Il semble sage de se ranger à la position déjà exprimée par Mossé 1938 : la traduction ne peut avoir au plus qu’un rôle de renforcement.

35La question mérite toutefois qu’on ne l’oublie pas. Déjà, certains ont avancé, et d’autres réfuté, l’hypothèse d’une origine araméenne des formes en eimi + -ontas du grec des évangélistes. Ayant étudié le prodigieux développement de la forme progressive au 19e siècle (Arnaud 1973, 1998), je me suis posé, après d’autres, la question de l’influence des dialectes anglo-celtiques sur cet essor. Elle est plausible, surtout si l’on considère l’impact de l’immigration irlandaise et écossaise en Angleterre après la grande famine et au cours de la révolution industrielle. Les Irlandaises étaient souvent employées comme nannies dans de nombreux foyers, tandis que les Ecossais étaient jardiniers. Or, la stigmatisation de be + ing, souvent considérée comme typique des paddies, ou refusée comme scotticisme, porte surtout sur des stéréotypes (the maister is wanting you, Jessie), alors que la diffusion se fait sur l’ensemble de la conjugaison, et passe donc inaperçue : les jeunes enfants par exemple, en général, n’ont que faire des censures linguistiques. Cette influence, probable, semble presque impossible à prouver. Ce que l’on peut dire toutefois, c’est que le mouvement qui multiplie par 3 ou 4 la fréquence de la forme entre 1800 et 1880 environ, était déjà bien engagé avant la grande vague d’immigration du milieu du siècle.

36On voit que les leçons de cette brève étude comparative sont surtout des hypothèses, et une ébauche de programme pour des réflexions et des recherches futures.

Bibliographie

ARNAUD, René, 1973. La forme progressive en anglais du XIXe siècle. (Thèse de doctorat d’Etat, Université Paris VII, 1972).

-------------, 1998. "The development of the progressive in 19th century English: A quantitative survey" in Language Variation and Change, 10, 123-152.

BAZIN, Louis 1987. Introduction à l’étude pratique de la langue turque. Paris : Maisonneuve.

BROWNING, Robert 1969. Medieval and Modern Greek. London : Hutchinson & Co.

CHRISTIAN BROTHERS, (THE) n.d. New Irish Grammar. Dublin: Fallons.

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Sources

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Turc: Incil. Istanbul: Kitaby Mukaddes ßirketi, 1988. Bible Society in Turkey.[T]

Espagnol : Dios Habla al Hombre. Madrid : Societad Biblica, 1971.[S]

Irlandais: An Biobla Naofa. An Sagart Maigh Nuad, 1981.[I]

Basque: Testamendu Berria. Biblia Elkartea. Biblia Elkarte Batua.[B]

Références des formes dans la Version Autorisée:

Matthew: 21, 23; 24,38 (4), 41; 26, 26, 46; 28, 11. Mark: 5,40; 9,4; 11,27; Luke: 1,10; 4,40; 5,2, 17; 8, 40; 11,1, 14, 52; 13,10; 17,34/5; 19,33; 21, 26, 37. John: 3,23; 4, 51; 5, 7,25, 28; 11,20; 12,12.

Versions translittérées

MAT 24, 38: For as in the days that were before the flood they were eating and drinking, marrying and giving in marriage, until the day that Noe entered into the ark.../39/ so shall also the coming of the Son of man be
G: os gar isan en tais imerais tais pro tou kataklismou trogontes kai pinontes gamountes kai gamizontes
L: sicut enim erant in diebus ante diluvium comedentes et bibentes, nubentes et nuptum tradentes
OE : swa hi waerun on tham dagum aer tham flode. etende and drincynde and wifigende and gifta syllende.
W: for as in the dages bifor the grete flod thei weren etende & drinkende. weddende & takende to weddynge
T: Cünkü tufandan önceki o günlerde oldugu gibi...insanlar yiyip içiyor evlenip everiliyordu
S: antes del diluvio, la gente vivia comiendo y bebiendo, casandose y dando as sus hijas en casamiento
I: oir, faoi mar a bhi siad sna laethanta ud roim an dile, ag ithe agus ag ol, ag posad agus ag tabhairt le posadh
B: Uholde aitzineko egunetan jaten eta edaten zuen jendeak eta ezkontzen ziren
MARK 9, 4 : And there appeared unto them Elias with Moses: and they were talking with Jesus
G: kai ophti autois Ilias sun Mousei kai isan syllalontes to Iisou
L: Et apparuit illis Elias cum Moyse, et erant loquentes cum Iesu
OE: tha aetywde him helias mid moyse and to him spraecon
W: & elie with moises apereden to hem: & ßei weren spekende with Jesus
T: Derken Ilyas’la Musa güründü onlara. Is’yla görüsüyorlardi
S: Y ellos vieron a Elias y a Moises, que estaban conversando con Jesus
I: Agus chonacthas doibh Maois mar aon le hEilias agus iad ag comhra leis
B: Elias eta Mois agertu zitzaizkioten Jesusekin elaka
LUKE 8, 40 : And... when Jesus was returned, the people gladly received him: for they were all waiting for him
G: isan gar pantes prosdokontes auton
L: erant enim omnes expectantes eum
OE: ealle hig gebidon his
W : forsothe alle weren abidende hym
T : çünkü herkes O’nu bekliyordu
S: porque todos le estaban esperando
I: oir bhi siad uile ag suil leis
LUKE 11, 1 : And it came to pass, that, as he was praying in a certain place... one of his disciples said unto him:
G. Kkai egeneto en to einai auton en topo tini proseuxomenon
L: Et factum est cum esset in loco quodam orans
OE: sothlice waes geworden tha he waes on sumere stowe hine gebiddende
W: And it is don whan he was preyende in sum place
T: Isa bir yerde dua ediyordu
S: Una vez Jesus estaba orando en un lugar
I: Aon la amhain agus e in ait airithe ag gui
B: Behin, Jesus otoitzean ari zen leku batean
13, 10 : And he was teaching in one of the synagogues on the sabbath /11/ : and behold there was a woman
G: In de didaskon en mia ton sinagogon en tois sabbasin
L: Erat autem docens in una synagogarum sabbatis
OE : da waes he restedagum on hyra gesammnunge laerende
W : forsothe he was techende in the sinagoge of hem in sabotis
T : Isa Sabat günü sinagoglardan birinde ögretiyordu
I: Bhi se ag teagasc i sionagog la saboide
S :Una vez, en el dia de descanso, Jesus estaba ensenando en una sinagoga;
B : Behin, sabatokari sinagoga batean irakasten ari zen Jesus
JOHN 3. 23. And John also was baptizing in Aenon near to Salim
G : In de kai o Ioannis baptizon ev Ainon eyyis tou Saleim
L: erat autem et Ioannes baptizans in Enon iuxta Salim
OE :and ioannes fullode on enon with salim
W:Sothli Jon was baptisende in ennon biside salim;
T: Yahya da Salim yakininda Aynun’da vaftiz ediyordu
S: Tambien Juan estaba bautisando en Enon, cerca de Salim
I: Bhi Eoin ag baisteadh comh maith in Aenon in aice le Sailim
B: Joanes ere bataiatzen ari zen Enonen, Salim ondoan

Pour citer cet article

René Arnaud, « A propos du schéma ETRE+PARTICIPE PRESENT dans quelques versions du Nouveau Testament Modèles anciens et traductions diverses », paru dans Cycnos, Volume 17 n° Spécial, mis en ligne le 25 septembre 2008, URL : http://revel.unice.fr/cycnos/index.html?id=1719.


Auteurs

René Arnaud

Université de Paris VII