Guy Hollman


Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand.
Guy Hollman est enseignant-chercheur à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. Sa thèse portait sur la criminalité dans l’Angleterre du dix-huitième siècle et évoquait les problèmes sociaux, économiques, juridiques et institutionnels qui s’y rattachent. Il travaille toujours sur ces mêmes questions, avec un intérêt plus particulier pour la politique économique, par exemple l’étude des questions fiscales et monétaires dans les rapports qu’entretenaient la Grande-Bretagne et ses colonies nord-américaines. D’une façon plus générale, son attention se porte sur les contrastes entre les politiques interventionnistes et la politique économique libérale  prônée ici ou là. Son dernier article avait pour thème les aspects du libéralisme économique chez J. S. Mill et s’intitulait: “J. S. Mill’s On Liberty and the Legacy of Liberal Thought”.

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 16 n°1

The economics of conservatism or the case for mercantilism reassessed

Un mauvais procès semble avoir été intenté au mercantilisme, perçu comme pratique économique rétrograde qui ne pouvait qu’être le prolongement de choix politiques nationalistes et égoïstes. Or, il apparaît qu’au contraire la zone économique anglo-saxonne façonnée par le mercantilisme favorisa non seulement l’essor économique de la Grande-Bretagne mais aussi celui de ses colonies nord-américaines. Ce n’est que lorsque la métropole eût décidé d’accroître la pression fiscale sous forme directe, et non plus uniquement indirecte comme c’était jusqu’alors la règle, que les relations entre métropole et colonies se sont singulièrement dégradées. La législation dite “intolérable” visant à accroître le revenu de la Couronne a par ailleurs certainement servi d’alibi aux radicaux qui ne voulaient plus “conserver les choses en l’état” dans les rapports entre la métropole et les colonies. Si les choses devaient changer radicalement en termes politiques après la sécession américaine, elles demeurèrent singulièrement semblables en termes économiques. La perte de souveraineté politique et de revenus fiscaux fut largement compensée par la forte reprise des échanges et des revenus de la croissance rapidement retrouvée. La métropole profitait désormais amplement des avantages commerciaux sans avoir à supporter le coût d’une tutelle politique.

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