Cycnos | Volume 16 n°1 Conservatismes Anglo-américains XVIIIe et XIXe siècles - 

Avant-propos

Texte intégral

1Les deux dernières décennies se sont penchées avec attention sur la nouvelle droite anglo-saxonne, plus fille d’Adam Smith que de Burke, davantage libérale que conservatrice. Pour leur part les auteurs du présent volume ont tenté de retrouver quelque chose d’une vue-du-monde aujourd’hui quasiment enfouie et qui, à l’inverse de son dernier avatar, ne considéra jamais que l’essentiel était de vendre. Des études variées que l’on pourra lire, il ressort que si le conservatisme est parfois une politique de la nostalgie, il est d’abord la marque d’hommes et de femmes qui gardent les pieds sur terre, résistent à l’idéologie du moment et s’opposent aux grands principes parce qu’ils sont convaincus qu’il y a une nature des choses qu’il convient de ne point forcer et qui, seule, peut sainement régler la marche d’une nation. Les conservateurs de ce volume, littérateurs, économistes, hommes d’Etat, publicistes, réformateurs, simples dessinateurs, préfèrent le réel, l’existant, aux définitions abstraites et rationnelles de l’être humain et de la société. Mais évidemment il peut y avoir des formes dégradées du conservatisme. De diverses façons le profit, la morale bourgeoise et les périls extérieurs tendent à dissoudre, abâtardir ou radicaliser la vision conservatrice du monde. S’il est une leçon à tirer de ce volume, c’est que conservatisme et modernité font rarement bon ménage.

Pour citer cet article

« Avant-propos », paru dans Cycnos, Volume 16 n°1, mis en ligne le 09 juillet 2008, URL : http://revel.unice.fr/cycnos/index.html?id=1597.


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