Cycnos | Volume 21 n°1 L'Identification -  

Jean-Charles Khalifa  : 

Identité : quelle pertinence pour l’énoncé complexe ?

Résumé

Cet article pose le problème de la relation d’identification dans les énoncés complexes, essentiellement ceux comportant la copule. On s’interroge en particulier sur les extraposées, traditionnellement caractérisées par des valeurs d’appartenance de BE. Et l’analyse conduit à revenir sur les blocages liés au schéma d’extraposition, dont on montre qu’ils sont explicables par des valeurs d’implication ou de cause-conséquence qui se construisent entre propositions.

Abstract

This paper raises the issue of the identifying BE in complex sentences. In particular, we discuss extraposed sentences, which have traditionally been analysed as involving a member-of-a-class value for BE. In our discussion, we re-examine the constraints on extraposition, which we show to be linked to inter-clausal implication or cause-consequence relations.

Index

mots-clés : copule , extraposition, identification, sujet et objet propositionnels

Plan

Texte intégral

It depends on what the meaning of the word “is” is. If theif heif “is” means is and never has been, that is not that is one thing.
If it means there is none, that was a completely true statement.
Pdt William Jefferson Clinton, Grand jury testimony, August 17, 1998

1Dans la tradition logico-linguistique1, la copule est traditionnellement analysée comme renvoyant à trois valeurs dotées de propriétés bien distinctes, que nous rappelons ci-après :

  • identification (Paris est la capitale de la France) ;

  • appartenance (Paris est une ville) ;

  • inclusion (Les hommes sont mortels)2.

2On ajoutera d’emblée que seule l’identification a la propriété cruciale de symétrie (a = b, b = a). Même si, d’un point de vue méthodologique, nous tenons pour acquis que l’appareil logico-mathématique ne saurait être adéquat à la description des langues naturelles (cf. Culioli & al. 1981 : 95)3, il reste indispensable de ne pas confondre les trois valeurs, toutes trois en français comme en anglais portées en surface par le même marqueur. On sait en particulier que la résolution de sophismes bien connus passe par la distinction de ces valeurs, comme par exemple dans :

[a] Les hommes sont mortels
Socrate est un homme / Les Athéniens sont des hommes
Donc, Socrate est / les Athéniens sont mortel(s)

[b] Les hommes sont nombreux
Socrate est un homme / Les Athéniens sont des hommes
*Donc, Socrate est / les Athéniens sont nombreux

Dans [a], la majeure peut être formalisée comme : (x Image4 y) et (z Image5 x) → (z Image6 y)4

L’inclusion (tout comme l’identification, cf. l’article de Lionel Dufaye dans ce même recueil) ayant la propriété fondamentale de transitivité, le raisonnement [a] est reconnu comme valide. Si [b] est faux, voire absurde, en revanche, c’est que précisément la majeure y fait apparaître la copule dans une valeur différente ; linguistiquement, il est assez clair que le prédicat /être mortel/ ne se comporte pas comme le prédicat /être nombreux/, au sens où le premier s’applique individuellement à chacun des membres de la classe à laquelle réfère le sujet (on dit qu’il est distribuable), alors que le second ne peut s’appliquer qu’à la classe elle-même, collectivement5. En d’autres termes, il est impossible de gloser : « *la classe des hommes est incluse dans la classe des nombreux » (x Image7 y), mais plutôt comme : « la classe des hommes appartient à la classe des classes nombreuses » (x Image8 y). Or, on sait que l’appartenance, à l’inverse de l’inclusion, n’est pas transitive, ce qui invalide le raisonnement [b].

3Notre proposition est que l’ambiguïté fondamentale de la copule peut nous permettre de mieux appréhender certains phénomènes en apparence disparates dans le domaine de l’énoncé complexe, phénomènes en eux-mêmes bien connus et documentés dans la littérature grammaticale. Dans cet article, on examinera les problèmes soulevés par les complétives sujet extraposées ; les problèmes posés par les clivées et pseudo-clivées seront, quant à elles, étudiées dans un travail séparé6.

4On a assez souvent discuté des cas où le mouvement d’extraposition des complétives sujet ou objet7 était obligatoire, en particulier avec les inaccusatifs comme seem, appear, etc. Du reste, on sait que, avec ces prédicats, il est incorrect de parler de « mouvement » d’extraposition, puisqu’ils ont pour propriété essentielle de prendre un seul argument propositionnel réalisé en position d’objet profond, donc en position postverbale. En revanche, on a assez peu8, tout au moins à notre connaissance, discuté des cas assez peu nombreux où c’est le cas de figure inverse qui est vérifié, à savoir que c’est l’extraposition qui est bloquée, et la seule structure disponible est la structure canonique S V O, où S est propositionnel. Ainsi, observons les énoncés suivants :

[1]  ...her mother (Hillary Clinton), in sunglasses, looked straight ahead, deflated and not even pretending to be cheerful. “To say Hillary is disappointed would be a gross understatement,” said one friend. She was said to believe her husband betrayed not just her and Chelsea, but much of what they have worked together to build. (Newsweek, 31/8/98)
(= It would be a gross understatement to say Hillary is disappointed…)

[2] He, however, cried out loudly, giving up his pride. It was humiliating to be made to cry out, but he could not prevent his cries from escaping. (Salman Rushdie, The Moor’s Last Sigh, 1995)
( = To be made to cry out was humiliating…)

[3] It was, perhaps, a measure of the extent to which the Party had changed under Mrs Thatcher from one of pragmatism and fudge to one of ideology and dogma that this should have happened. (Julian Barnes, Letters from London, 1995)
(= That this should have happened was, perhaps, a measure of the extent to which the Party had changed…)

[4] ‘An inquest? But it’s perfectly obvious what happened. General Burnett and Colonel Chapman were there.’ (Tom Sharpe, Blott on the Landscape, 1975)
(= But what happened is perfectly obvious)

5Dans ces exemples, les deux versions, extraposée ou non-extraposée, sont syntaxiquement recevables ; le choix de l’une ou l’autre est dicté par des facteurs uniquement pragmatiques9, sur lequel nous ne reviendrons pas dans le cadre du présent travail. Comparons :

[5] To see is to believe.
(*It is to believe to see)

[6] While most Iraqi Jews left for Israel after its creation in 1948, significant numbers also made their way to Britain and the US, especially those from middle classes — the Saatchi family, for example. Some wealthy Iraqi Jews did remain in the country after 1951, knowing that to leave was to lose everything: Jews who emigrated were stripped, not just of their citizenship, but also of all their property and other assets. (Tim Judah, ‘Passover in Baghdad’, in Granta 82, 2003)
(*…it was to lose everything to leave)

[7] Since the trial began three weeks ago, Papon has never been alone in the dock. France’s history is also on trial. To trace his career in public service is to debunk the myths of French politics over the last half century. (Newsweek, 3/11/97)
(*It is to debunk the myths of French politics over the last half century to trace his career in public service)

[8] Besides, Hannah would use the house only on weekends or in the summer, whereas Eddie would live there full-time. That Eddie hoped Hannah would be away a lot was the main reason he could delude himself into thinking that he could share the house with her at all. But what an enormous risk he was taking! (John Irving, A Widow for One Year, 1998 d)
(*It was the main reason Eddie could delude himself into thinking that he could share the house with her at all that he hoped Hannah would be away a lot)

6Très peu d’études à notre connaissance ont tenté de montrer pourquoi, dans des cas tels [5]-[8], seule la version non-extraposée était recevable. Par exemple, Ross 1973, dans l’esprit des études générativistes de l’époque, postule un filtre qu’il nomme SSF (same side filter), mais qui n’explique finalement rien ; Biber & al. (1999 : 677ff) ne font entrer en jeu que des facteurs stylistiques, de registre et de complexité grammaticale, mais, pour ne prendre que ce dernier critère, il est bien évident que, si à la rigueur il peut être invoqué pour [8], il ne saurait être pertinent, pas plus d’ailleurs que les autres, pour [4] ou [5]. En revanche, Philip Miller soulève bien le problème lorsqu’il note que l’extraposition est bloquée « quand le verbe est un be identificationnel »10. C’est donc bien d’une propriété sémantique de la copule que découleraient des conséquences au plan syntaxique. Examinons nos énoncés de plus près ; nous postulerons que les exemples [2] et [4], qui comportent des prédicats adjectivaux, relèvent, en première approximation11, de la valeur d’appartenance de la copule. Nous appliquerons en effet à ce type d’énoncés une analyse de type extensionnel, considérant George B. Wush is silly comme glosable par « GBW appartient à la classe des silly people ». De même [1] et [3], dont les prédicats sont des GN à déterminant indéfini, se laissent ramener à un énoncé-matrice tel George B. Wush is a moron, lui-même glosable par un énoncé d’appartenance, et même prototypiquement d’appartenance, à tel titre que certaines langues emploient un marqueur particulier pour souligner cette valeur. Un cas fort intéressant est celui du gaélique12 (Adger & Ramchand 2003), où l’on trouve le contraste suivant :

[i] Tha      Calum    faiceallach13
     be-pres Calum    careful
     ‘Calum is careful’

[ii] Tha      Calum    anns a’bhùth
     be-pres Calum    in     the shop
     ‘Calum is in the shop’

[iii] *Tha      Calum    tidsear
     be-pres    Calum    teacher
     ‘Calum is a teacher’

[iv] Tha      Calum   ’na       tidsear
     be-pres    Calum    in-3ms    teacher
     ‘Calum is a teacher’

7La particule ’na qu’il faut ajouter pour sauver la grammaticalité de l’énoncé est morphologiquement composé de l’amalgame de la préposition ann (in, cf. [ii]) et d’un pronom possessif s’accordant avec le sujet. La métaphore « être à l’intérieur de » ne saurait mieux marquer, au plan métalinguistique, la relation d’appartenance.

8En revanche, pour [5] - [8], on observera que les prédicats ne sont pas de même nature : verbaux dans les trois premiers (to V), et nominal, mais avec détermination définie pour le quatrième14. La copule ne met donc plus en relation une occurrence et une propriété, mais en [6], [7] et [8] deux occurrences spécifiques, munies d’une détermination qualitative de type notionnel15. Nous rebasculons donc en apparence vers une valeur d’identification. En apparence seulement, car ces quatre exemples ne relèvent pas d’un traitement homogène. Ainsi, [5], sous des allures de grande simplicité, se révèle plus problématique que l’on ne pourrait penser, dans la mesure où la relation entre les deux termes de part et d’autre de la copule ne peut être simplement analysée comme une identification ; l’énoncé n’est en effet manifestement pas réversible sans changement de sens majeur (to believe is to see). Il en est d’ailleurs de même pour [6] (to lose everything was to leave), pour [7], ainsi que pour les quelques énoncés de même forme que l’on peut trouver dans le stock de proverbes et dictons anglo-saxons (To live is to learn, To know is to care), et dans les très rares exemples16 que nous avons relevés dans les 100 millions de mots du B.N.C. (To change is to die, but not to change is also to die (AOG 1215 156)). Ces cas sont en fait beaucoup plus proches d’une relation d’implication, comme en témoigne la glose en if P then Q qu’il est toujours possible d’utiliser pour n’importe lequel de ces énoncés (par ex. if you see, then you will believe, if you live, then you learn, etc.).17 La première proposition renvoie aux conditions de validation de la deuxième, le tout bien évidemment par rapport à un point de vue interprétatif. Voici un autre exemple assez spectaculaire du phénomène :

[9] There is never closure for the families of murder victims. Their loved ones were too precious for the loss of them to be healed by the ending of another’s life. To imply otherwise is to cheapen the significance of the victims’ lives. It is to imply that the carrying out of revenge can numb the pain of losing someone so meaningful; that the hole left in a family’s collective heart by murder can be filled somehow by another corpse. (Tim Wise, Of Monsters and Vampires, Z Net, 30/11/2000)
(= if you were to imply otherwise, you would be cheapening the significance…)

9Le fait que l’on ne trouve ces valeurs sous-jacentes d’implication qu’avec les infinitives en to est probablement loin de relever du seul hasard, mais nous ne creuserons pas ce point qui nous éloigne de notre sujet. On peut simplement le montrer d’une autre façon à partir d’un autre énoncé authentique :

[10] There are two parts to the Left response to terrorism. First, the U.S. Left ought to demand that its government cease carrying out and supporting terrorism. Terrorism, of course, is not confined to Muslim fundamentalists crashing planes into the World Trade Center. It is terrorism also to bomb Afghanistan knowing that reputable aid agencies warned of a potential humanitarian catastrophe. It is being a state sponsor of terrorism to provide arms to Turkey's murderous campaign against the Kurds in the 1990s or to Colombia's military, which are known to be connected to paramilitary death squads, or to the Israeli occupation forces who use U.S. assault helicopters and much more against the Palestinian civilian population. Hence, the greatest step the United States government can take to reduce international terrorism is to stop supporting it. (Z Net, 13/2/2003)

10Cet exemple, qui comporte deux extraposées en séquence, dans un même mouvement rhétorique, nous intéresse à un double titre : tout d’abord, parce qu’il montre a contrario que, même avec une gérondive en position de prédicat, l’extraposition demeure très naturelle. La version non extraposée reste syntaxiquement possible, et n’est exclue que pour des raisons pragmatiques (Miller, op. cit.). Si nous manipulons cet énoncé, nous constaterons sans surprise qu’une infinitive (to be a state sponsor of terrorism…) ne serait acceptable que dans une structure non-extraposée, sur le modèle des exemples [5], [6] ou [7]. Mais cet énoncé nous montre également que la copule, avec un prédicat nominal de type compact (be Ø terrorism) comme avec un prédicat gérondif, ne peut fonctionner qu’avec une valeur d’appartenance, ce qui ipso facto rend l’extraposition recevable.

11En résumé, les blocages sur le mouvement d’extraposition d’un sujet propositionnel semblent étroitement liés à la nature de la copule : avec sa valeur d’identification, ou la valeur d’implication qu’elle est susceptible de prendre dans les contextes que nous avons dégagés, seul l’ordre canonique est recevable, dans les autres cas18, l’extraposition reste toujours disponible. Nous pouvons à présent avancer quelques hypothèses de travail.

12Dans tous les cas, le mouvement d’extraposition a pour conséquence de sortir le sujet de sa position canonique préverbale pour l’amener dans une position non-canonique (qui n’est pas, comme on le dit parfois, une position postverbale, mais une position post-prédicative). En d’autres termes, le mouvement aboutit à laisser en contact sujet et prédicat. Et tout se passe comme si c’était ce contact, l’absence de marque linguistique explicite entre sujet et prédicat, qui posait problème dans certaines configurations syntaxiques.

13Dans le cas des configurations implicatives que nous avons analysées, les choses sont peut-être plus simples qu’il n’y paraît : si nous extraposons (*it is to believe to see), nous laissons en successivité sujet et prédicat dans l’ordre inverse de la séquence sémantique condition > conséquent. Or, ce renversement pose problème dans de nombreux cas. Ainsi, si nous reprenons les fameux exemples de will implicatif19 pour les manipuler :

[11] a. Don’t sit on that rock, it will fall.
     b. Don’t sit on that rock, it’s going to fall.

[12] a. That rock’s going to fall, don’t sit on it!
     b. ??That rock will fall, don’t sit on it!

14[12a] ne pose aucune difficulté, mais [12b], parfaitement bien formé grammaticalement, est qualifié de very weird, strange, odd…etc., par les anglophones consultés. Il faudrait donc admettre que le même phénomène est en œuvre, mais considérablement amplifié, pour interdire la séquence to V to V.

15En ce qui concerne tous les cas où la copule prend uniquement sa valeur d’identification, comme en [8], le problème n’est au fond pas très différent. On se souviendra tout d’abord que l’identification n’est pas l’identité. L’opération a beau être réversible, elle n’est pas pour autant symétrique, dans la mesure où, contrairement à l’identité logique ou mathématique, les deux termes mis en équation n’ont pas le même statut linguistique : l’un est forcément sujet, l’autre prédicat. Mettre en séquence deux termes sans marquage linguistique de la relation entre ces deux termes ne peut, dans une langue comme l’anglais contemporain où l’ordre des mots est relativement rigide, aboutir à un énoncé attestable qu’à au moins deux conditions :

  • que l’ordre sujet-prédicat soit au minimum préservé. Ainsi, en AAVE (African-American Vernacular English), on peut vérifier que les énoncés caractéristiques sans copule suivent cette contrainte : on trouve très couramment des exemples de forme that man Ø my brother, mais beaucoup plus rarement *my brother Ø that man20. Or, (cf. Moro 1990) my brother est dans ce type de phrases à analyser comme prédicat quel que soit sa position, pré- ou post-copulaire ;

  • que, à défaut, la relation entre les termes soit inférable du contexte ; or, tout laisse à penser que la relation d’appartenance est celle qui pose le moins de problèmes à cet égard. La relation d’identification et a fortiori celle d’implication semblent ininterprétables lorsque sujet et prédicat sont inversés.

16On pourra vérifiera ces hypothèses à partir du tableau suivant, qui résume tous les cas de blocage :

Prédicat

Sujet

Exemples

 it be

 Adj

that V
to
V
?wh V
V-ing
*?Ndef
*Nind

It’s funny that he said this
It’s easy [for him] to say this
It’s strange how he said this21
It’s nice meeting you
 
*It’s easy this / an exercise22

 Nind

that V
to
V
?wh V
*V-ing
*Ndef
*Nind

It’s a good thing that he said this
It’s a good thing to say this

??It’s a good thing how he said this
*It’s a good thing saying this
 
*It’s a good thing this / an answer

*Ndef

*

*

 V-ing

*that V
to
V
?wh V
*V-ing
*Ndef
*Nind

*It’s being stupid that he said this
It’s being stupid to say this
23
?It’s being stupid how he said this
*It’s being stupid saying this
 
*It’s being stupid this / an answer

*to V

*

*

*that V

*

*

Tableau n°1

17Les zones grisées indiquent que, lorsque l’on a blocage du schéma extraposé, le schéma canonique sujet-prédicat est, quant à lui, attesté. Par exemple dans la première série d’exemples, this exercise is easy est non-problématique, de même à la troisième ligne, n’importe quel type de sujet peut se rencontrer avec un nom défini en position de prédicat (That he said that / Why he said that / saying that, etc… was the problem, etc.). On peut lire ces données de deux façons : si l’on part du sujet extraposé, on constate sans surprise aucune que les blocages relèvent de ce que nous avons appelé « gradient (ou échelle) de nominalité » (Khalifa 1999, 2001) ; plus l’indice de nominalité du constituant en cause est élevé, moins ce constituant est extraposable.

18Mais le plus intéressant pour notre propos, bien évidemment, est de lire le tableau en partant du prédicat. On constate une impossibilité absolue d’avoir dans cette position une complétive infinitive ou à temps fini, ainsi qu’une bonne partie des gérondives. À première vue, rien de très mystérieux à cela : ces propositions, on le sait, sont assez nominalisées pour occuper une place d’argument, mais ne possèdent pas toutes les propriétés prototypiques d’un nom véritable. L’un des critères décisifs en la matière est la possibilité d’apparaître dans une position syntaxique non-canonique, par exemple dans une inversion sujet-auxiliaire, dans une proposition réduite, etc. (Khalifa 1999, 2001). Ici, nous constatons effectivement que, dans une position non-canonique (prédicat en position post-copulaire et précédant le sujet) cette nominalité réduite se vérifie encore. Les noms, qu’ils soient associés à une détermination indéfinie ou définie, sont susceptibles, eux, d’apparaître en position prédicative, mais on constate sur le tableau que, si la position est inversée, alors seuls les noms associés à l’indéfini (Nind) sont attestables dans le schéma ; or, ce sont bien ces noms-là qui amènent une valeur d’appartenance pour la copule. Quant aux adjectifs, bien évidemment, comme ils renvoient par essence à une propriété, il va de soi que la séquence [propriété - terme], même si elle est non-canonique, ne peut être dans tous les cas interprétée que comme « la propriété P est prédiquée du terme T », et jamais l’inverse.

19La dernière ligne du tableau (la complétive en that à temps fini) soulève quant à elle des problèmes bien plus importants qu’il n’y paraît. Bien sûr, en première analyse, comme nous venons de le réaffirmer, il y a là un blocage absolu. En particulier, si nous essayons de fabriquer un pendant à des énoncés comme [5], [6] ou [7], c’est-à-dire des constructions à deux séquences de même type de part et d’autre de la copule, nous obtenons bien un énoncé agrammatical, aussi bien dans sa version canonique que dans sa version extraposée :

[13a] *That Arnold was elected was that voters had been blinded.
[13b] *It is that voters had been blinded that Arnold was elected.

20Cependant, on constate que, curieusement, l’introduction d’un adverbe comme just ou only suffit à rendre l’énoncé bien plus acceptable pour bon nombre d’anglophones :

[14a] That Arnold was elected is only / just that voters had been blinded.

21et que, qui plus est, ces énoncés sont apparemment extraposables, puisque la version [14b] est encore mieux acceptée que [14a] :

[14b] It is only / just that voters had been blinded by him that Arnold was elected.

22Ces énoncés sont rares, et fort intéressants à plus d’un titre. Si nous considérons la version canonique [14a], nous ne pouvons que constater qu’une glose fort acceptable en serait :

[14c] Arnold was elected because voters had been blinded.

23Cette glose pourrait éventuellement nous conduire à interpréter tout simplement [14a] comme une version tronquée de :

[14d] (The reason) that Arnold was elected is only / just that voters had been blinded.

24Cependant, nous ne retiendrons pas cette analyse, même si par ailleurs elle demeure entièrement compatible avec celle que nous proposons ci-après. Car les anglophones consultés, confrontés à l’énoncé [14a], rétablissent pour la plupart un connecteur de cause explicite because pour améliorer encore son acceptabilité ; par ailleurs, ce qui est fort intéressant, une minorité le font en déclarant tout de même le connecteur « rather redundant ». L’étude de ces données nous conduit à une série de remarques, dont certaines en forme d’hypothèses :

  • contrairement aux énoncés en to V be to V étudiées précédemment, où la mise en séquence de deux infinitives de part et d’autre de la copule aboutissait à une valeur implicative, et donc à un schéma condition > conséquence, nous nous trouvons ici devant un schéma conséquence > cause ;

  • si la simple insertion en position post-copulaire d’un adverbe comme only ou just suffit à rendre acceptables des énoncés comme [13a], de forme that S V be that S V, c’est probablement que le statut catégoriel même du constituant que l’adverbe a pris dans sa portée s’en est trouvé du même coup modifié. D’argument nominalisé de la copule, il a glissé vers un statut d’adverbial et une fonction de circonstant ;

  • mais l’insertion de l’adverbe a des effets beaucoup plus radicaux encore : souvenons-nous en effet que just comme only partagent une propriété sémantique cruciale, celle d’être des restrictifs. La conséquence sémantique est que l’énoncé s’interprétera comme : « parmi une classe potentielle de causes, P est la seule susceptible de justifier la validation de Q ». On peut schématiser l’opération par : parcours, puis sélection exhaustive de la « bonne » occurrence, ce qui du même coup nous a fait glisser vers une valeur d’identification de la copule. La description sémantique que nous venons de faire n’est plus celle de l’extraposée, mais bel et bien celle de la clivée. Nous tenons peut-être là le « chaînon manquant » entre les deux formes…

25On ne s’étonnera donc pas par conséquent que le seul exemple authentique de ce phénomène que nous ayons fini par trouver au cours de nos recherches sur corpus soit une version « inverse », donc à l’évidence une clivée :

[15] It is only that I live in Dresden and that I fight like this that keeps me sane. (B.N.C., HWA 2697)

26À la lumière de ce qui précède, on examinera à présent une autre famille d’énoncés qui constituent le deuxième cas dans lequel l’extraposition est bloquée (voir Miller, op. cit.). Il s’agit des cas où la copule est absente, mais où l’on a un verbe prenant un objet lui-même complexe, ou au minimum propositionnel24. Nous en donnons trois exemples ci-après :

[16] For Pound may have been wrong in selecting Fascist Italy as the modern society than came nearest to satisfying his Ruskinian demands, and yet right in thinking that societies should be judged according as they met, or failed to meet, that standard. That he went grossly wrong in applying the standard does not mean that the standard as such was inapplicable. (B.N.C., A1B 1917)
(*It does not mean that the standard as such was inapplicable that he went grossly wrong in applying it.)

[17] He was nervously thin, unhealthily thin. He looked like someone who was too worried to eat. And that he didn’t drink caused Hannah to think of Eddie as the epitome of boredom. (John Irving, A Widow for One Year, 1998)
(*And it caused Hannah to think of Eddie as the epitome of boredom that he didn’t drink.)

[18] How could Allan not be insulted by what Ruth’s new novel implied about the author’s reasons for marrying him? That her marriage to Allan had been the happiest four years of her life, which Allan surely knew, did not mitigate what Ruth feared was her novel’s more cynical message. (John Irving, id.)
(*It did not mitigate what Ruth feared was her novel’s more cynical message that her marriage to Allan had been the happiest four years of her life.)

27On peut remarquer en regardant de plus près ces énoncés que, somme toute, la relation sémantique entre les deux propositions à temps fini est toujours réductible à une relation d’implication. [16] est le plus évident à cet égard, qui peut se lire (abstraction faite de la négation qui ne change en rien le problème) comme procédant d’un schéma P Q, où, contrairement aux exemples en to analysés plus haut, on n’analysera pas P comme condition mais plus généralement comme antécédent. [17], où la complémentation est une structure causative type, se laisse analyser à l’évidence également comme un schéma implicatif ; quant à [18], où le complément est une relative nominale en wh-, reste également interprétable comme tel, au prix cependant d’une glose un peu plus élaborée : P (marriage BE happiest four years of her life>) Q (message BE less powerful).

28Ces exemples sont très représentatifs de ce que l’on peut trouver en corpus ; voici un échantillon révélateur de verbes relevés entre une complétive en position sujet et une autre en position d’objet postverbal :

[19] That there are the difficulties we have uncovered does not mean that the hypotheses linking Protestantism to the expansion of science are necessarily false. (B.N.C., EEM 1529)

[20] That is, the critics assert that there is significant inequality between men and women, and that for a woman to be married to a man does not mean that she gains all the privileges that he has access to. (B.N.C., F9S 27)

[21] However, to say that the state is autonomous of external control does not imply that the personnel who staff key policy-making roles are guaranteed centralized, co-ordinated and hierarchical control over a ‘machine’, let alone one capable of perfect administration with zero implementation failure. (B.N.C., CS3 668)

[22] That an event is characterized in terms of the interdependent existence of subject and content does not entail that it is not physical according to such a conception of the physical. (B.N.C., EVX 1538)

29Koster (op. cit. : 54) pour sa part cite deux exemples de ces bisentential verbs, prove et imply. S’il est vrai que l’on peut assez facilement construire des énoncés sur le modèle de [16]-[22] en utilisant prove ou des verbes de sens apparenté comme show, suggest, demonstrate, etc., soulignons cependant que nous n’en avons trouvé aucun exemple attesté. Soulignons également que la presque totalité de tous ceux que nous avons pu relever sont associés à la forme négative25. [17] supra est une exception en la matière, mais on a noté que la structure de la complémentation était dans cet exemple assez différente des autres.

30Il semble bien, à ce stade de l’analyse, que les réponses à toutes les interrogations soulevées soient à chercher dans les domaines sémantiques et même philosophiques ; nous ne pensons pas que la syntaxe dure puisse à ce stade nous être d’un grand secours, sauf précisément à la surcharger de traits sémantiques. Est manifestement posée ici la question de la nature ontologique des propositions que nous avons passé en revue, ainsi que celle, connexe, de la nature des relations envisageables entre ces propositions.

31Commençons par rappeler des évidences parfois quelque peu passées sous silence : il est bien connu que les propositions en that à temps fini, ainsi que les infinitives, et à un moindre degré les propositions en wh-, ne constituent pas des objets26 linguistiques comme d’autres. Même si elles occupent des positions syntaxiques prototypiquement instanciées par des groupes nominaux, eux-mêmes renvoyant prototypiquement à des objets du monde27, il n’en reste pas moins qu’il existe des différences de fonctionnement notables. Nous n’en citerons qu’un exemple, le fait que des verbes transitifs indirects semblent devenir transitifs directs dès lors qu’ils sélectionnent pour complément une proposition et non plus un NP :

[23a] John hoped for (*Ø) a promotion.

[23b] John hoped Ø (*for) that he’d get a promotion.

[24a] The President aimed at (*Ø) the improvement of industrial relations.

[24b] The President aimed (*at) to improve industrial relations.

32On peut tirer de ces observations et analyses quelques conclusions provisoires : tout d’abord, les propositions accèdent plus facilement, même au prix d’une distorsion syntaxique, à la position d’objet direct, plus canonique que celle d’objet indirect (voir [23] et [24]), mais également que celle de sujet28. De plus, tout se passe comme si, lorsque l’on trouve dans un énoncé des propositions à la fois en position de sujet et de prédicat, se présentaient des contraintes très fortes sur la nature des relations construites entre elles. Pour simplifier les choses et ne pas entrer dans des débats théoriques qui n’ont pas leur place dans le cadre restreint du présent travail, si les groupes nominaux renvoient à des objets du monde, les propositions renvoient à des événements29, par essence abstraits et considérablement plus complexes. Dans ces conditions, les relations que l’on peut construire entre de tels objets linguistiques (voir [5] à [8], [13] à [22]) ne peuvent, semble-t-il, appartenir qu’à un paradigme très restreint : cause, conséquence et implication. Nous avancerons que la relation d’identification reste, sinon inexistante, tout au moins très rare dans ces configurations. On comprendra donc mieux les blocages relevés sur les schémas extraposés, lesquels présentent, comme on l’a noté, la difficulté supplémentaire de mettre directement en contact deux propositions, multipliant donc encore les contraintes. Nous explorerons dans le travail à venir les conséquences de nos réflexions sur l’analyse des structures focalisantes.

Notes de bas de page numériques

1 On pense en particulier aux deux articles fondateurs de Frege, « Sens et dénotation » et « Concept et Objet » (1971). Voir également Culioli, Desclés & al. 1981, et Desclés 1996.
2 Rappelons pour l’anecdote que le symbole Image1 (epsilon souligné, l’archi-opérateur de repérage de Culioli) est un composite des symboles logico-mathématiques des trois valeurs en question (= pour l’identification, ou plutôt l’identité, Image2 pour l’inclusion, et Image3 pour l’appartenance).
3 On trouve dans ce même texte, à un détour de paragraphe, cette remarque importante pour l’histoire de la T.O.E. : « …il nous faut rechercher une valeur ‘plus abstraite’ que l’appartenance et l’inclusion. Il s’agira de la différenciation, qui semble apparaître comme beaucoup plus productive que l’appartenance ou l’inclusion. » (p. 96, le soulignage est d’origine).
4 Dans cette formule simplifiée, aucune valeur technique n’est à attribuer à la flèche, qui se lira « donc ».
5 Dans une représentation logique symbolique, la majeure de [a] mettrait en jeu le quantificateur universel , qui signifie très exactement que la propriété en jeu dans le prédicat a pour extension l’ensemble des membres de la classe. Dans [b], ce serait un quantificateur collectif, très peu utilisé en logique, qu’il faudrait faire intervenir.
6 Nous voudrions ici préciser que la présente étude était au départ en trois parties, mais qu’elle s’est révélée beaucoup trop longue à la fois pour la présentation au colloque de Nice en septembre 2003, et pour le présent volume. Nous avons donc décidé, plutôt que de survoler les trois parties, de développer en détail la première, sur les extraposées, et de publier ultérieurement les deux autres.
7 Pour ne pas alourdir inutilement l’exposé, nous ne discuterons que des complétives sujet, quitte à revenir sur les secondes dans un prochain travail.
8 Voir inter al. Miller 1999 pour une discussion récente.
9 Pour une analyse de ces facteurs, voir Miller, op. cit. (également Biber & al. 1999 Ch. 9, Khalifa 1999, Ch. 4).
10 Miller 1999, op. cit. L’exemple donné en illustration est le suivant (6c,d) : To be presiding officer of it [the house of representatives] was the end of his desire and ambition. (Brown B030360) [*It was the end of his desire and ambition to be presiding officer of it.]
11 Les débats sur les différences entre énoncés attributifs nominaux et adjectivaux ont donné lieu à une très abondante et très ancienne littérature ; nous sommes parfaitement conscient des difficultés soulevées par leur regroupement, et savons bien en particulier que les deux types ne sont pas coordonnables (*John is clever and a student). Il nous semble cependant utile, une fois ces précautions prises, d’insister sur leur similarité de fonctionnement vis-à-vis de la copule.
12 Voir également l’article de D. O’Kelly dans le présent recueil.
13 Il s’agit en l’occurrence de gaélique écossais ici. Les auteurs précisent que les phénomènes sont identiques pour le gaélique irlandais. En tous cas, on remarquera l’ordre VSO, caractéristique de cette famille linguistique.
14 Ne soyons pas faussement naïfs et ne nous donnons pas mine d’avoir fait une grande découverte ici : nous ne disons pas que toute configuration avec prédicat nominal défini impose une lecture en identification, ni qu’un prédicat nominal indéfini impose dans tous les cas une lecture en appartenance. Nous disons simplement qu’il y a une haute compatibilité des prédicats en question avec les lectures indiquées, et corrélation forte dans les corpus, si bien que, à contexte neutre, les lectures « naturelles » s’imposeront d’elles-mêmes.
15 Nous les analysons comme occurrences spécifiques dans la mesure où, pour [7] par exemple, le contexte avant et arrière construit bien His career is being traced … et myths... are being debunked. Nous reconnaissons bien volontiers que cet énoncé pourrait recevoir une interprétation proche du parcours, mais on admettra, à titre d’hypothèse de travail sur laquelle nous reviendrons peut-être ultérieurement, que cela ne change rien au raisonnement global.
16 Très exactement 5, ce qui fait de cette construction une construction très marquée.
17 Bien évidemment, on ne peut ici s’empêcher de penser aux réflexions des spécialistes de TOE sur concomitance et consécution : « Une lexis peut fonctionner comme repère par rapport à elle-même (auto-repérage), par rapport à une autre lexis (enchaînement inter-propositionnel). Un tel enchaînement peut se ramener à un nombre de cas élémentaires : les relations inter-lexis sont nécessairement de concomitance, ou de consécution, ou de concomitance-consécution. » (Culioli 1990 : 117). On pense également à toutes les métaphores spatiales conduisant d’une relation avant-après, ou « Q après P », à une relation causale-implicative du type « P entraîne Q », « Q est la cause de P », etc. L’étymologie de marqueurs comme since en anglais est bien connue (sið ðám, lit. after that), le japonais kara signifie à la fois « après » et « parce que », etc. Il est utile de noter que des gloses en (it) follows (that) sont toujours utilisables pour nos exemples.
18 Les autres cas se ramènent finalement à un seul, l’appartenance. L’inclusion en effet n’a pas directement de contrepartie linguistique, en tous cas pas dans les phénomènes que nous étudions.
19 F. Palmer, Modality and the English Modals, Longman, 1979 ; voir également P. Larreya, Le possible et le nécessaire, Nathan, 1984.
20 Voir en particulier E. Bender, Syntactic Variation and Linguistic Competence: The Case of AAVE Copula Absence, PhD Dissertation, Stanford University, 2001.
21 Les choses sont plus complexes que cela en ce qui concerne les nominalisées en wh-. Il faut distinguer les interrogatives indirectes, qui s’extraposent toujours, et ce que nous avons appelé les relatives nominales A et C, qui se distinguent l’une de l’autre par le critère d’extraposition. Voir Khalifa 2001 pour une étude détaillée, et on notera que l’énoncé [4] supra constitue un contre-exemple très rare aux principes que nous définissions dans cette étude.
22 Nous avons en fait quelques très rares exemples attestés avec un N associé avec un déterminant défini, dont très récemment celui-ci : As I have just said to [colleague’s name], it's never easy this type of situation, and I don't like to expose my life that much (not that I'm proud, far from it!) (correspondance personnelle, locuteur britannique éduqué).
23 Cet énoncé fabriqué, tel qu’il est ici, est refusé par la majorité des anglophones ; il n’empêche que l’on trouve des exemples attestés parfaitement naturels, dont [10] supra.
24 Koster (1975) parlait de bisentential verbs (que nous avons traduit par « bipropositionnel »), et notait déjà l’agrammaticalité du schéma extraposé.
25 Nous n’avons pas à ce stade d’explication convaincante à fournir pour cette prépondérance des exemples négatifs.
26 « objet » doit être entendu ici au sens ontologique et non grammatical. Voir Asher 1993, Moffett 2003a et 2003b.
27 Voir sur ce point Croft 1991.
28 Nous n’avons guère la place d’argumenter davantage cette affirmation. Rappelons tout simplement que l’objet est analysé en grammaire générative comme l’argument interne du V, et entre avec lui dans un rapport plus étroit et plus immédiat que le sujet, argument externe, qui n’entre en relation qu’avec le V’.
29  Voir entre autres Vendler 1967, Asher 1993, Moffett 2003.

Bibliographie

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Vendler, Z. (1967), ‘Facts and events’, in Linguistics in Philosophy, New York, Cornell University Press, 122-146.

Notes de la rédaction

Je tiens à remercier Jean Chuquet et Lionel Dufaye d’avoir pris le temps de discuter avec moi de certains concepts de la Théorie des Opérations Enonciatives. Les erreurs qui pourraient subsister dans ce domaine (et a fortiori dans d’autres) me restent entièrement imputables.

Pour citer cet article

Jean-Charles Khalifa, « Identité : quelle pertinence pour l’énoncé complexe ? », paru dans Cycnos, Volume 21 n°1, mis en ligne le 25 juillet 2005, URL : http://revel.unice.fr/cycnos/index.html?id=14.


Auteurs

Jean-Charles Khalifa

Jean-Charles Khalifa est agrégé d’anglais, docteur en linguistique anglaise, et Maître de Conférences à l’Université de Poitiers, où il enseigne la linguistique et la traduction. Ses recherches portent essentiellement sur la syntaxe de l’anglais. Il est l’auteur de La syntaxe anglaise aux concours (A. Colin 1999), co-auteur de La version anglaise aux concours (A. Colin 1998), et de divers articles en linguistique anglaise. Il est également traducteur et interprète de conférences. Université de Poitiers, FORELL/CERLITEP ; jck@ricky.univ-poitiers.fr

Université de Poitiers, FORELL/CERLITEP ;

jck@ricky.univ-poitiers.fr