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Cycnos | Volume 22 n°1

L'Histoire, un cas particulier de la science-fiction

La Science-fiction, c'est l'Histoire dans l'Imaginaire. La SF est essentiellement une littérature du social, et beaucoup moins, comme son nom le laisserait supposer, de la science ou même de la technique. Le fait que la société soit l'acteur principal de la SF est ce qui la distingue du fantastique. La Science-fiction est aussi une littérature du temps, et plus précisément du changement. Elle est donc une littérature du changement social, ce qui la différencie non seulement du fantastique, mais aussi de la fantasy et du steampunk ; ce qui lui permet en revanche d'englober l'uchronie. En définitive, on peut considérer l'histoire comme un cas particulier de la science-fiction.

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Le Steampunk : une machine littéraire à recycler le passé

Le steampunk, appellation anglophone née en 1979, désigne aujourd’hui un corpus littéraire relativement homogène et cohérent. Cet article analyse certains textes fondateurs et postule que la caractéristique essentielle du steampunk est d’être une littérature du recyclage (nous définissons ici le recyclage littéraire comme l’opération qui consiste à s’approprier des éléments de productions littéraires anciennes pour les transformer et les réutiliser dans des œuvres nouvelles). Qu’est-ce que le steampunk ? Sa définition traditionnelle, « ce que serait le passé si le futur était arrivé plus tôt », en montre bien le domaine (l’uchronie) et les limites. On pourrait même lui préférer la définition encore plus précise : « ce que serait le passé si le futur était arrivé comme dans les ouvrages de H.G. Wells ». L’œuvre de Wells apparaît en effet comme fondatrice, en apportant un élément capital aux thématiques du steampunk : la machine à explorer le temps. C’est cette existence, cet artifice, qui justifie les premiers ouvrages du genre : dans Les Voies d’Anubis, la TM (Time Machine) permet au héros de retourner à l’époque victorienne. D’autres ouvrages (Morlock Night, The Space Machine, le film C’était demain) reposent également sur l’existence de la TM de Wells et se présentent comme des suites au roman, permettant ainsi aux auteurs de revisiter le passé. Cette visite, cette ré-exploration du passé, n’est pas anodine : le passé n’est plus ce qu’il était, il est transformé par un ensemble d’éléments étrangers à notre histoire. On y trouve une technologie en avance sur celle de notre XIXe siècle, dont la réalisation est expliquée au travers d’éléments technologiques de l’époque. Ainsi, machines à vapeur et engrenages permettent de réaliser des ordinateurs aux performances voisines de ceux de la fin de notre XXe siècle. Mais bien d’autres éléments interviennent : la magie, les dieux, les extraterrestres, les créatures fantastiques ont aussi leur rôle à jouer. On retrouve des personnages emblématiques, qu’ils aient existé ou qu’ils soient de pure fiction : Sherlock Holmes et Jack l’éventreur côtoient Thomas Edison et Lord Byron. Enfin, le style feuilletonesque du steampunk rappelle naturellement toute la littérature populaire de la fin du XIXe siècle. L’originalité du steampunk n’est pas dans les idées, les personnages, la narration, ou une critique sociale quelconque, mais dans l’art d’assembler tous ces éléments connus pour en faire une construction originale : le steampunk ne consiste pas à innover (comme sait le faire la science-fiction), mais à recycler. Il est ainsi possible de décortiquer les rouages du steampunk à la lumière de la notion de recyclage, action qui consiste en une première phase de récupération des éléments de production anciens, et donc à faire un saut métaphorique dans le passé, et en une seconde phase de transformation pour une nouvelle utilisation, marquant par-là l’aspect mécanique et industriel caractéristique du steampunk. En conclusion, l’article s’interroge sur le potentiel et l’avenir du steampunk, et montre comment celui-ci a été recyclé à son tour en une multitude de genres nouveaux.

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