Madeleine Borgomano


Université de Provence Aix-Marseille I

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Cahiers de Narratologie | N°13

La Quarantaine de Le Clézio et le vertige intertextuel

Le terme de vertige employé par M. Schneider convient particulièrement pour qualifier les jeux de l’intertextualité dans La Quarantaine de Le Clézio, même en la limitant aux textes effectivement cités. Intertexte essentiel, et trop évident, Robinson n’est nommé qu’une fois. L’épigraphe, la chanson du voleur et les références aux textes sacrés hindous rattachent le roman à l’Inde et à ses valeurs, qui constituent l’un des pôles signifiants, le côté des parias que Léon (le Disparu), narrateur second, épousera en même temps que Suryavati. Un autre aspect de l’intertexte se rattache aux deux figures de Rimbaud, le jeune voyou de Paris et l’homme malade d’Aden. Le renvoi implicite à la formule « Je est un autre » accentue les complexités de l’énonciation et les glissements de l’identité. Les très nombreuses citations de poèmes soulignent la tendance poétique plus que narrative de l’écriture de Le Clézio. Tandis que les citations du « journal d’un botaniste » révèlent la nostalgie d’un discours descriptif savant et neutre. Ainsi, le vertige intertextuel manifeste et multiplie les contradictions dynamiques qui animent l’écriture de Le Clézio et contribuent à la production du sens.

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